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vendredi 14 août 2015

Escobarines: Le voisin (1)

– Ça y est, Rémi… Ça y est… Il y a quelqu’un qu’a emménagé en face… Un type… Tout seul apparemment… Un jeune… Qui doit avoir quelque chose comme vingt-cinq ans… Dans ces eaux-là… Il a passé l’après-midi à monter des cartons comme des cartons…
– Et toi, à le regarder faire, planquée derrière les doubles rideaux…
– Oh, non ! Non ! Enfin, si ! Un peu…
– Beaucoup, oui, tu veux dire… Je te connais… Et un petit jeune, ça m’étonnerait que t’aies pas laissé traîner tant et plus les yeux dessus… Et que tu te sois pas offert une petite gratouille par-dessus le marché…
– Rémi !
– C’est pas vrai peut-être ?
– Si ! J’ai pas pu m’empêcher…
– C’était bien au moins ? T’as pris ton pied ?
– Tu vas me punir ?
– Tu en doutes ?
– Non… Pas vraiment, non…

– Bon, allez, prête ?
– Tu fermes pas la fenêtre ?
– On la ferme jamais d’habitude…
– Oui, mais maintenant il y a quelqu’un en face… Qu’a les siennes d’ouvertes de fenêtres en plus…
– Si on se met là derrière, il peut pas voir…
– Non… Mais il peut entendre…
– Ça finira bien par arriver un jour ou l’autre de toute façon… Forcément… Alors un peu plus tôt un peu plus tard…

– Eh ben, dis donc !
– J’ai honte… Qu’est-ce qu’il va penser ?
– Que t’es une petite Madame qu’adore se prendre des fessées… Que ça met dans tous ses états… Et qui, dans la foulée, a des orgasmes tonitruants…
– J’ai crié si fort que ça ?
– Pas crié… Bramé… Rugi… Feulé…
– Je me suis pas rendu compte…
– Lui, si ! Alors là… Pas besoin de t’en faire…

– Il est venu ce matin…
– Qu’est-ce qu’il voulait ?
– Savoir quel jour passent les poubelles…
– Oui… Un prétexte pour voir à quoi ressemble cette voisine qui anime les nuits d’été… Et alors ?
– Ben, rien… Je lui ai dit… Et il est reparti…
– Tu lui as même pas offert un café ? Le pauvre ! Lui qui rêvait de passer dix minutes en tête à tête avec toi… De te fixer les fesses quand tu irais chercher les tasses… le lait… les petites cuillers… le sucre… De les imaginer brûlantes et rutilantes sous le jean… Et toi tu le retiens pas… Non, mais t’es vraiment une sans cœur, hein !
– J’étais… J’étais pas très à l’aise…
– Ah, oui ? Il y avait franchement pas de quoi…

– Tu lui as parlé quand t’es rentré tout-à-l’heure, j’ai vu…
– Tu passes ton temps à le surveiller par la fenêtre, ma parole…
– Mais non, mais…
– En tout cas il est beau garçon… Tout-à-fait le style d’éphèbe dont tu raffoles… Tu vas boire du petit lait avec un voisin comme ça…
– Vous avez discuté longtemps…
– Encore assez, oui !
– De quoi ?
– T’es bien curieuse… Disons que je lui ai demandé de bien vouloir t’excuser… Parce que t’avais été en-dessous de tout ce matin… Et que, pour réparer ta bévue, je l’ai invité à dîner vendredi soir… Qu’il puisse te reluquer les fesses tout son saoul…
– Tu lui as pas dit ça comme ça, j’espère…
– Bien sûr que non… Mais c’est forcément ce qu’il va faire… D’autant que tu multiplieras tant et plus les allées et venues… Et qu’on en aura rajouté une couche juste avant qu’il arrive…
– Tu es machiavélique…
– Tu adores ça…


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