lundi 9 mars 2020

Les fessées d'Aurélie (5)



Source : Jerzy Gorecki sur Pixabay.

J’ai poussé un long soupir de satisfaction.
Enfin ! Enfin Benoît dormait. Paisiblement. Du sommeil du juste.
Je venais de lutter, pied à pied, pour repousser ses avances qui, ce soir, comme par hasard, s’étaient faites particulièrement insistantes. Ce n’était vraiment pas le jour. Pour qu’il aille découvrir dans quel état j’avais le derrière ? Pas question !

Le combat s’était avéré particulièrement éprouvant. D’autant plus éprouvant que j’avais déjà dû, dans l’après-midi, dépenser des trésors d’énergie pour ne rien laisser paraître de ce que je ressentais. Rester assise constituait en effet un véritable supplice. Je passais d’une fesse sur l’autre sans parvenir à trouver une position qui soit vraiment satisfaisante. Plus confortable. Alors je me levais, sous un prétexte quelconque. Je faisais les cent pas. Ce n’était guère mieux. Le tissu de ma jupe me râpait douloureusement la peau. Je retournais m’asseoir avec mille précautions. En prenant garde de ne pas grimacer, de ne pas laisser échapper le moindre gémissement, aussi étouffé soit-il, qui aurait pu éveiller les soupçons.

Et puis il y avait Ugo. Qui s’efforçait d’être aussi naturel que d’habitude. Qui l’était. Qui allait. Qui venait. Qui plaisantait. Avec les unes. Avec les autres. Qui, de temps à autre, venait jeter un petit coup d’œil par-dessus mon épaule. Son souffle dans mon cou.
‒ Alors ? Pas encore bloqué, cet ordi ?
Je rougissais. Et je fondais. Je fondais littéralement. Je n’osais pas relever la tête, terrorisée à l’idée que mon trouble puisse se lire sur mon visage.

Je me suis levée sans bruit. Les revoir. Mes fesses. Les revoir encore. Dans la glace de la salle de bains, le rouge était plus sombre, commençait à tendre vers le jaune, ou même le bleu, par endroits. Je me les suis longuement contemplées. Ça faisait mal, oui. Ça brûlait. Intensément. Mais comment c’était bon ! Tellement ! J’ai fermé les yeux et je suis retournée là-bas. J’ai tout revécu. Pas à pas. Je lui ai redonné vie à cette fessée. J’en ai savouré chacune des étapes. Je les ai étirées au maximum. Jusqu’au moment où Tu as joui ! Non, mais tu te rends compte que tu as joui ? Et devant lui ! Devant lui, oui. Qui faisait quoi, d’ailleurs, pendant ce temps-là, là, en ce moment ? Hein ? Est-ce qu’il dormait ? Non. Je ne voulais pas. Pas question qu’il dorme ! Il fallait qu’il soit là-bas, lui aussi, avec moi. Qu’il y repense. Qu’il le revive ! Et je l’ai fait. Une photo. Une photo, en gros plan, de mon postérieur tuméfié. Que je lui ai aussitôt envoyée. La réponse ne s’est pas fait attendre. « Merci ! » J’ai souri. Il y était. Avec moi. Et je me le suis fait. Du bout des doigts d’abord. Ses yeux sur moi. Mes yeux sur moi. De plus en plus vite. De plus en plus haletant.
Je me suis mordu la lèvre pour ne pas crier.

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