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vendredi 9 octobre 2015

Escobarines: BTS (2)

Trois jours elles mettent les marques à disparaître complètement… Trois jours pendant lesquels je prends mon travail résolument à cœur… Je m’y absorbe… Je m’y engloutis…
Il reste longuement debout derrière moi…
– Vous êtes décidément quelqu’un de tout-à-fait imprévisible, Gaëtane… Capable du pire comme du meilleur…

Et puis, la semaine suivante, ça recommence… Je recommence… C’est d’abord insignifiant… Une étourderie par ci… Une erreur par là…
Il fronce les sourcils…
– Faites donc attention, Gaëtane… Vous retombez dans vos travers…

J’y retombe, oui… Je m’y vautre… Avec délectation…
Il hausse furieusement les épaules…
– Il y a vraiment des fessées qui se perdent…

Pas complètement… Parce que le soir même… Dans le secret de ma chambre… « Il y a vraiment des fessées qui se perdent… » Je le lui fais répéter… Dix fois… Vingt fois… Sur tous les tons… « Il y a vraiment des fessées qui se perdent… » Mais qu’à cela ne tienne ! Qu’il m’en donne ! Ça suffit les discours… Des actes !
Il n’ose pas… Il en crève d’envie, mais il n’ose pas… Je prends les choses en mains… Je me déculotte… Je viens m’allonger en travers de ses genoux… Je relève haut ma robe… Là ! Allez ! Ben, alors ? Qu’est-ce qu’il attend ? Il se dégonfle ? Il se dégonfle pas, non ! D’un seul coup ça tombe… En pluie… En grêle… Forcené… Acharné… Et ça s’arrête comme c’est venu… D’un coup… L’orage est passé…
Il contemple son œuvre… En épouse les contours du bout du doigt… En malaxe les rougeurs… À pleines fesses… Ça vient doucement… Tout doucement… De très loin… Ça m’inonde… Ça m’envahit… Ça me submerge…

Au bureau je suis moulue… Je suis brisée… M’asseoir est un supplice… Je le fais délicatement… Du bout des fesses… Je grimace… Il voit… Il a vu… Il me fait lever…
– Tenez, Gaëtane, vous pouvez aller me photocopier ça, s’il vous plaît ?
Je me rassieds…
– Et me porter ça au bureau 4…
Je suis à peine revenue que… Il y a une lettre urgente à aller poster… Un dossier à aller chercher… Un lot d’agrafes qui doit être resté en rade à l’accueil…
Debout… Assise… Debout… Assise… Toute la matinée… Ça l’amuse… Follement…

– Vous pouvez rester cinq minutes, Gaëtane ? Il faut que je vous parle…
Il m’entraîne dans son bureau… Me regarde m’asseoir avec un petit sourire d’arrière-fond…
– Oui… Si je vous ai demandé de venir, c’est que, malheureusement, je ne vais pas pouvoir vous garder…
– Hein ? Mais pourquoi ?
– Vous devez bien vous en douter un peu, non ? On ne peut pas compter sur vous… Votre travail ne donne satisfaction que de façon aléatoire… Je perds un temps fou à repasser derrière vous… Alors vous comprendrez bien que dans ces conditions…
– Mais c’est pas possible, ça ! Vous vous rendez pas compte ! Il faut qu’il soit validé, moi, mon stage… Sinon…
– J’ai été suffisamment patient… La coupe est pleine…
– Donnez-moi une chance… Une dernière chance… Je vous en supplie… Vous serez content de moi, vous verrez… Et si c’est pas le cas…
– Si c’est pas le cas ?
– Vous aurez qu’à me punir…
– Vous punir… Voyez-vous ça ! Et comment ?
– Comme vous voudrez… Vous choisirez…
– Si c’est comme je veux, alors c’est tout vu… Ce sera une bonne fessée… Et cul nu…
– Ce sera de ma faute… Je n’aurai qu’à m’en prendre qu’à moi-même…
– Tout-à-fait…
– Oh, mais vous aurez pas besoin, vous verrez… Vous allez être content de moi…
– C’est tout ce que je souhaite…

Je suis sur mon lit… Je ferme les yeux… Il a des mots durs… Tellement… Il me fait pleurer… Il me déculotte…

Il me fait attendre… Une éternité… Et puis il cingle… Je cingle… Par-dessus l’autre – celle d’hier – c’est insupportable… Et c’est délicieux…

La prochaine fois, ce sera vraiment lui…


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