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mardi 22 septembre 2015

Fessées croisées2 (6)

13 heures 30


– Tu veux faire quoi cet après-midi ?
– Je sais pas…
– Même pas une petite idée ?
– Non… Pas vraiment, non…
– Pas vraiment… Donc, un peu quand même… Ce que tu te demandes en fait, c’est si ton soupirant d’hier sera encore là aujourd’hui… Et tu crèves d’envie d’aller vérifier… Non ? C’est pas ça ?
– Non… Enfin si… Mais c’est pas pour ce que tu crois…
– Ce que je crois surtout, c’est que si t’y vas pas, ça va t’encombrer la tête… Demain… Après-demain… Et tous les jours qui suivront… Et que, de toute façon, tu finiras par y aller… Alors autant que t’y ailles tout de suite… Ce sera fait…
– Oui, mais…
– Mais quoi ? Il y a un risque ? Évidemment qu’il y a un risque… Tu le sais et je le sais… Surtout après notre conversation de ce matin… Qui a dû te faire remonter plein de choses… Les réactiver… Mais, quelquefois, ne pas le prendre le risque, c’est, à terme, encore plus risqué que de le prendre… Non ? Tu crois pas ?

Gilles a garé la voiture dans une petite rue latérale…
– Je bouge pas d’ici… Je t’attends… Prends tout ton temps…

J’étais à peine assise qu’il a surgi…
– Je le savais que vous reviendriez… J’en étais sûr…
– Oui, ben rêvez pas ! Ça n’a rien à voir avec vous… C’est juste que l’endroit me plaît et que je m’y sens bien…
– En attendant, vous avez bien meilleure mine qu’hier…
– J’ai mieux dormi…
– À moins que…
– Que quoi ?
– Une femme, quand elle plaît, qu’elle sent qu’on la désire, tout de suite ça la change du tout au tout… Ça l’illumine de l’intérieur… Et là, vous resplendissez…
– Et vous seriez l’artisan de cette métamorphose ?
– Je pense y contribuer, oui…
– Petit prétentieux ! Et vous avez raconté ça à combien de femmes depuis hier ?
– Depuis hier ? Je ne pense qu’à vous…
– Mais bien sûr ! Je vais vous croire…
– C’est pourtant vrai… Et vous ? Vous avez pensé un peu à moi ?
– Non…
– Il est bien timide votre non… Je suis sûr que si… Que vous avez imaginé que je vous serrais dans mes bras… Au moins ça…
– Et puis quoi encore !
– Ça viendra peut-être…
– Oui, ben alors là… Sûrement pas…
– On ne sait jamais de quoi demain sera fait…
– Mais de quoi il ne sera pas fait, si !
– Oui, oh, alors ça !
– Je suis mariée…
– Moi aussi… Ça m’empêche pas de vous trouver à mon goût…
– Taisez-vous ! Il ne faut pas…
– Et vous de me trouver au vôtre…
– Vous vous l’imaginez…
– Il y a des signes qui ne trompent pas…
– Ah, oui ? Et lesquels selon vous ?
– Ça, c’est mon secret… Que je ne vous dévoilerai pas… Vous vous efforceriez de les dissimuler… Vous vous compliquez beaucoup trop la vie, petite madame… Laissez-vous aller… Laissez parler votre corps… Vos désirs…
Il m’a posé la main sur la cuisse… Je l’y ai laissée… Je ne l’ai pas repoussée… Quelques secondes… Quelques secondes de trop… Et puis je me suis levée…
– Faut que j’y aille…
Il m’a tendu un petit bout de papier…
– Mon 06… Si vous voulez… Quand vous voudrez…
Je l’ai pris… Et je me suis enfuie… Sans me retourner…

– Alors ?
– Oh, ben alors, rien…
– Tout ce temps-là pour rien ?
– On a parlé…
– Et ?
– Il a envie de coucher avec moi, ça, c’est sûr…
– Et toi aussi…
– Peut-être un peu, oui…
– Un peu ? T’en crèves d’envie…
J’ai posé ma tête sur son épaule…
– Il me trouble… Si, c’est vrai… Comment il me trouble…

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