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mardi 15 septembre 2015

Fessées croisées2 (5)

8 Août


– Elle s’estompe… Cette fois elle s’estompe vraiment cette fessée… Demain… Après-demain au plus tard il faudra la réactiver…
– À cause de ce type, hier, au café ?
– Ou d’un autre type… Dans un autre café…
– Qu’est-ce que tu veux dire ?
– Ivan aussi, c’est dans un café que tu l’as rencontré, non ?
– Ivan ?
– Ivan, oui…
– Alors comme ça, tu sais… Pour lui aussi, tu sais…
– Il y a beaucoup de choses que je sais et que tu ignores que je sais… Bon, mais Ivan…
– Comment t’as su ?
– Ça n’a aucune importance comment j’ai su… Parle-moi de lui plutôt…
– C’est pas facile…
– Je vais t’aider alors… Le café s’appelait « Le Marigny »… Tu y étais attablée devant une limonade… Ivan a fait son apparition… Dix minutes après il te sautait dans les chiottes…
– Pas dix minutes, non !
– Vingt ? Trente ? On n’est pas à quelques minutes près… Et ça change quoi au fait qu’il t’a tirée dans les chiottes ?
– J’étais dans un état second… Je savais plus ce que je faisais… Si, je t’assure, Gilles…
– Le lendemain aussi ? Et les jours suivants ? Ça dure, chez toi, dis donc, les états seconds…
– Non, mais c’est vrai, hein ! C’était complètement fou ce truc… Quelque chose hors du temps… Hors de tout… Je sais pas comment expliquer…
– Essaie quand même…
– Du désir pur c’était… Brut… Que c’est même pas la peine d’essayer de résister… Que t’y arriveras pas de toute façon…
– C’est un peu facile, non ?
– Mais c’est vrai ! Je te jure que c’est vrai… Dès que je l’ai vu, j’ai su que ça allait se passer comme ça… Qu’il allait pouvoir me demander tout ce qu’il voulait… Et que ce qu’il voulait, j’en crevais moi aussi d’envie… On s’est pas dérobés… On s’est regardés… J’ai pas baissé les yeux… Pas une seule fois… Même quand il s’est levé… Qu’il s’est approché… Il m’a prise par la main… Sans un mot… Et il m’a emmenée en bas… Il nous y a enfermés… Et ça a été là, comme ça, contre la porte… Tout de suite… Sans même me déshabiller… Avec juste la culotte ramenée sur le côté… À toute allure c’est venu… Pour lui… Mais aussi pour moi… Et alors là d’une façon ! Jamais j’avais connu ça, moi ! Je pensais même pas que ça pouvait exister…
– Et t’as plus eu qu’une idée en tête… Recommencer…
– Ben oui… Mets-toi à ma place… Sauf qu’il était parti comme un voleur… Et que j’avais beau venir y passer mes journées au Marigny… Du matin au soir… Pas d’Ivan… Personne le connaissait là-bas… Personne pour me mettre sur une piste quelconque… J’étais dans un état !
– Et c’est moi qui trinquais… Tu étais d’une agressivité à mon égard…
– Je suis désolée… Je…
– On verra ça plus tard… Continue !
– Et juste comme j’allais désespérer… Que j’étais en train d’en prendre mon parti… Je ne le reverrais plus…
– Il a ressurgi…
– Comme la première fois… Exactement pareil… Sauf que là il s’est pas assis… Il est venu droit sur moi et il m’a emmenée… À l’hôtel en face… On y a passé l’après-midi… Et toute la nuit… Plus rien d’autre ne comptait… Que nous deux… Que notre désir l’un de l’autre… Sa femme n’existait plus… Tu n’existais plus… Tout juste si j’ai pris le temps de te prévenir que je ne rentrerais pas… Je sais même plus ce que je t’ai donné comme prétexte d’ailleurs…
– Que ta copine Amanda était au trente-sixième dessous… Que tu pouvais pas la laisser toute seule… Que t’avais peur qu’elle fasse une bêtise…
– Ah, oui, c’est vrai… Je me rappelle maintenant…
– Trois mois vous êtes restés sur votre petit nuage… Et puis, du jour au lendemain…
– Ça nous est passé, oui… Comme ça nous était venu…
– Le désir, une fois qu’il est assouvi, s’il y a rien d’autre à côté…
– T’as toujours su alors ? Tout du long…
– Pour pas se rendre compte… Ça te transpirait de partout…
– Oui, mais que c’était Ivan ? Et les détails… Le Marigny… Tout ça…
– Tu prenais si peu de précautions que c’était un jeu d’enfant que de te suivre à la trace… Quant aux clients du Marigny, ils sont très bavards… Même quand on leur demande rien…
– Je vois… Et tu n’as rien dit ? Tu m’as pas volé dans les plumes ?
– Ça aurait avancé à quoi ? Tu te serais braquée… Ça aurait dégénéré… On se serait peut-être séparés… Sûrement même… Tandis que là… Tu as vécu ce que tu avais à vivre… Que tu ne pouvais pas ne pas vivre…
– Et c’est maintenant que tu me présentes la note… Cinq après…
– C’est le bon moment… Tu es décidée à la payer… Tu sais qu’il faut que tu la paies…
– Ce sera quand ?
– Bientôt… Très bientôt…

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