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lundi 13 avril 2009

La classe des filles ( 25ème jour )

Leurs baisers étaient doux. Leurs caresses délicieusement savantes. Je m’offrais à eux. Eux trois. Là-bas, à l’infirmerie. J’étais tout désir, toute volupté, toute attente, tout abandon. Une fille a crié. Je me suis réveillée en sursaut. En sursaut et en nage. J’ai soupiré. J’étais dans mon lit. J’avais rêvé…




Tout autour on s’est tourné. Retourné. On s’est paisiblement rendormi. Et si ?… Ah non, non !… Tu vas pas faire une chose pareille !… Non… Faut être raisonnable… Et puis si tu te fais prendre… Pourquoi voudrais-tu te faire prendre ?… Il n’y a aucun espèce de raison… Et quand bien même !… Et alors ?… La belle affaire… Oui, mais non… Non… Faut quand même reconnaître : t’es incroyable, ma pauvre fille !… T’es toute seule… T’as personne dans ta vie… T’as l’occasion de t’offrir du bon temps avec trois types absolument charmants qui te prennent pas la tête et faut que t’ailles t’inventer des tas de prétextes pour pas le faire… Mais quand est-ce que tu te débarrasseras enfin de cette éducation à la con ?… Mais vas-y !… Vas-y !… Réfléchis pas !… Fonce !… Allez, fonce !



J’ai foncé… Jusqu’en haut de la cage d’escalier. A côté, dans sa chambre, Tixier ronflait. Je me suis arrêtée. J’ai posé un pied sur la première marche… Je l’ai retiré… Bon, alors tu te décides, oui ?… Une bonne fois pour toutes ?… Oui… Oui… Mais d’abord un petit tour à la salle de bains. Au pied du lavabo une pièce brillait. C’était un signe… Pile, j’y descends… Face, je vais me recoucher… Je l’ai lancée… Face… Non… J’ai haussé les épaules… Le genre de superstition débile… Non, mais tu vois à quoi t’en es réduite ?… Bon, allez, assez tergiversé… J’y vais…



Le premier lit juste à côté de la porte c’était celui de Martial. Je m’en suis approchée à tâtons. Je me suis penchée sur lui. Il respirait paisiblement. Profondément. Plus près. Encore plus près. Il a surgi brusquement du sommeil…

- Qu’est-ce que c’est ?… Qui c’est ?

- C’est moi, Raphaëlle…

- Ah, c’est toi ?!… Qu’est-ce qui se passe ?

- Rien… Rien, je…

- Tu… Oui… Viens !… Monte !…

Il m’a blottie contre lui…

- Chut !… Dis rien… Fais pas de bruit… Les réveille pas… J’ai envie que ce soit juste toi et moi… Que nous deux… Tu veux bien ?

Il n’a pas attendu la réponse. Son désir s’est pressé contre moi. A impatienté le mien…

- J’ai envie… J’ai envie de toi… J’ai envie… Tellement…

Il m’a pénétrée, conquérant, impérieux, s’est élancé comme un furieux à la conquête d’un plaisir qu’il a presque aussitôt obtenu…

- Pardon… Désolé… Pardon…

- Ca fait rien… C’est pas grave…

Il est resté en moi, un bras passé sous ma nuque…

- C’est ta faute aussi… On n’a pas idée de donner autant envie…

- J’ai pourtant rien de spécialement canon…

- C’est pas ça qui compte… C’est pas ça qu’est important… C’est que tu as quelque chose… Quelque chose qui n’est qu’à toi… Et qui remue… Tellement…

Son baiser dans mon cou s’est prolongé longtemps. Son désir est revenu. Il m’a habitée. Il m’a enveloppée, toute tendresse. Il m’a éperdue…

- Oui, petite femelle, oui !… Prends ton bonheur !… Prends-le !

Ca a surgi de très loin. Ca m’a emportée. Ca m’a ramenée…




Un autre souffle sur ma nuque. D’autres mains sur mes seins. Sur mes fesses. D’autres lèvres en errements doux... Eux deux… Eux trois…

La lumière a brusquement surgi, aveuglante.

Tixier… Tixier avec l’infirmière…

- Toi, ma petite, tu as gagné le gros lot… En attendant vous nous la mettez à l’isolement, Madame Mercier ?

Elle a silencieusement acquiescé, m’a entraînée jusqu’à une minuscule petite pièce. Indiqué le lit d’un grand coup de menton…

- Le mieux que tu aies à faire maintenant, c’est de te coucher… Et de dormir… Parce que demain la journée sera rude…

Elle a claqué la porte. La clef a tourné dans la serrure. Elle s’est éloignée…




C’est Monsieur Ménisson qui est venu me délivrer… Qui a soupiré…

- Encore toi !… Décidément t’en loupes pas une !… Mais cette fois c’est le bouquet… Bon, mais on va aller régler ça… Suis-moi !

A travers les couloirs. Sans se retourner…

- M’sieur Ménisson…

Il n’a pas répondu. Il a accéléré le pas…

- M’sieur Ménisson…

Plus fort…

- Qu’est-ce qu’il y a ?

- Faudrait que je passe au dortoir…

- Pour quoi faire ?

- Ben, pour m’habiller… Je…

- T’es à poil, oui… Et alors ?… Pour ce qui t’attend c’est la tenue la plus appropriée…

Il s’est arrêté devant la porte du réfectoire…

- Bouge pas de là… Je reviens…

A l’intérieur il a parlé. Longtemps. Mais impossible d’entendre ce qu’il disait. Même en collant l’oreille contre la porte…

- Entre !

Dans un silence absolu. Tous les regards braqués sur moi.

- Avance !

Sans rien voir. Sans regarder personne. Jusqu’à une chaise qui avait été placée en plein milieu du réfectoire, à égale distance de la table des garçons et de celle des filles…

- Approchez, vous autres !…

Tous les trois…

- Qui commence ?

Lionel s’est avancé…

- Moi !…

Il s’est assis sur la chaise. Monsieur Ménisson m’a poussée vers lui, fait basculer en travers de ses genoux. C’est tombé…

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