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jeudi 7 novembre 2013

La passion de Madame la Directrice ( 11 )



– « Vous n’y allez pas par quatre chemins, vous, dites donc ! Me donner la fessée ! « EN VRAI ! » Carrément ! En tout cas vous savez ce que vous voulez… Et si cela devait arriver un jour au moins je saurais, quant à moi, à quoi m’en tenir : vous êtes quelqu’un de déterminé… Ce qui n’est pas pour me déplaire : c’est, me semble-t-il, une qualité essentielle chez un fesseur… Maintenant… est-ce que cela se produira ? Est-ce que vous aurez l’occasion de me coucher en travers de vos genoux pour m’infliger ce redoutable, redouté, et pourtant si délicieux traitement ? Ça, c’est une autre question… »
– C’est pas une autre question du tout… Elle va y avoir droit… C’est de plus en plus évident qu’elle va y avoir droit… Non, tu crois pas ?
– Ça semble bien parti en tout cas…
– Quel pied je vais prendre, moi ! Non, mais alors là quel pied je vais prendre…
– « Parce que, pour être tout à fait franche avec vous, je suis furieusement tentée… C’est tous les jours – plusieurs fois par jour – que je relis vos messages… Quand je m’autopunis, c’est votre main qui s’abat… C’est vous que je remercie, après, ivre de gratitude… C’est avec vous que je réalise, en imagination, la plupart de mes fantasmes dans ce domaine… Alors, me direz-vous, où est le problème ? Pourquoi diable tant hésiter ? Pour la plus simple des raisons qui soient… Tout simplement parce que j’ai peur… Peur de quoi ? Peur d’être déçue ? Peut-être un peu, oui… Mais ce n’est pas vraiment ça… Ce n’est pas SURTOUT ça… Non… C’est que vous êtes un parfait inconnu pour moi… »
– Si elle savait !
– Et que si j’accepte de vous rencontrer il faudra que je vous fasse aveuglément confiance… Ce que vous avez vraiment dans la tête je n’en sais rien finalement… Je serai entièrement à votre merci… Il y a de quoi, avouez, n’être pas trop rassurée… »
– Elle demande que ça… Être rassurée… Ben vas-y ! Fais ton boulot !



– « Ainsi donc, Martina, je vous effraie… Quelle piètre image vous avez de moi… J’ai beau chercher : je ne vois pas ce qui, dans mes propos, a pu susciter chez vous une telle défiance à mon égard… Qu’est-ce que vous êtes allée vous figurer ? Que j’allais, aussitôt la porte refermée, me jeter sur vous comme un sauvage ? Que vous alliez tomber dans un épouvantable guet-apens ? Que cinq ou six malfrats aux mines patibulaires allaient vous attendre, en ma compagnie, pour vous faire subir mille et mille morts ? Et bien pire encore… Votre imagination vous joue des tours, ma chère… Et pas qu’un peu… Non… Si nous devions nous rencontrer, ce serait, pour commencer, dans un bar… Avec du monde autour… Pour discuter… Faire vraiment connaissance… Nous apprivoiser… Si le courant ne passe pas eh bien on en tirera les conséquences… Chacun repartira de son côté et puis voilà… On n’en fera pas une maladie… S’il passe, par contre, – ce que j’espère de tout mon cœur – ce n’est pas pour autant qu’on sera obligés de se précipiter… On a tout notre temps… On se reverra… Une fois… Cinq fois… Dix fois… Autant de fois qu’on le jugera nécessaire… Et quand on estimera, l’un comme l’autre, que c’est « mûr » ce n’est pas chez moi qu’on se retrouvera, pour une magistrale fessée, mais à l’hôtel… Vous voilà rassurée ? »
– Oh, oui… Ça va aller vite maintenant… À la fin de la semaine, c’est quasi sûr, t’as un rancart avec elle à Paris… Sa tête quand elle va voir que c’est toi !
– Peut-être qu’elle va se sauver à toutes jambes…
– C’est pas exclu… J’y ai pensé… Mais c’est peu probable… Non… Le plus vraisemblable, c’est qu’elle sera estomaquée… Tétanisée… Elle va commencer par se demander ce que tu fous là… C’est un type inconnu d’une cinquantaine d’années qu’elle s’attendra à voir surgir… Alors que toi, tu fasses ton apparition… Il va lui falloir du temps pour réaliser qu’Oteka et toi, c’est la même personne… Qu’elle s’est fait rouler dans la farine… Qu’elle ait envie de prendre la fuite, ça, c’est sûr, c’est une idée va la traverser… Mais elle va vite se rendre compte que ce n’est pas la meilleure solution… Parce que tu sais… Et que s’il te prenait l’envie de répandre autour de toi le bruit que Madame la Directrice du Supermarché est en quête de retentissantes fessées… elle aurait beau nier… Prétendre que tu affabules… le mal serait fait… Non… L’urgence, pour elle, ça va être de s’assurer de ton silence… Par tous les moyens… Et ce d’autant plus qu’elle ne manquera pas de se rendre rapidement compte que si tu l’as piégée sur le forum, que si tu l’as ciblée, elle, c’est que tu avais des informations qui te permettaient de le faire… Lesquelles ? D’où tu les tiens ? Et quel parti peux-tu encore en tirer ? Elle n’en sait strictement rien… Il lui faut ton silence… C’est la priorité des priorités…
Ton silence ? Oui… En échange d’une première et mémorable fessée… Que tu lui administreras dans la foulée… Faut battre le fer tant qu’il est chaud…
– Et toi ?
– Moi ? Je serai derrière la porte quand vous sortirez de la chambre… Histoire qu’elle s’en pose d’autres des questions… Et que le piège se referme un peu plus…

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