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jeudi 12 février 2009

La classe des filles ( 8ème jour )

On avait prévu, Noëlle et moi, de s’attarder au lit, et de se retrouver, comme la veille, dès que tout le monde serait descendu. Mais c’était compter sans Noémie qui est venue vérifier vingt fois si je dormais avant, n’y tenant plus, de finir par me secouer tant et plus…
- Tu te lèves ?… Faut que je te parle…
J’ai fait contre mauvaise fortune bon cœur. On a expédié le petit déjeuner toutes les deux dans une salle aux trois quarts vide…
- Vite !… Vite !… Il va m’attendre… Il va me chercher…
Et on est allé s’installer sur un banc à l’entrée du parc…
- Il est pas encore là… Il va pas tarder… Oui… Faut que je te dise… Ca y est tous les deux…
- Ca y est ?… Ca y est quoi ?… Vous avez couché ?…
- Oui… Bien sûr !… Oui… Mais c’est pas là l’essentiel… L’essentiel c’est cette entente, cette complicité qu’il y a entre nous… Jamais j’ai connu ça avant avec cette force… Cette intensité… On est vraiment faits l’un pour l’autre… Ca fait pas l’ombre d’un doute… Maintenant à moi de savoir mener ma barque… De pas trop le brusquer… Ils ont horreur de ça les hommes… Et si je m’y prends bien dans trois mois grand maximum…
- Fais attention quand même…
- Attention ?… Attention à quoi ?… Je suis quand même pas… Tiens, le voilà… Je te laisse… A tout-à-l’heure…



Je les ai regardé s’éloigner. Quelqu’un – un type – est venu s’asseoir à côté de moi sur le banc…
- Ils ont l’air bien amoureux ces deux-là…
- Ils ont l’air, oui… Ils auront au moins eu ça à défaut d’autre chose…
- Désabusée ?… Pas facile de trouver ce qu’on cherche, hein ?!
- Il faudrait d’abord chercher quelque chose… Ou savoir ce qu’on cherche…
- Même quand on sait c’est pas forcément simple… Pourquoi tu es venue ici ?
- J’ai pas voulu laisser ma copine toute seule…
- C’est une bonne raison… C’est peut-être pas la seule ?
- Et toi ?… Tu fais quoi ici ?
- La même chose que l’année dernière et que celles d’avant… La même chose – sans doute – que l’année prochaine… La même chose que tout le monde… Je reçois la fessée… Ou plutôt j’attends de la recevoir…
- Ca devrait bien finir par arriver…
- C’est arrivé… Deux fois déjà depuis lundi… Mais ça compte pas… Parce que c’était par des hommes… Pas par des femmes…
- Ca viendra… La prof d’Histoire…
- Peut-être… Ou la surveillante de dortoir… Ou Madame Ménisson… Mais je suis pas sûr d’y trouver mon compte… Parce que je les connais depuis le temps… Et on peut pas franchement dire qu’elles s’investissent à fond… Avec nous, les hommes, en tout cas… Tout se passe comme si elles se contentaient strictement de faire ce qu’elles ont l’air de considérer comme leur devoir… Et qu’elles n’y prenaient pas le moindre plaisir…
- C’est peut-être justement ce qu’on leur demande… Pour que ça ressemble, du plus près possible, à une punition… Parce que c’est ce que la plupart des pensionnaires viennent chercher ici…
- Pas moi. Au contraire : j’ai besoin de sentir que la femme qui me fesse en éprouve une satisfaction profonde. Une véritable jubilation. Un raz de marée intérieur. Trop intense pour que, même si elle le voulait, elle parvienne à le dissimuler…
- Qu’est-ce que tu reviens faire ici tous les ans alors si tu trouves pas ce que tu cherches ?
- On sait jamais… Il peut y avoir une nouvelle prof ou une nouvelle surveillante qui corresponde à mon attente…
- Pas si elles reçoivent des consignes dans l’autre sens…
- Ou une pensionnaire…
- Elles viennent pas pour en donner, les pensionnaires… Elles viennent pour en recevoir…
- Je sais… Je sais… Mais j’ai bien le droit de rêver un peu, non ?



Noëlle était toute excitée…
- Viens voir !… Faut que je te montre quelque chose…
On a traversé la cour déserte. Contourné le mur du préau. Emprunté un sentier qui serpentait à travers les genêts. Filé jusqu’à une petite construction en pierres dissimulée au cœur d’un bouquet d’arbrisseaux. Elle en a poussé fièrement la porte…
- Et voilà !… Qu’est-ce t’en penses ?… C’est bien, non ?… Ce sera notre endroit à nous si tu veux… Suffit de s’échapper discrètement, à tour de rôle, aux récrés et de se retrouver là… Si on s’y prend bien personne y verra que du feu… Ca te plaît ?
- Tu es adorable…
Elle s’est précipitée dans mes bras. Blottie contre moi. Ses yeux se sont embués…
- Fais-moi ce que tu veux… Tout ce que tu veux tu peux me faire… Tout ce que t’as envie…



- Non, mais faut pas se gêner !…
C’était Pernelle, les bras croisés dans l’embrasure de la porte…
- Apparemment on prend du bon temps ici… Oh, mais continuez, continuez !… Vous gênez pas pour moi… J’en ai vu d’autres, vous savez !… Non ?… Le cœur n’y est plus ?… A moins que ce soit la fatigue… Je peux peut-être te remplacer, Raphaëlle ?… C’est avec plaisir, tu sais… Parce qu’elle est vraiment bien foutue Noëlle… Tu as très bon goût… Déjà l’autre jour en Français j’avais pu constater que… Non, non, te rhabille pas, toi !… Tu restes comme ça… Qu’on en profite un peu !… Fais voir !… Tourne-toi !… Encore !… Viens dans la lumière… Ah oui !… Oui… Je comprends qu’elle ait craqué… Oh, mais faites pas cette tête-là, les filles !… On est entre nous… Ca sortira pas d’ici… Enfin peut-être… Je sais pas… Je vais réfléchir…
- Comment t’as su qu’on était là ?
- Ah ça, c’est mon secret… Mais mettez-vous bien dans la tête que je sais tout… Absolument tout si je veux… Vous pouvez rien me cacher… Bon, mais ça nous dit pas ce que je vais faire de vous… Parce que reconnaissez qu’en tant que chef de box je peux quand même pas laisser passer une chose pareille sans réagir… C’est ce que vous feriez à ma place… Non ?… Ah, vous voyez… Normalement, si on applique le règlement à la lettre, je suis dans l’obligation de vous dénoncer en haut lieu eu égard à la gravité de la faute commise... Et ça va vous valoir une bonne correction, vraisemblablement au réfectoire, devant filles et garçons réunis... Mais je ne suis pas obligée d’en arriver à cette extrémité… Du moins pas tout de suite… Non… Vous savez ce qui serait amusant ?… Pour moi en tout cas… C’est que je vous oblige à vous fesser l’une l’autre devant moi… C’est un spectacle que j’apprécierais tout particulièrement… A condition, évidemment, que vous y mettiez tout votre cœur… Et plus encore… Mais ça ce serait pas bien difficile à obtenir… J’aurais de sérieux arguments… Oui… Ca vaudrait vraiment le coup… Mais il doit y avoir moyen de trouver encore mieux… Beaucoup mieux… Et j’ai ma petite idée… Qui va faire tranquillement son chemin… En attendant je vais vous laisser sur le gril… Ca tombera quand vous serez à point… Quand vous ne vous y attendrez plus… Vous allez voir : on va bien s’amuser toutes les trois…

2 commentaires:

  1. obliger Noëlle et Raphaëlle à se fesser mutuellement ressemblerai plus à une récompense qu'à une punition...

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  2. Ca aurait eu malgré tout un certain charme!!!
    Mais c'est trop tard...

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