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lundi 4 janvier 2010

Escobarines: la grande Sénéchale





- Monsieur le Grand Sénéchal est fort mécontent de toi… Je suppose que tu sais pourquoi ?…
- Il me semble, Madame la Grande Sénéchale…
- Il te semble !… Et à moi il me semble qu’il ne devrait pas seulement te sembler…
- Je ne l’ai pas satisfait…
- Tu ne l’as pas satisfait, non !… C’est le moins qu’on puisse dire…
- Je m’y suis pourtant efforcée de mon mieux…
- Les résultats n’ont pas été à la hauteur des efforts que tu prétends avoir fournis ni des espoirs qu’il avait placés en toi… Je ne te cacherai pas qu’il t’en garde beaucoup de rancœur et qu’il a envisagé à ton égard les châtiments les plus extrêmes… Si je n’avais pas intercédé en ta faveur…
- Je vous en sais gré, Madame la Grande Sénéchale…
- Il t’a fait l’honneur de te distinguer parmi les dizaines et dizaines de jeunes damoiselles qu’on lui a présentées… Il t’a établie à mon service… Il était en droit d’attendre que tu lui en manifestes une incommensurable reconnaissance…
- Mais je lui en ai, n’en doutez pas, ainsi qu’à vous, une infinie gratitude…
- Tu es loin de l’en avoir convaincu…
- J’en suis sincèrement désolée…
- Ta jeunesse et ton inexpérience expliquent sans doute bien des choses, mais elles ne sauraient constituer très longtemps des excuses… Monsieur le Grand Sénéchal te donnera très probablement une nouvelle chance – c’est en tout cas l’intention qu’il a semblé manifester - , mais si tu devais continuer à le mécontenter je ne pourrais plus répondre de rien et il faudrait t’attendre à bien des désagréments…
- Je ferai tout mon possible pour que Monsieur le Grand Sénéchal n’ait qu’à se louer de mes services…
- Je n’en attendais pas moins de toi… Tu es fort attachante et je vais m’employer à te faciliter la tâche… Guillaume, le palefrenier – auquel tu as déjà très certainement prêté la plus grande attention – est d’une exceptionnelle vigueur et tout particulièrement rompu aux jeux de l’amour… Je vais te confier à lui et le charger de ton éducation…
- Comme Madame la Grande Sénéchale voudra…
- Il t’apprendra une foule de choses dont tu ne pourras que te trouver fort bien… Et Monsieur le Grand Sénéchal aussi… A condition que tu saches – et que tu veuilles – en tirer le meilleur parti…
- Mon plus cher désir est de combler les siens…
- Ce discours t’honore… Toutefois, avant de te laisser aller, je dois – comme je m’y suis engagée auprès de lui – te châtier pour la piètre prestation que tu as fournie… Tourne-toi !… Ou plutôt non… Reste comme ça !… Agenouillée… Tes cuisses feront l’affaire pour cette fois… C’est sensible à souhait des cuisses… Regarde-moi !… C’est un ordre !… Bien dans les yeux… Je veux voir se refléter dans les tiens chacun des coups que je vais te donner… Serre les dents, oui… Ca va faire mal… Très très mal…

- Tu as été courageuse… Pas un cri… Pas une larme… Comme tu as dû les décevoir dans les cuisines à côté : elles se faisaient une telle fête de t’entendre !… Bon, mais va vite les rejoindre… Qu’elles profitent au moins du spectacle de tes cuisses meurtries… Reste un peu avec elles… Et puis va rejoindre Guillaume… Il est au courant… Il t’attend… Il va s’occuper de toi… Et moi de ta compagne d’infortune qui n’a pas cessé de se retourner encore et encore malgré l’interdiction formelle qui lui en avait été faite…

- A ton avis, toi, pourquoi t’ai-je convoquée et fait dénuder ?…
- Je l’ignore, Madame la Grande Sénéchale…
- Vraiment ?…
- Vraiment…
- Ne serait-ce pas parce que, toi aussi, tu t’es montrée très insuffisante auprès de Monsieur le Grand Sénéchal ?… Parce que la qualité des services que tu lui rends laisse beaucoup à désirer ?
- J’en serais profondément navrée… Toutefois Monsieur le Grand Sénéchal ne me paraît pas le moins du monde mécontent de la façon dont je me comporte à son égard…
- Moi, si !…
- Vous m’en voyez désolée… Puis-je en connaître les motifs ?…
- Tu les connais parfaitement…
- Non… Sauf votre respect, Madame la Grande Sénéchale…
- Qu’il utilise tant et plus, à sa guise, tes pertuis – le grand et le petit – soit !… Qu’il s’en régale tant qu’il veut… Que tu y trouves toi aussi ton compte – ou que tu le feignes – soit encore !… Mais ce que je ne saurais tolérer c’est que tu mettes à profit vos ébats amoureux pour t’insinuer dans ses bonnes grâces et en tirer toutes sortes d’avantages indus…
- Les présents que Monsieur le Grand Sénéchal juge bon de me faire…
- Sont de très grande valeur et seront restitués en temps et en heure… Je t’en donne ma parole…
- A la seule condition qu’il m’en intime personnellement l’ordre…
- Il le fera…
- Il y est manifestement, pour le moment, rien moins que décidé…
- Si tu t’imagines que je ne vois pas clair dans ton jeu… Que je n’ai pas compris, depuis bien longtemps, où tu voulais en venir…
- Madame la Grande Sénéchale semble déterminée à me prêter des intentions qui ne sont pas les miennes…
- Qui sont les tiennes… Et pour lesquelles tu vas être punie derechef…
- Que Madame la Grande Sénéchale prenne les décisions que sa conscience ou son humeur lui dictent tant qu’il lui est loisible de le faire…
- Ce qui signifie ?
- Ce que Madame la Grande Sénéchale a très exactement compris…
- Je te briserai… Je te jure que je te briserai…
- Si je puis me permettre… Mieux vaudrait que Madame la Grande Sénéchale retienne son animosité à mon égard dans les bornes du raisonnable… Monsieur le Grand Sénéchal n’apprécierait certainement pas qu’on en use avec moi comme avec la dernière des servantes… Et ce que Madame la Grande Sénéchale redoute tant pourrait alors se produire dans des délais extrêmement rapprochés…
- Viens ici !… Mets-toi en position… On va t’entendre… Sois-en certaine !… On va t’entendre… Aux cuisines… Et dans tout le château… Et tu vas te traîner à mes pieds… ramper à mes genoux en demandant grâce… Une grâce que je ne suis pas sûr d’avoir envie de t’accorder…

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