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lundi 27 juin 2016

La clef USB (15)

Le 8 rouge. Le 6 vert. À peine Laurent parti, le matin, je les faisais venir. Ils combattaient pour moi. Avec acharnement. Avec fureur. Je m’offrais au vainqueur. L’un. Ou l’autre. Ça dépendait. Je jouissais dans ses bras. Éperdument. Parfois, dans la journée, j’allais les retrouver. Et puis encore le soir. Avant que Laurent rentre… J’étais complètement accro…

J’allais quand même pas faire ça ! Non. Non. Je pouvais pas faire ça. C’était la dernière des choses à… J’ai tenu une semaine et puis, un beau matin…
– Allô… Antoine ? C’est moi, Christina…
– Qu’est-ce qui se passe ? Qu’est-ce qui t’arrive ?
– Rien, mais tu sais la vidéo que tu as faite, l’autre jour, sur ton portable ?
– Oui. Eh bien ?
– Je pourrais pas l’avoir ?
Son rire.
– J’en étais sûr ! Ça, j’en étais sûr. Ah, ça a dû y aller depuis dimanche, hein ! Bon, mais je te l’expédie. Dans cinq minutes, elle est dans ta boîte mail.

Je l’ai tout aussitôt lancée…
Gros plan sur mes fesses. Je suis absorbée dans la contemplation de quelque chose par la fenêtre. Quelque chose qu’on ne voit pas. Tout au plus perçoit-on des cris par moments. Des applaudissements. Je regarde, fascinée. Ma main s’engouffre dans mon pantalon, s’y active. On voit mon coude bouger. De plus en plus vite. Mon souffle s’accélère. Et je jouis. À grandes plaintes éperdues. C’est tout. C’est fini.

– Alors pas trop déçue ?
– Non. Enfin, si ! Un peu !
– Ben, oui ! Forcément. On les voit pas, eux. Bon, mais ça peut s’arranger… Il y a à nouveau match dimanche prochain…
– Les mêmes ?
– Les rouges, oui… Ils sont chez eux… Mais pas les autres…

Une petite caméra… Qu’il a fièrement arborée…
– Je peux faire à peu près tout ce que je veux avec ça… Et notamment des gros plans hyper précis. Suffit que tu me dises…
– Que je te dise ?
– Qui je dois cibler…
J’ai hésité. C’était mon secret, ça ! Mais, d’un autre côté, si je voulais pouvoir l’avoir longuement à ma disposition. Et de très très près…
– Le 8…
– Excellent choix ! Je m’en occupe !
C’étaient des blancs en face. Dont un 4 colossal qui s’élançait, tête baissée, à la rencontre de mon 8 à moi. Mais il ne cédait pas. Il l’arrêtait. Il le jetait à terre. Plus rien d’autre ne comptait pour moi. Que lui. Qu’eux.
Antoine a chuchoté à mon oreille.
– Imagine s’il te voyait ! Imagine qu’il te voie !
J’ai dégrafé ma jupe. Descendu ma culotte. Pour lui je l’ai fait. Mon huit. Il me voyait, oui. Il me regardait. Il me regardait le regarder. Il bandait pour moi. Il venait vers moi. Il m’ouvrait les bras. Je me jetais contre lui. Contre sa poitrine. Son désir palpitait contre mon ventre. Qu’il fasse de moi ce qu’il voulait. Tout ce qu’il voulait. Il l’a fait. Il m’a prise. Devant tous les joueurs. Qui s’étaient immobilisés sur le terrain. Qui s’étaient tournés vers nous… On a joui. Ensemble. Tous les deux.
– Eh ben, dis donc ! Non, mais quel spectacle tu viens de m’offrir là ! Sans la moindre pudeur. Sans la même retenue. Ah, non ! Ça mérite une bonne fessée, ça ! Oh, mais tu l’auras ! Tu l’auras, le moment venu…
Je n’ai pas répondu. Je n’ai pas remonté ma culotte non plus. J’ai continué à les regarder courir, alanguie… Derrière moi, il a continué à filmer.

On est restés jusqu’à la fin. Jusqu’à ce qu’ils quittent le terrain.
– Tu sais où ils vont, là, maintenant ?
– Ben, oui… Oui… Ils rentrent aux vestiaires.
– Quoi faire ?
– Se doucher, j’imagine !
– Se doucher, oui ! T’aimerais voir ça, hein !
– C’est pas possible n’importe comment !
– Ah, si, ça l’est, si !
– Comment ça ?
– T’aimerais ?
Le moyen de prétendre le contraire maintenant… Évidemment que j’aimerais…
– Alors on ira… Je t’y emmènerai…
J’ai frissonné…
– Quand ?
– Tu verras bien…

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