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jeudi 6 janvier 2011

Escobarines: Cadeau de Noël






- Allo… Valentin ?!… C’est moi… Joyeux Noël !… Ca va ?… Non… Ca a pas l’air, dis donc… Qu’est-ce qui se passe ?…
- Clarisse m’a plaqué…
- Ah !… Ben elle a choisi son jour celle-là… Bon… J’arrive…
- Non… Non… Te dérange pas… Je veux pas… C’est Noël… T’es avec tes parents…
- Je leur expliquerai… Ils comprendront… J’arrive, j’te dis… Ca sert à ça une amie… A être là quand on a besoin d’elle… C’est pas la peine sinon…

- Ca peut peut-être s’arranger…
- Je crois pas, non… Sur le ton qu’elle m’a annoncé ça…
- Elle te reproche quoi au juste ?…
- Rien… C’est ça le pire… Absolument rien… Elle m’aime pas… C’est tout… Elle m’a jamais aimé il paraît… C’est dur à entendre, ça, tu sais…
- Et c’est sûrement pas vrai…
- Oui, hein ?!… Toi aussi tu crois ?!…
- Il y a toutes les chances… C’est le genre de choses dont on essaie de se persuader après… Quand c’est fini… Elle a quelqu’un d’autre, non ?…
- Elle m’a pas dit… Comment elle était froide !… Et lointaine !… Jamais je l’avais vue comme ça…
- Alors oui… Elle doit avoir quelqu’un d’autre… Sûrement…
- Depuis quand ?…
- Qu’est-ce que tu veux que j’en sache, mon pauvre Valentin !… Je la connais à peine… Elle me fait pas ses confidences…
- Oui, c’est vrai, je suis idiot… Bon… Mais allez !… Assez parlé d’elle…
- Si ça peut te faire du bien… je t’écoute…
- Je sais pas… Je sais plus… Ni quoi penser… Ni quoi faire… Je suis complètement perdu…
- Laisse passer un peu de temps… Tu y verras plus clair…
- Oui… Tu as raison… Bon… Mais… Et toi ?… Avec Martial ?…
- Oh, avec lui !… Il y a rien de changé… Et rien ne changera jamais… Faut que j’en prenne mon parti… Une bonne fois pour toutes… C’est pas qu’il se fiche de moi… C’est pas qu’il me mène en bateau… C’est qu’il peut pas se décider… Et si c’est pas moi qui la prends la décision dans vingt ans on en sera toujours au même point… Il sera toujours avec sa femme… Et moi j’aurai que les miettes… Comme aujourd’hui… Seulement je la prendrai pas la décision… Je la prendrai pas parce que j’en ai pas envie… Parce que je peux pas me passer de lui… Et que je préfère encore le voir comme ça, en coup de vent, entre deux portes que de pas le voir du tout… Même si j’en crève, certains soirs, de l’imaginer heureux avec sa femme et ses gosses pendant que moi j’écrase mes sanglots dans mon oreiller toute seule dans mon lit… Si tu savais comme je les ai enviés les gens dans les magasins ces derniers jours… Ils préparaient le réveillon… Un réveillon qu’ils allaient passer avec la personne qu’ils aiment… Tandis que moi… Il a fallu que je le supplie pour l’avoir un peu à moi ce matin… Un tout petit peu… Il a fini par s’y résoudre… A contre-cœur… Il avait la tête ailleurs… J’ai eu droit à quelques caresses de politesse… Et à une fessée… si… quand même… une fessée bien claquante… bien vigoureuse… Comme je les aime… Avant de retourner habiter ma solitude… C’est comme ça…

- Qu’est-ce qu’il y a ?… Tu pleures ?… Mais si !… Si, tu pleures !… Pourquoi tu pleures ?… A cause de ce que j’ai dit ?… Faut pas pleurer pour ça… Ca en vaut pas la peine… A cause de Clarisse ?… Aussi… Oui, hein ?!… Je veux pas… Je veux pas que tu sois malheureux… Allez, chut !… C’est tout… C’est fini… Qu’est-ce tu veux ?… Qu’est-ce qui te ferait plaisir ?… Que je te raconte ma fessée de ce matin ?… Tu aimerais ?… Oui… Evidemment que tu aimerais… Mais non… Tu sais pas ?… On va faire encore mieux… Mais alors juste pour aujourd’hui… Parce que c’est Noël… Et parce que t’es malheureux… On recommencera pas… Jamais… Et tu bouges pas de là… Tu restes assis… Promets !… Et ferme les yeux… Attends que je te dise de les rouvrir... Là... Voilà... Tu peux...

2 commentaires:

  1. Dans un cadeau, ce qui compte c'est le cœur...

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  2. Et, à l'évidence, il est offert ici avec beaucoup de coeur...

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