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jeudi 9 novembre 2017

Mémoires d'une fesseuse (10)

Une fois dehors, j’ai hésité. Et maintenant, je procédais comment ? Je remontais, très vite, lui administrer une bonne fouettée ? Ce qui, je dois bien le reconnaître, me démangeait fortement. Ou bien est-ce qu’au contraire je faisais durer ? Est-ce que je la laissais comme ça, penchée sur la table, les fesses à l’air, à attendre indéfiniment mon retour ? À l’espérer et à l’appréhender tout à la fois ? Ce qui, maintenant que je m’étais installée aux commandes, que j’avais pris le pas sur elle, allait très probablement asseoir définitivement mon pouvoir. Perspective enivrante. Très. Non, il n’y avait pas à hésiter le moins du monde.

Et je suis rentrée chez moi. Sans bruit. Pour ne pas réveiller Marie-Clémence. Marie Clémence que j’ai découverte, quand j’ai poussé la porte de ma chambre, installée dans mon lit. Dont elle est sortie en toute hâte. À poil.
– Ben, qu’est-ce tu fous là ?
– Je m’en vais… Je m’en vais…
– Et c’est quoi, tout ça ?
Des photos, des dessins, étalés sur ma couverture, qu’elle s’est empressée de dissimuler à mes regards. Qu’elle a glissés sous son bras. Et elle a voulu s’enfuir.
Je l’ai empêchée de passer.
– Non. D’abord, tu m’expliques…
– T’avais dit que tu rentrerais pas cette nuit.
– Oui. Et alors ?
– Ben…
– T’en as profité pour venir te branler dans mon lit.
Elle a baissé la tête.
– Eh, bien ? Réponds !
– Oui.
– Et ça t’arrive souvent ?
– Oh, non !
– Menteuse ! Chaque fois qu’une occasion se présente, oui, tu veux dire ! Alors là, je suis bien tranquille… Bon, mais c’est quoi, là, tout ça, que tu caches sous ton bras ?
– C’est à moi.
– Je te demande pas si c’est à toi. Je te demande ce que c’est. Donne ! Allez, donne ! Fais attention, Marie-Clémence ! Fais bien attention !
Elle a donné. À contre-cœur.
Des photos. De moi. Une en pied, appuyée à un arbre. Une autre sur la plage, en petit maillot moulant noir. Et trois de mon visage. En gros plan. Des photos qui provenaient de mes albums. Qu’elle avait très probablement discrètement scannées en mon absence.
Et des dessins. Des dessins faits par elle. Une dizaine. Sur toutes, on me voyait en train de la fesser devant des rangées de spectateurs rigolards. Qui se moquaient ouvertement d’elle.
– La honte, hein ? Toujours la honte. En attendant, tu as vraiment un excellent trait de plume.
Elle a tendu la main pour les reprendre.
– Non. Confisqué.
Et je les ai jetés sur mon bureau où je me suis alors aperçu que traînait ma jolie ceinture de cuir jaune.
– Qu’est-ce ça fait là, ça ?
Elle a balbutié, rougi.
– C’est qu’elle…
– Enflammait ton imagination. Je vois… Bon, mais il y a pas que ça qu’elle va enflammer.
Je lui ai indiqué mon lit. De mon bras tendu.
– Retournes-y, puisqu’il te plaît tant.
Elle est allée tout droit s’y allonger. Sans un mot. Sur le ventre. Docilement. A enfoui sa tête dans l’oreiller.
J’ai aussitôt cinglé. Cinq ou six coups très rapprochés qui lui ont arraché des gémissements étouffés. Et puis d’autres, plus espacés, mais plus appuyés, qui la faisaient, chaque fois, se soulever du derrière.
J’ai brusquement cessé.
– Au coin ! Va au coin…
Elle a trottiné jusque là.
– Les mains sur la tête !
Elle a obéi.
Et j’ai longuement photographié son postérieur tuméfié. Barré de longues traînées carminées.
Elle n’a rien dit. Elle n’a pas protesté. Elle n’a rien demandé. Elle ne s’est pas retournée non plus.

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