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jeudi 26 octobre 2017

Mémoires d'une fesseuse (8)

Je m’étais engagée un peu à la légère. Parce que claquer le derrière de Marie-Clémence devant une rangée de spectateurs subjugués, bien sûr, oui, que l’idée me séduisait. Et que, de son côté, elle la fascinait aussi. Même si c’était, à l’évidence, de façon très ambiguë. Seulement, les trouver où, ces spectateurs ? J’en étais à ma toute première expérience. J’étais entrée comme par effraction dans l’univers de la fessée. C’était un milieu qui m’était totalement étranger. Et je n’y connaissais absolument personne.

Je suis allée fureter sur Internet, du coup, et j’y ai découvert qu’en réalité la fessée passionnait beaucoup de monde. Forums, fils de discussion, blogs, petites annonces… Fessées données. Fessées reçues. Fessées fantasmées. Il y en avait vraiment pour tous les goûts. Je me suis inscrite. Ici ou là. J’ai d’abord prudemment observé. J’ai ensuite participé à quelques échanges sans jamais dévoiler vraiment mes batteries. De temps à autre je recevais des messages en privé. Le plus souvent des hommes. Dont la plupart n’aspiraient qu’à me flanquer de retentissantes fessées. Ce n’était pas ce que je recherchais. Quant aux autres, leurs intentions étaient on ne peut plus claires : la fessée n’était pour eux qu’un prétexte. Ils espéraient m’attirer dans leur lit. Tant et si bien que j’ai fini par ignorer superbement tout ce qui était message d’origine masculine.

Et puis, un jour, il y a eu Hélène avec qui, rapidement, le courant est très bien passé. Qui n’aurait vu absolument aucun inconvénient à me regarder travailler le fessier de Marie-Clémence. Même si ce n’était pas ce à quoi elle aspirait principalement. Ah ! Et elle aspirait à quoi, elle, alors au juste ? À s’en prendre de sévères. Mais, de tout ça, elle préférait, et de loin, qu’on parle de vive voix. En vis à vis.
Et on s’est donné rendez-vous, un soir, dans un café. C’était une femme d’une quarantaine d’années, brune, les yeux bleus, l’air décidé. Qui est venue droit sur moi.
– T’as l’air surprise…
– Oui. Non. C’est-à-dire que je t’imaginais pas comme ça.
– Moi, si !
Elle a voulu qu’on entre tout de suite dans le vif du sujet.
– Bon, alors je t’explique, puisque tu veux savoir. J’adore ça m’en ramasser. Mais pas n’importe comment. Pas à n’importe quel prix. Il faut qu’un certain nombre de conditions soient impérativement réunies. Et je suis difficile. Très difficile. Si difficile qu’il y a près de quatre mois que ça m’est pas arrivé.
Et c’était quoi, ces conditions ?
Elle a souri.
– Tu serais intéressée ?
Peut-être. Je savais pas. Fallait voir.
– D’abord, la nana doit être plus jeune que moi.
– Ce qui est mon cas.
– C’est clair. J’ai le double de ton âge. À quelque chose près. C’est humiliant. J’aime. Ensuite, il faut que ce soit une débutante. Qu’elle hésite. Qu’elle tâtonne. Ce qui a quelque chose de profondément attendrissant.
– Je le suis plus, débutante.
– Bien sûr que si ! C’est pas parce que t’as donné, en tout et pour tout, une seule et unique fessée dans ta vie… T’as encore plein de choses à apprendre, tu verras.
J’en avais bien conscience.
– Mais surtout, il faut qu’elle dégage quelque chose. De fort. De puissant. De rapace. D’irrésistible. Et ça, tu l’as. Tu l’as même à un point…
– Je m’en rends pas compte.
– Ça n’en a que plus de charme…
On a gardé un long moment le silence, toutes les deux. Un silence qu’elle a fini par rompre.
– Alors ? Tu décides quoi ?
– C’est oui.
Elle s’est levée d’un bond.
– Bon, ben on y va alors, allez !
– Tout de suite ? Là ? Maintenant ?
– Maintenant, oui. Depuis le temps que j’attends…

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