samedi 10 mars 2018

La fessée de Charlotte

Dessin de Kal

http://kalidwen.wordpress.com

http://fesseeo.net

Aujourd'hui, c'est l'inverse. Ce n'est pas moi qui essaie de faire coller un texte à un dessin de Kal, mais Kal qui illustre, d'un dessin magnifique, un texte auquel je suis, pour toutes sortes de raisons, extrêmement attaché.


LA FESSÉE DE CHARLOTTE



– C’est encore en train de s’engueuler à côté. Et grave. Ce que j’en ai marre ! 
Chaque fois que ses parents s’expliquent. Et c’est souvent. Et c’est très « engagé », Charlotte vient se réfugier chez moi.
– Au moins, ici c’est calme.
Elle s’assied sur la petite chaise basse près de la fenêtre et elle parle pendant des heures. Elle est intarissable…
– Si seulement je pouvais foutre le camp. Mais il y a la fac. Je vivrais de quoi ? De petits boulots ? J’ai déjà essayé. Ça m’a fait rater mon année. À moins qu’avec Thibault… Parce qu’on s’entend super bien tous les deux. On y arriverait. Seulement pour le bouger Thibault. Il te dit toujours oui. Ça, de ce côté-là, il y a pas de problème. Mais dès qu’il s’agit de passer à l’acte, c’est toujours « Après », « Plus tard », « On a bien le temps » Il m’agace. Ce qu’il peut m’agacer des fois…
Elle finit par se lever avec un profond soupir.
– Bon, faut que je retourne à côté. Ça va me retomber dessus, sinon. En tout cas comment j’aime ça parler avec toi. Si, c’est vrai ! Tu comprends plein de choses pour quelqu’un de ton âge.

En larmes. En sanglots hoquetés. Irrépressibles. Ravageurs.
– Eh bien, qu’est-ce qui t’arrive ? C’est quoi ce gros chagrin ?
Elle s’est jetée comme une désespérée dans mes bras, a enfoui la tête dans mon cou.
– J’ai mal. J’ai si mal.
– C’est Thibault, c’est ça ?
Elle a fait signe que oui. Oui.
– Il te trompe ? Il a quelqu’un d’autre ?
– Non, c’est pas ça, non. Il veut plus de moi.
Elle s’est dégagée, s’est laissée tomber sur le canapé et a redoublé de sanglots… Longtemps.
– Allons ! Allons ! Calme-toi ! Vous vous êtes disputés ? Ça peut peut-être s’arranger.
– Non, ça s’arrangera pas, non. Si tu savais ce qu’il m’a dit ! De tout il m’a traitée. De sale petite vicieuse. De cinglée. De désaxée. Que je ferais mieux d’aller me faire soigner. Et il veut plus jamais entendre parler de moi.
– Eh ben, dis donc ! Et la raison de tout ça ?
– Oh, rien. Des conneries.
– De grosses conneries, alors…
– Oui. Non. Mais si je te le dis, toi aussi, tu vas croire que je suis folle.
– Et si tu le dis pas, je vais tout imaginer. Les pires perversions.
– Oh, non ! Mais c’est un truc… Disons que je lui ai demandé de me faire quelque chose.
– De te donner une fessée ?
Elle a levé sur moi un regard stupéfait.
– Hein ? Mais comment tu le sais ?
– Si c’est que ça ! Il y a vraiment pas de quoi fouetter un chat.
Elle a eu un bref fou rire nerveux.
– Si, justement ! Il y a de quoi fouetter.
Elle est redevenue sérieuse, presque grave.
– Si tu savais comment ça m’habite cette idée d’en avoir une un jour. Une vraie. Une bonne. Je pense qu’à ça des fois. Pendant des semaines. Mais à qui tu veux que j’aille demander une chose pareille ? Thibault. J’ai cru. Parce qu’on s’entendait bien. Parce qu’il se prend pas la tête. Et voilà le résultat. Je suis pas près de recommencer. Ah, non alors ! J’en parlerai plus. Jamais. À personne.

– Et allez ! C’est reparti pour un tour à côté. Ils vont finir par foutre le feu à la baraque, oui ! Mais dis, pour ce que je t’ai raconté hier, ça reste entre nous, hein ?
– Motus et bouche cousue. Mais tu sais que c’est pas bien du tout d’avoir des idées comme ça ?
Elle a rougi, baissé les yeux d’un air contrit.
– C’est pas de ma faute. J’y peux rien. Ça vient tout seul.
– Il n’empêche. Tu sais ce que tu mériterais pour la peine ?
Un court regard interrogateur.
– Une bonne fessée…
Ses yeux se sont embrumés. Quelque chose d’un noir intense, profond, y est passé.
– Non ? Tu crois pas ?
– Si !
D’une toute petite voix. Dans un souffle.
– Une bonne fessée déculottée. Et tu vas la recevoir.

Je l’ai entraînée par le bras, fermement, jusqu’au canapé où je me suis assis. J’ai pris ses mains entre les miennes. Je l’ai attirée vers moi, tout près, ses jambes contre ma cuisse.
– Tu me promets de faire des efforts ? D’essayer de chasser ces vilaines pensées ?
– Oui.
– Plus fort ! J’ai pas bien entendu.
– Oui.
Je l’ai doucement, tout doucement, fait basculer en travers de mes genoux, installée, calée. J’ai relevé la robe jusqu’à la taille.
– Être obligé d’en arriver là. Une grande fille de ton âge. Tu n’as pas honte ?
– Si !
– 23 ans ! 23 ans et… J’ai poussé un profond soupir, tiré sur la culotte que j’ai baissée, descendue jusqu’en haut des cuisses. J’ai posé une main sur ses fesses, légère, l’y ai laissée.
– Si au moins j’étais sûr que ça serve à quelque chose, que tu vas t’amender, mais ça !
La première claque l’a fait sursauter, lui a arraché un gémissement. J’ai fait attendre la seconde. La troisième. Une dizaine. À intervalles irréguliers, imprévisibles. Qui l’ont chaque fois surprise, fait bondir bien haut du derrière. Et puis, d’un coup, en pluie. En grêle. En rafale. Elle a accompagné, tout du long, d’une longue plainte continue de fond de gorge. J’ai ralenti, espacé, arrêté.

– Tu sais que ça t’a donné de belles couleurs ? Ça te va à ravir.
Elle s’est très lentement retournée, redressée. Elle est restée assise sur mes genoux, a passé un bras autour de mon cou…
– Merci. C’était bien. Beaucoup mieux encore que quand j’imagine.
On n’a pas bougé. Au-dehors le soleil jouait à la cime du grand chêne. Des oiseaux s’égosillaient. On a laissé s’éterniser le moment. Et puis… comme un tremblement d’abord, ténu, retenu, presque imperceptible. Qui s’est élargi, amplifié, s’est fait vibration, houle, vagues, rouleaux. Elle a rejeté la tête en arrière. Les veines de son cou se sont affolées, sa bouche s’est entrouverte. Et c’est venu. Elle m’a laissé ses yeux. Jusqu’au bout. Tout s’est apaisé, est retombé. Elle m’a souri.
– Dis, s’il te plaît, tu me puniras aussi pour ça ?
Et elle a quitté mes genoux.

jeudi 8 mars 2018

Mémoires d'une fesseuse (27)

Philibert a hoché la tête, souri.
– Il bandait, je suis sûr. Non ?
– Ah, pour ça, oui ! Et il faisait pas semblant.
– Il adore ça qu’une femme lui martyrise son petit derrière.
– J’ai vu, oui.
– Surtout si elle le prend pour une fille. Qu’elle se rend pas compte qu’il y a quelque chose qui lui ballotte entre les jambes.
– Faut vraiment pas avoir les yeux en face des trous pour pas s’en apercevoir.
– Ça peut quand même arriver. Si le contexte et les circonstances s’y prêtent. C’est rarement le cas, mais ça arrive.
– Voilà pourquoi il s’est bien gardé de me dire quoi que ce soit. Parce qu’avec un peu de chance…
– Et pourquoi je t’ai rien dit non plus. Pour pas lui casser le coup.
– Oui, enfin, moi, ce qui m’estomaque surtout dans tout ça, c’est que toi, Philibert, tu te sois aventuré sur un terrain comme celui-là.
– À force de te voir faire, de t’entendre en parler avec autant de passion, il fallait bien que je finisse par être tenté.
– Quoique, finalement, tout bien réfléchi, je me demande si je l’ai pas toujours su, au fond, que c’était en toi aussi ce truc.
– Ben oui, c’est sûrement pas un hasard si on s’entend si bien tous les deux. Et depuis tant d’années.
– Bon, mais raconte ! Moi, je te dis tout et toi, de ton côté, tu me dis rien de ce que tu fais.
– C’est tout récent. J’ai pas encore eu l’occasion.
– Mais maintenant tu l’as.
– Si je te dis qu’il y a que les mecs qu’il m’intéresse de prendre en mains…
– J’aurai aucun mal à te croire.
– Mais pas n’importe quels mecs. Et pas dans n’importe quelles conditions. Il faut que je sente une personnalité en face. Qu’on me résiste. Pied à pied. Il faut que ce soit une VRAIE victoire.
– Oui, alors, évidemment, c’est pas quelqu’un comme Ernesta qui peut répondre à tes attentes.
– Pas vraiment, non. Ernesta, elle est docile par nature. Se soumettre à la volonté de quelqu’un d’autre la ravit.
– Donc, il y a eu erreur d’aiguillage, là.
– C’est bien pour ça que je te l’ai adressé à toi. Il peut pas tomber entre de meilleures mains.
– Tu l’as déniché où ?
– C’est le frère d’un type sur lequel j’avais des vues extrêmement précises. Elle m’a beaucoup aidé à arriver à mes fins.
– C’est un prêté pour un rendu en somme.
– En quelque sorte. En tout cas, je peux te dire qu’il a été positivement ravi des moments qu’il a passés avec toi.
– Qui n’avaient pourtant rien d’extraordinaire.
– À ses yeux, si ! Et il ne rêve que d’une chose, c’est de remettre le couvert.
– Il vit seul ?
– Avec son frère, mais bon…
– Alors je vais le prendre en coloc avec nous. Histoire de l’avoir constamment sous la main.
– Il sera enchanté. Mais Marie-Clémence ?
– Jusqu’à preuve du contraire, c’est moi qui décide. Et Marie-Clémence n’a pas son mot à dire. De toute façon, elle y trouvera aussi son compte. J’ai ma petite idée.
– Qui est ?
– En train de prendre forme. Laisse-lui le temps. Et dis à Ernesta que je l’attends là-bas, demain, à la première heure, avec armes et bagages.
– Il y sera. Alors là, pas besoin de t’en faire qu’il y sera…

lundi 5 mars 2018

Derrière la cloison

Auguste Levêque Hymne à la femme, 1909

Le signal ! C’est Ludovic qui l’avertit qu’il y a quelqu’un, l’œil rivé au trou dans la cloison. Quelqu’un qui l’épie sans savoir qu’il est, à son tour, épié. Que son mari le regarde la regarder avec infiniment d’attention et qu’il lui fera ensuite, à elle, un rapport des plus circonstanciés.
Quelqu’un… Elle ignore qui. À qui il a loué la chambre voisine. Elle ne le saura qu’après, quand il viendra la rejoindre. Elle préfère. Elle adore.

Elle se brosse interminablement la chevelure, dos offert, nu, à l’inconnu. Qui ? Peut-être ce voyageur à la mine conquérante qui, tout-à-l’heure, soupesait goulûment ses seins, du regard, quand elle s’approchait de sa table, quand elle y déposait les plats. Dont elle sentait, quand elle s’éloignait, les yeux s’emparer résolument de ses fesses. Ses fesses qu’il ne lâchait, à regret, qu’au tout dernier moment, lorsque la porte de la cuisine retombait sur elles.
Elle se lève. Elle les lui abandonne. Longuement. Tout-à-l’heure, elles seront à découvert pour lui. Mais seulement tout-à-l’heure. Pas tout de suite. Plus tard.

À moins que ce ne soit le petit jeune homme tout timide, tout effacé, réfugié dans le coin, près de la sortie, qui rougissait chaque fois qu’elle lui adressait la parole pour les besoins du service. Qui n’a sans doute jamais connu de femme. Ou seulement dans ses rêves. C’est pour lui qu’elle se retourne, qu’elle écarte les cheveux qui lui voilent les seins. Pour qu’il les ait pleinement. Qu’il s’en repaisse. Qu’il prenne son plaisir sur eux, ivre de reconnaissance.

Ou alors, c’est « le monsieur ». À l’air si austère, si revêche qui, de tout le repas, n’a pas levé une seule fois les yeux de ses papiers. Qui l’a superbement ignorée. Elle laisse tomber sa robe. Nue comme au premier jour. Et là ? Ah, tiens ! Il ne joue plus les indifférents d’un seul coup ? Comme elle lui plaît sa petite encoche ! Elle la lui laisse. Elle la lui cède. Comme il y a les yeux rivés ! Il déglutit. Son souffle s’emballe. Il perd pied. Il va jouir. Il jouit.

Et maintenant, le bouquet final. Elle va se retourner. Et lui offrir ses fesses. À lui. À eux. À eux tous. Ses fesses zébrées. Estampillées. C’est pour eux que Ludovic les lui a si joliment habillées de rouge ardent. Et il n’y est pas allé de main morte ! Elle a aimé. Tellement. Voilà ! Elle les leur abandonne. Ils écarquillent les yeux. Ils regardent. Ils regardent tout leur saoul. Ils sont heureux. Elle est heureuse.


* *
*

Ludovic ! Elle se réfugie dans ses bras. Se presse contre lui.
– C’est qui, derrière ?
Tout bas. À son oreille.
Il sourit. Il ne répond pas.
– Il y est encore, tu crois ?
– Ça ! Tant que tu seras dans son champ de vision…
– Mais c’est qui ? Celui qu’arrêtait pas de me bouffer des yeux dans la salle, en bas, c’est ça, hein ?
Il fait signe que non. Non.
– Le puceau alors ? Oui, c’est lui. Je suis sûre que c’est lui.
– Non plus, non.
– Reste plus que le coincé.
– Pas davantage.
– Je vois pas alors… Je sèche. Dis-moi !
– La dame en bleu…
– Elle! La… Quel salaud tu fais ! Non, mais alors là, quel salaud tu fais !
– Dès que je l’ai vue, dès qu’elle a eu passé la porte de l’hôtel, j’ai su qu’aujourd’hui il fallait que ce soit elle. Qu’elle apprécierait. Énormément.
– Ce qui a été le cas ?
– C’est rien de le dire. Ah, pour donner, ça a donné. Elle s’est régalée. Ça s’est vu. Et entendu. Et c’est pas fini…
Il la pousse vers le lit. Ils y tombent, enlacés.
– Parce que tu maintenant vas lui montrer comment, toi aussi, tu sais bien prendre ton pied. D'autant que… tu sais quoi? Elle aussi, elle l'a tout rouge son petit derrière.



samedi 3 mars 2018

La chandeleur

Dessin de Doz:

http://fesseeo.net


– Qu’est-ce tu fais ?
– Des crêpes. C’est la chandeleur aujourd’hui.
– Tu m’as l’air bien énervée.
– Je suis pas énervée, non.
– Eh bien, on dirait pas. Tu martyrises ce pauvre batteur qui t’a rien fait.
– C’est les autres connes aussi, au boulot. Tu sais ce qu’elle m’a dit, la Duval, à la machine à café, devant tout le monde ? Que j’étais la feignante de base. Moi, une feignante ? Qui c’est qui reste le soir plus souvent qu’à son tour ? Qui c’est qui se prend la tête avec les dossiers dont personne ne veut ? Alors, merde ! Merde !
– Calme-toi, Alyssia !
– Alors, d’après toi, faudrait que je me laisse insulter sans réagir ?
– Il n’a jamais été question de ça. Et fais un peu attention. Tu mets de la pâte à crêpes partout.
– J’m’en fous !
– J’t’ai dit de te calmer, Alyssia !
– Évidemment, c’est facile pour toi. Tout seul toute la journée devant ton ordi. T’as personne pour te mettre les nerfs en pelote.
– Tu vas y vider la bouteille de rhum dans cette jatte ?
– Mais non, mais…
– Doucement, j’t’ai déjà dit ! Tu vas finir par en faire une !
– Je gère.
– T’as intérêt ! Parce que tu sais ce qu’on a dit. Et on était bien d’accord. La prochaine fois que tu casses quelque chose sous le coup de la colère ou de l’énervement, tu te prend une fessée. Il faut en finir avec ces espèces de crises qui t’attrapent de plus en plus souvent.
– Je sais, oui, mais je vais rien casser ! Oh, merde !
– C’était couru.
– Je suis désolée.
– Ce qui n’y change rien. Regarde-moi ça ! Non, mais regarde-moi ça ! Il y en a partout.
– Je vais nettoyer. Je vais ranger.
– Oui, ben après. Pour le moment on a beaucoup mieux à faire.
– Tu vas pas…
– Te mettre le feu aux fesses ? Si ! C’était bien ce qu’était convenu, non ?
– Laisse-moi une chance, Olivier ! Juste une !
– Je t’en ai laissé des dizaines de fois des chances. Alors cette fois, pas question que tu y coupes.
– Tu vas pas me taper avec ce truc ?
– Si, ce sera beaucoup plus efficace, tu verras. Allez, tu mets ton petit derrière à l’air et tu viens bien gentiment prendre place en travers de mes genoux. Là ! Prête ?
– Pas trop fort, hein !
– Mais non !

– C’était fort. Comment ça m’a fait crier !
– Je sais. J’ai entendu.
– Il doit être rouge, non ?
– Écarlate.
– C’est drôle, parce que tu sais quoi ? Ça me cuit, oui, mais en même temps je me sens toute calme maintenant, tout apaisée. Je me sens bien.
– C’était le but.
– Je vais ramasser les morceaux. Tout nettoyer. Et puis je vais en refaire des crêpes. Mais d’abord embrasse-moi ! Et puis, merci, Olivier, hein !

jeudi 1 mars 2018

Mémoires d'une fesseuse (26)

 On a sonné. Un petit coup timide. On a laissé passer du temps. Une bonne minute. Et puis on a recommencé.
C’était une fille derrière la porte. Une jeune, châtain clair. Aux yeux verts. À peu près mon âge. Qui se dandinait d’une jambe sur l’autre.
– Excusez-moi… C’est bien vous, Lisa ?
– En effet, oui.
– Bonjour. Moi, c’est Ernesta. Et c’est Philibert qui m’envoie.
– Eh bien, entre ! Assieds-toi !
– Vous êtes toute seule ?
– Pour le moment, oui. Pourquoi ?
– Non. Pour rien. Comme ça. Parce qu’il m’a dit qu’il y aurait peut-être une autre fille avec vous.
– Bon, mais alors, c’est quoi, au juste, l’objet de ta visite.
Elle a croisé les jambes. Les a décroisées. Recroisées.
– C’est pas facile à dire.
– Essaie quand même !
– Il s’occupe de mon éducation, votre ami.
– Et alors ?
– Alors ça va pas comme il veut. Il trouve que j’y mets beaucoup de mauvaise volonté. Que non seulement je fais pas de progrès, mais que même, je régresse. Et il m’a menacée. Que si ça continuait comme ça, j’aurais qu’à me débrouiller toute seule. Qu’il voudrait plus jamais entendre parler de moi. Et c’est pas possible, ça ! Parce que qu’est-ce que je deviendrais sans lui ? Je suis complètement paumée comme fille dans ma tête.
– Et j’ai quoi à voir, moi, là-dedans ?
– Que j’ai fait un truc qui lui a pas plu du tout. Et qu’il veut que vous me punissiez. Vous ! Parce que je vous connais pas. Et qu’il pense que, comme ça, ce sera beaucoup plus vexant pour moi. Et donc beaucoup plus efficace.
– Ce qui est vrai ?
– Il me sait par cœur. Et puis, ce qu'il y a, en plus, c'est qu'on a le même âge toutes les deux. Et c’est ça le pire pour moi.
– Bon. Eh bien allez, alors ! Je peux rien refuser à Philibert. Et tiens, tu m’es sympathique. Alors je vais te laisser le choix des armes. Main ? Martinet ? Paddle ? Brosse à cheveux ?
– Comme vous voulez. N’importe. Mais pas le martinet.
– Alors ce sera le martinet. Déshabille-toi !
Elle a soupiré, s’est levée, m’a tourné le dos. A commencé à déboutonner sa robe.
– Regarde-moi !
Elle m’a fait face. L’a laissée tomber à ses pieds. Le soutien-gorge. Qu’elle a rejeté derrière elle, libérant deux adorables petits seins tout pommelés. Et puis elle a marqué un long temps d’arrêt.
– Eh bien ? Qu’est-ce t’attends ? Ta culotte !
Elle s’est tournée de trois-quarts, l’a fait glisser, abandonnée sur la moquette.
J’ai lancé une première cinglée. À pleines fesses.
– Je t’ai dit de me regarder. Je te l’ai pas dit ?
– Si ! Oui !
Et elle l’a fait.
– Hein ? Mais qu’est-ce que c’est que ça ?
Elle avait une queue. Et une paire de couilles.
– Je t’ai posé une question. Qu’est-ce que c’est que ça ?
– Ben…
– T’aurais pu prévenir ! J’ai horreur de ça qu’on me prenne en traître.
– C’est pas ma faute…
– Non, c’est celle du pape. Bon, mais là, je peux te dire qu’il va sautiller ton petit matériel. Et pas qu’un peu ! On va faire ce qu’il faut pour…
Et je lui ai abattu le martinet sur les cuisses. Il a tourné, comme une toupie, sur lui-même. Les cuisses. Les fesses. Les cuisses. Les fesses.

lundi 26 février 2018

Au bain

Gerome, Bad

– Allez, on va te faire toute belle.
– Oui, oh ! Ça servira à rien. Comme d’habitude.
– Qui sait ?
– Tu parles ! Voilà bientôt huit mois, Simola, que tu me prépares tous les soirs, pour le cas où le maître manifesterait le désir que je partage sa couche. Et voilà huit mois que ça n’arrive pas. Ça n’arrive jamais.
– Il dispose de ses esclaves comme il l’entend.
– Ce qui signifie que, ce soir encore, nous serons une bonne trentaine, à en être réduites, une fois de plus, à recevoir le fouet devant lui pour raviver, par nos gémissements et nos contorsions, des désirs qu’il assouvira avec d’autres. Toujours les mêmes. Pourquoi systématiquement elles ?
– Parce que tel est son bon vouloir. Parce que ce sont ses préférées, qu’elles l’ont toujours été, qu’elles le satisfont et qu’il n’a pas de comptes à rendre à qui que ce soit.
– Je sais bien, mais…
– Mais ?
– Non. Rien.
– Ça ne te déplaît pas vraiment, avoue !
– Quoi donc ?
– Le fouet.
– Je l’ai en horreur.
– Mais pas ce qui vient ensuite. Quand vous vous retrouvez entre vous, après avoir été flagellées, pour vous consoler et vous enduire voluptueusement les unes les autres de toutes sortes d’onguents.
– Ça brûle tellement ! Ça nous soulage.
– Et les caresses que, dans la foulée, vous vous prodiguez généreusement, c’est un autre feu, j’imagine, qu’elles ont pour but d’apaiser.
– Il y aura bientôt un an que je n’ai pas serré un homme dans mes bras. Ça me manque, Simola. Tu peux pas savoir comme ça me manque !
– Oh, que si ! Sais-tu garder un secret ?
– Lequel ?
– Les eunuques…
– Ne peuvent pas grand-chose pour moi.
– À l’exception, ici, de deux d’entre eux qui, bien que coupés, peuvent encore se dresser bien droits et bien durs.
– Comment est-ce possible ? Comment s’explique ce prodige ?
– Je l’ignore. Et peu m’importe. Il me satisfont, chaque fois que j’en ressens la nécessité, sans me faire pour autant courir le risque d’être grosse. Cela me suffit.
– Et qui sont ces deux phénomènes ?
– Tu le sauras si tu me jures de n’en toucher jamais mot à personne. Ils risqueraient leur vie. Et nous, la nôtre.
– Il va sans dire.
– Alors éclipse-toi discrètement ce soir et rejoins-moi ici.
– Ils y seront ?
– L’un d’entre eux. Que tu auras à ton entière disposition. À une condition : que tu m’abandonnes tes lèvres quand il sera en toi.


samedi 24 février 2018

Sapphire

Dessin de Kal:

http://kalidwen.wordpress.com

http://fesseeo.net


– Ça fait combien de temps qu’on se connaît, toi et moi, Kevin ?
– Oh, là ! Des lustres !
– Plus de quinze ans. Sans jamais le moindre problème. La moindre ambiguïté. C’est rare une amitié comme la nôtre. C’est précieux.
– En effet, oui. Mais tu veux en venir où, là ?
– Je veux en venir que j’ai quelque chose à te dire. Et quelque chose à te demander.
– Eh bien, vas-y ! Je t’écoute.
– C’est très intime. Et vraiment pas facile.
– Alors ferme les yeux. Ferme les yeux et lance-toi !
– Je suis bourrée de fantasmes.
– C’est quelque chose dont on a déjà parlé.
– Oui. Sauf qu’il y en a un sur lequel je suis restée, jusqu’à présent, totalement muette.
– J’ai peut-être ma petite idée quand même…
– Je crois pas, non.
– Tu adores imaginer que tu as honte. Qu’on te fait honte.
– Hein ? C’est pas vrai ! Mais comment tu le sais ?
– Tu as laissé passer, depuis des années, sans t’en rendre compte, une multitude d’indices. Et comme je suis très attentif à toi et à tout ce qui te concerne…
– Je baigne constamment dans la honte. À longueur de journée. Le moindre incident, la moindre réflexion, je les transforme. Je les convertis. J’en fais mon miel. Comment j’ai honte ! Et le soir, quand je suis toute seule…
– Tu te donnes tout le plaisir du monde.
– C’est en train de prendre des proportions ! Je ne pense plus qu’à ça. Je ne vis plus que pour ça. Et ça finit par m’effrayer.
– Il y a vraiment pas de quoi !
– Tu sais ce que c’est mon fantasme en ce moment ? Tous les soirs il revient. Tous les soirs… Je suis nue, appuyée des deux mains à la table de ma cuisine, légèrement penchée en avant. J’ai les jambes écartées. Et un plug entre les fesses. Derrière moi, il y a quelqu’un qui me frappe à tout va. Avec sa main. Avec un martinet. Avec une ceinture. Avec un paddle. Avec tout ce qu’il veut. Je ne sais pas. Je m’en fiche. La seule chose que je sais, c’est que ça brûle. C’est que ça fait mal. Très. Je me cabre. Je crie. Je lui hurle d’arrêter. « Pitié ! J’en peux plus ! » Mais, en même temps, je veux pas qu’il arrête. C’est trop bon. J’aime trop ça. Derrière moi, il s’en aperçoit. Parce que j’ondule de la croupe. Parce que ça me ruisselle abondamment entre les cuisses. Il s’en aperçoit et j’ai honte. J’ai trop honte d’aimer ça. Qu’on sache que j’aime ça.
– Comment ils brillent, tes yeux ! Et donc ? Eh bien, continue !
– Tu te doutes, non ?
– Un peu.
– Eh, bien, dis !
– C’est un fantasme que tu crèves d’envie de réaliser. Sauf que tu peux pas demander ça à n’importe qui.
– Il y a qu’à toi que je peux en fait.
Je lui ai pris la main, l’ai fait lever.
– Viens !