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jeudi 12 novembre 2009

Colocataires ( 23 )

- Allo ?!… C’est moi, Victorine… Vous savez pas où je suis ?… Juste en bas de chez vous…
- Victorine !… Quelle bonne surprise !… Eh bien monte !… Qu’est-ce que t’attends ?…
- J’ai pas trop envie… Vous êtes tout seul ?… J’ai pas trop envie quand même… Ca va me faire trop mal au cœur de tout revoir avec plein d’affaires partout qui sont pas les miennes… Vous voudriez pas descendre plutôt ?…

- Tu as encore embelli… Et moi qui étais persuadé que c’était impossible… Qu’on pouvait pas être plus belle que tu l’étais… Alors ?!… Raconte !… Qu’est-ce que tu deviens ?… Tu es là pour longtemps ?…
- Juste pour la journée… J’avais envie de vous voir un peu… De parler avec vous… Vous pouvez ?… Vous aurez un peu de temps pour moi ?…
- Tout le temps que tu voudras… Et si le cœur t’en dit toute la journée…
- Merci…
Elle m’a attrapé la main, l’a portée à ses lèvres, l’a gardée, en marchant, emphalangée à la sienne… Et on a cheminé, par les rues, au hasard…

- Tu te rappelles ce restaurant ?… C’était pour ton anniversaire…
- Si je me rappelle !…
- On y retourne ?… Ca te dit ?…
- Un peu que ça me dit…
On a eu la même table…
- Et tu reprends la même chose… Bon, mais allez !… Vide ton sac… Qu’est-ce qui se passe ?… C’est grave ?…
- Oh non, non !… Pas grave, non !… Mais important, oui…
- C’est ton patron, hein ?…
- Ben oui… Oui… Parce qu’on s’est pas contentés seulement des fessées… C’est allé beaucoup plus loin… Et il veut que ça aille encore plus loin…
- C’est-à-dire ?…
- C’est-à-dire qu’on foute le camp… Tous les deux… A l’autre bout du monde… Là où personne nous connaîtrait… Il veut demander sa mutation… A La Réunion… Ou à Mayotte… Ou à Nouméa… Ca lui est égal… Pourvu que ce soit loin… Le plus loin possible… Et qu’il m’emmène avec lui… Et ça me fout la trouille… Vous pouvez pas savoir comment ça me fout la trouille…
- Tu l’aimes ?…
- Je sais pas… J’aime qu’il me donne la fessée… Il le fait bien… Très bien même… J’aime qu’il me fasse l’amour… Ca aussi… Mais si je l’aime lui ?… Je sais pas… Il y a des jours je me dis que oui et il y a des jours je me dis que non… Mais en réalité je sais pas… Il est trop compliqué… Du coup ça me complique moi !…
- Qu’est-ce qu’il tient tant à fuir ?…
- Ses nanas… Elles arrêtent pas de le relancer depuis qu’on se connaît… De lui rendre la vie impossible… Et c’est vrai… C’est vrai, mais…
- Mais ?…
- Mais je suis pas sûre que ça y changerait quoi que ce soit de partir… Au début, oui, peut-être, mais après…
- Mais après ?…
- Il y en aurait autant à lui tourner autour… Il a besoin de ça… Il peut pas s’en passer… Et si c’est pour que je me retrouve larguée à l’autre bout du monde…
- Essaie de transiger… Propose une destination plus proche…
- J’y ai bien pensé, mais… ça réglera pas le problème de fond…
- La seule solution…
- Je sais…
- Mais tu peux pas te passer de lui…
- Non… Je peux pas me passer d’être celle qu’il préfère…

- On va où maintenant ?
- Où tu veux…
Elle m’a repris la main…
- Alors on va là-bas…
Là-bas. Sur le banc. Derrière la maison de retraite…
- Là aussi vous vous rappelez ?
- Oh, que oui !… Tu t’étais conduite d’une façon inqualifiable ce jour-là… Une véritable petite peste… Et tu t’étais montrée d’une indécence, là, sous les fenêtres de ces pauvres petits vieux… Une honte… Une véritable honte… Tu aurais mérité que je te flanque une bonne fessée déculottée devant eux pour te faire passer à tout jamais l’envie de recommencer…
- Mais je l’ai eue !…
- Pas pour ça !… Et pas devant eux… Mais il n’est pas forcément trop tard…
- Vous comprenez tout…
J’ai posé un index sous son menton, l’ai obligée à le tourner vers moi…
- Tu vas être punie…
- Oui…
- Et pourquoi tu vas être punie ?…
- Parce que j’ai fait ma dévergondée…
- Et pour quoi d’autre ?…
- Je sais pas…
- Bien sûr que si tu sais !…
- Parce que j’ai fait ma jalouse…
- Parce que tu as fait ta jalouse, oui… Et de qui ?
- De Mélianne…

Je l’ai fait lever, pivoter dos aux fenêtres. Un bras passé autour de sa taille, j’ai relevé la robe…
- Et tu n’as pas de culotte !… En plus !…
J’ai tapé. Une pluie, une grêle de claques à pleines fesses…

- Ca l’agace !… Vous pouvez pas savoir ce que ça l’agace Olivier…
- Quoi donc ?
- Que je supporte, quand il me la donne, sans pleurer, sans crier, sans gigoter, sans rien… Mais c’est comme ça que j’aime, moi !… En montrant rien du tout de comment ça me fait mal… Je sais pas pourquoi… Par contre ce qu’il faut après c’est qu’on me mette au coin… Il me manque quelque chose sinon…
- S’il y a que ça pour te faire plaisir…
- Mais alors pas là-bas, hein !… On retourne à notre resto à nous… Ils font hôtel… On prend une chambre… Et je repars que demain matin…
- Et Olivier ?
- Oh, Olivier, il trouvera bien à s’occuper sans moi, va !… Vous inquiétez pas pour lui…

- Comment j’ai aimé !… Et encore plus après quand vous m’avez regardée de tout près comme on faisait avant… J’avais peur que vous ayez plus envie… Que vous préfériez le faire avec d’autres maintenant…
- Te voilà rassurée…
- Oh oui !… Deux heures vous y avez passé !… Comment ça me manquait à moi aussi depuis le temps !…
- Ca, j’ai vu…
- Et je vais dormir avec vous en plus… C’est la première fois… Mais… je voudrais vous demander un truc… Mélianne… vous avez redormi d’autres fois avec elle après le soir de la fiesta ?…
- Si tu recommences à faire ta jalouse…
- Je me reprends une fessée… Bon… Je me tais… Je me tais… Quoique…

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