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mercredi 13 janvier 2016

Fessées croisées2 (19)

15 août


– Ben, d’où tu sors, Gilles ?
– J’étais descendu faire un tour… En attendant que tu te réveilles… J’ai pas eu le temps d’aller bien loin d’ailleurs : je suis tombé sur la patronne en sortant de l’ascenseur… On a fait un petit brin de causette tous les deux du coup… Et j’en ai profité pour m’excuser… Non… C’est vrai… Parce que comment t’en étais de la comédie cette nuit… T’as braillé d’une force…
– Oh, quand même !
– Tu t’es pas entendue ! Oh, mais comme je lui ai dit, hein ! Une femme qui retrouve son mari après une longue absence, c’est forcément débridé…
– T’as pas fait ça ?
– Bien sûr que si !
– Elle doit avoir une de ces opinions de moi !
– On s’en fiche… Et même… Si on en rajoutait une couche ?
– Comment ça ?
– Dans la foulée, tu pourrais en ramener un autre cet après-midi… Ce serait jamais que le quatrième…
– Oui, ben alors là ! C’est pour le coup qu’elle nous en fait une attaque…
– Avoue que la situation te déplairait pas vraiment…
– Peut-être… Je sais pas…
– Tu parles que tu sais pas… Bon… Mais, en attendant, on a un petit compte à régler tous les deux…
– Un petit compte ?
– Fais bien l’innocente…
– Non… Je vois pas… Je t’assure…
– Je sais encore reconnaître les fessées que je donne… Et celle qui te décore actuellement le derrière, ce n’est pas moi qui te l’ai infligée…
– Ah, oui… Oui… Oh, ben tu te doutes… C’est l’autre, là, hier…
– Et tu ne m’en as rien dit…
– J’y ai pas pensé… J’ai oublié…
– À qui tu veux faire croire ça ?
– Non, mais si, c’est vrai, hein, je t’assure…
– Si c’est vrai, alors c’est très inquiétant : tu commences à avoir de gros problèmes de mémoire… Il faut soigner ça… Le plus vite possible… Avant que ça s’aggrave… Heureusement qu’il existe un remède… Très efficace… Tu vois de quoi je veux parler ? Oui ? Eh bien allez alors ! En position !

– Comment ça me brûle !
– Ah, ben ça ! Forcément… Une hier après-midi… Une maintenant… Par-dessus… Sans compter les précédentes… Qui n’avaient pas eu le temps de s’estomper vraiment… C’est obligé que tu le sentes passer…
– Non… Et puis t’as tapé fort… Beaucoup plus fort que d’habitude…
– Ce que t’avais pas l’air de trouver si désagréable que ça…
– Oh, ben non… Non… T’as bien vu… Et puis ce qu’il y avait surtout, c’était que la raison pourquoi tu me l’as fait, je m’y attendais vraiment pas du tout… Et ça j’adore…

On est descendus… De derrière son comptoir, la patronne a souri à Gilles qui s’est lancé dans de grands discours…
Qu’elles touchaient à la fin nos vacances…
– Eh, oui… On est sur le départ… Va falloir reprendre le collier…
Qu’il avait pourtant pas à se plaindre…
– Non… Parce que je fais un boulot qui me plaît… Et ça, au jour d’aujourd’hui, ça n’a pas de prix…
Et qu’en plus c’était l’entente parfaite tous les deux…
– Sept ans de mariage, sept ans de bonheur… Ah, pour ça, on risquait pas d’aller voir ailleurs… Ni l’un ni l’autre… Ah, non alors !

– T’es trop, toi, dans ton genre ! Aller lui servir un petit couplet sur la fidélité… Alors qu’hier dans la chambre, là-haut, je me suis tapé deux amants coup sur coup… Non, mais tu te rends compte ? Je savais plus où me mettre, moi !
– T’adores ça !
– Elle a réagi comment ? J’osais pas trop la regarder…
– Elle a pas réagi… Impassible… Imperturbable… Rien…
– Ah, oui ?
– Ce qui te donne envie de la pousser dans ses derniers retranchements, hein ?
– Oui… Enfin, non… C’est-à-dire… Faudrait qu’on ait du temps devant nous pour ça… Et puis pour Enzo… Pour que tu puisses nous surprendre tous les deux… Et comme va falloir rentrer, le mieux…
– C’est de remettre tout ça à l’année prochaine…
– Voilà, oui…
– Et de prendre dès à présent la route du retour… Bon, ben allez ! Action !

FIN

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