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jeudi 3 septembre 2009

Colocataires ( 3 )

- Vous vous êtes pas fichu de moi… C’est le grand luxe là-dedans…

- Tu l’as fait ?

- Quoi donc ?…

- Pour la culotte…

- A votre avis ?…

- Je pense que oui…

- Peut-être que vous pensez bien… Et peut-être que vous pensez pas bien du tout…

- Je le saurai quand ?

- Peut-être tout à l’heure… Et puis peut-être jamais…

Elle a souri…

- J’aime trop vos yeux quand ils sont comme ça… Comme là maintenant… Quand ils ont tellement envie de voir… Cette façon qu’ils ont de dire que c’est tellement important pour vous… Que je suis tellement importante… Qu’il y a plus rien d’autre qui compte que de me regarder encore et encore… Comme si j’étais infiniment précieuse… J’ai jamais connu ça comme ça… Avec personne… Avec mes mecs c’est pas moi l’important… C’est jamais moi… C’est leur désir de moi… Donc c’est eux… Tandis qu’avec vous… Heureusement qu’on n’a pas couché… J’y ai pensé un moment… Heureusement… C’aurait été une de ces conneries…




- Qu’est-ce que vous voulez aller faire là-dedans ?

- Il y a toujours un cadeau pour un anniversaire…

- Vous m’avez déjà assez gâtée comme ça…

- Allez, entre !… Discute pas !… Et choisis !… Celle qui te plaît…

Elle a longtemps navigué entre les portants, tourné, en cercles concentriques de plus en plus étroits, autour d’une petite robe rouge qu’elle a fini par décrocher, qu’elle a étalée devant elle…

- Elle te plaît ?… Va l’essayer…

- Elle est chère…

- Je te demande pas si elle est chère… Je te demande si elle te plaît…

- Evidemment qu’elle me plaît… Je serais difficile…

- Elle est là la cabine… Juste en face…

J’ai écarté le rideau…

- J’en étais sûr… T’en as pas de culotte…

- Lâchez !… Lâchez-le le rideau !… Si jamais quelqu’un arrivait…

- C’est quelqu’un qui aurait beaucoup de chance… Belle comme tu es…




- Qu’est-ce que vous faites ?…

Elle avait gardé la robe rouge pour aller s’asseoir devant la télé, jambes relevées haut, genoux largement écartés…

- Hein ?… Vous venez pas ?

- Si, si !… J’arrive…

- Vous en avez mis un temps !… Qu’est-ce que vous faisiez ?

- Rien… Rien… Je finissais de ranger…

- Vous en mettez de plus en plus du temps pour venir me rejoindre maintenant le soir… Mais je sais pourquoi…

- Dis toujours…

- Parce que c’est juste en face de la porte de la cuisine que je suis quand je suis là toute nue sur le canapé et qu’en l’entrebaîllant juste ce qu’il faut vous pouvez me voir et vous le faire sans que je m’en rende compte… C’est pas vrai peut-être ?

- Tu as beaucoup d’imagination…

- Ben voyons !

- De quoi vous avez peur ?… Que ça me choque si vous vous le faites là devant moi ?… J’en suis plus là… Et puis c’est pas parce qu’on couche pas ensemble que vous devez avoir droit à rien…




Elle a jeté ses affaires en vrac sur la petite table, s’est laissé tomber, de tout son long, sur le canapé…

- Je suis vannée… Quelle journée !… Non, mais quelle journée !

- T’es allée à la fac comme ça ?

- Comment ça comme ça ?

- Sans culotte…

- Ah… Oh ben oui, oui !… C’est pas vous que ça va choquer quand même !… C’est vous qui m’avez appris…

- T’en mets plus du tout ?…

- Presque jamais… On est tellement mieux comme ça… Avec l’air qui circule partout… Et puis rien que de croiser des tas de gens et de se dire qu’ils savent pas… Et que si ils savaient… Il y des fois en amphi pendant les cours je peux plus penser qu’à ça… Je l’écoute pas le prof… J’imagine la tête qu’il ferait… Ca me met dans un état !…

- Faut t’arranger pour qu’il se rende compte… C’est facile…

- C’est ça !… Et puis quoi encore ?… Je suis pas complètement folle…




- Ah, ben c’est pas trop tôt !… Depuis le temps maintenant que je vous laisse regarder tant que vous voulez j’avais quand même bien le droit de voir quel effet ça vous fait, non, vous croyez pas ?… Comment vous en avez eu beaucoup n’empêche!… Vous en avez toujours comme ça ?… Vous savez pas ?… C’est drôle qu’on puisse ne pas savoir un truc pareil… Vous savez pas ou vous avez pas envie d’en parler plutôt ? Vous êtes vraiment pas nets, vous, les mecs, avec ça… Regardez comment il a fallu que je pousse à la roue pour que vous arriviez à me montrer à force… Et encore vous, vous l’avez fait !… Parce que la plupart de mes mecs il y a jamais eu moyen… Pour venir nous gicler dedans ça il y a pas de problème… Dans la bouche non plus… Mais dès qu’il s’agit de nous faire voir comment ils se le font il y a plus personne… A croire qu’ils se sentiraient déshonorés…




- Non, mais alors là faut que je vous raconte… Vous savez qu’il y a une passerelle quand on sort de la gare… Une passerelle qu’est faite avec des grilles et qu’est pas très haut au-dessus du chemin qui passe en-dessous…

- Oui… Et alors ?

- Et alors en rentrant de la fac tout à l’heure j’y ai rencontré un copain… Au beau milieu… Des mois que je l’avais pas vu… Et nous voilà partis à discuter… Et tatati et tatata… Et retatati et retatata… On était lancés !… Et moi j’y pensais pas du tout à l’endroit où on se trouvait ni que j’avais pas de culotte…

- Que tu dis !…

- Si, c’est vrai, hein !… Et puis à un moment, en regardant en bas par hasard, qu’est-ce que je vois ?… Quatre types la tête en l’air… Il a dû se demander ce qui me prenait Benoît et pourquoi j’étais si pressée d’un seul coup… Comment j’ai détalé !…

- Ben pourquoi ?… Fallait les laisser en profiter…

- Ah ben non, non !… Pas une fois que tu t’es rendu compte… Et qu’on s’est rendu compte que tu t’es rendu compte… Pour quoi tu passes sinon ?

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