jeudi 19 mai 2011

Escobarines: Au bureau ( 7 )



Dimanche 8 Octobre

Sybille a déboulé sans crier gare, sur le coup de dix heures…
- Tu fais rien de spécial aujourd’hui ?…
- Ben non… Non…
- Si on passait la journée ensemble alors ?… Toutes les deux ?… Ca te dirait ?…
- Mais… Et ton copain ?…
- Oh, lui !… Au foot il est parti… Un match capital à ce qu’il paraît… Que s’ils le gagnent ils vont être champions de je sais plus trop quoi… Et qu’il est pas près de rentrer… Allez, hop !… Je t’emmène…

- On mange là ?… Ca a l’air sympa…
- Si tu veux…
On s’est installées tout au fond près de la grande baie vitrée… On a commandé…
- Tu les as encore les marques de ses dents à Emilie hier ?… Oui ?… Tu fais voir ?… Hou la la !… Comment elle t’a arrangée !… Elle a pas fait semblant, dis donc !… Tu lui en veux pas trop ?…
- Non… Oh, non…
- N’importe comment je t’avais prévenue… Je te l’avais dit… Une vraie tigresse quand c’est comme ça… Bec et ongles faut qu’elle se défende…
- Et mon tour à moi à ton avis ce sera quand ?…
- Oh, alors ça !…
- Clarisse elle pense qu’elle va me faire mariner pendant des semaines et des semaines Madame Lambert…
- Ce serait bien son style, oui… Et ça te va pas… Parce que autant t’étais réticente au début autant, maintenant que t’y as goûté, t’es impatiente…
- C’est pas vraiment ça, non…
- Mais un peu quand même… Cela étant, en attendant, il y a d’autres solutions que Madame Lambert…
- Ah oui ?!… Qui ça ?…
- Je connais une dame qui tient un magasin de vêtements… Et qui n’aime pas, mais alors là pas du tout, les petites voleuses…
- Mais j’en suis pas une…
- Suffit de le devenir… Pour les besoins de la cause… De toute façon quand elle te verra arriver avec moi… Pas besoin de lui faire un dessin… Elle n’aura pas le moindre doute sur ce que tu viens chercher…

- Mademoiselle !… Pas si vite !… Oui, c’est à vous que je parle… Venez voir là… Vous pouvez ouvrir votre sac, s’il vous plaît ?… C’est bien ce que je pensais… Suivez-moi !… On va régler ça à côté…
Dans l’arrière-boutique… Sybille sur leurs talons…
- Alors ?… Qu’est-ce que vous allez inventer pour votre défense ?… Que c’est la première fois ?… Que vous savez pas ce qui vous a pris ?… Que vous ignorez comment cette robe a bien pu se retrouver dans votre sac ?… Que vous avez dû l’y fourrer machinalement ?…
- Mais non, mais…
- Mais quoi ?… J’en ai assez, figure-toi !… Assez de devoir faire la guerre en permanence à des gamines dans ton genre qui ont le vice dans la peau et qui, dès que j’ai le dos tourné, en profitent pour me piller comme au coin d’un bois… Alors tu sais pas ?… Eh bien on va t’en faire passer l’envie… Et pour ça une bonne fessée déculottée on a encore rien trouvé de mieux…

- J’aime trop comment elle s’y prend… Elle a une de ces façons de faire… De te lancer ça de haut… Ca vient s’écraser avec une force !… Et dans tes fesses à toi comment ça s’enfonce en plus !… J’ai jamais vu ça… Pas à ce point-là en tout cas… Je regrette pas… Ah non alors !… Et toi ?… Comment t’as trouvé… T’as aimé ?…
- Surtout la façon dont elle m’a grondée… Je sais pas pourquoi, mais j’ai toujours aimé ça qu’on m’accuse quand j’avais rien fait…
- Oui, ben là t’as été servie… On y retournera si tu veux… Surtout que si tu recommences question de te faire la morale elle va t’en remettre une bonne couche… Tu seras pas déçue du voyage, tu verras… Mais dis !… Ca reste entre nous, hein ?!… Pas la peine qu’elles soient au courant là-bas… Tout de suite ce serait tout un tas de commentaires… Des réflexions à n’en plus finir… On n’a pas besoin de ça… Il y en a un par contre, quand je vais rentrer tout à l’heure, il a pas fini de m’en poser des questions… Quelle tête tu faisais… Si t’as crié… Si t’as pleuré… Si t’as gigoté… S’il était vraiment rouge ton derrière… Et partout ?… Sur toute la surface ?… Ou bien elle avait toujours tapé au même endroit ?… Et ça avait duré longtemps ?… Et le déculottage ?… Ca s’était passé comment ?… J’en ai pour des heures… Evidemment le plus simple ce serait qu’il voie… Ca t’ennuierait, toi ?…
- Quoi donc ?…
- Ben de lui montrer… Il me foutrait la paix comme ça… Enfin… si on veut… Ca le mettrait en appétit, mais ça… c’est une autre question… T’as rien à craindre, hein, de toute façon… Je serai là…

- T’es où ?… Ben il est où ?… Tu vas voir qu’il va pas être rentré… De son machin de foot là… Et qu’il va se ramasser à je sais pas quelle heure… Tant pis pour lui… Il sait pas ce qu’il perd… Il va être vert… Non, mais comment il va être vert…

lundi 16 mai 2011

Belle-soeur,beau-frère ( 19 )



- Qu’est-ce qui se passe ?… T’en fais une tête !…
- Tu l’as vue ?…
- Qui ça ?…
- Emilie… Ta femme…
- Non… Pourquoi ?… Elle est là ?…
- Mais oui, elle est là… Oui… Elle est arrivée de là-bas tout à l’heure sans prévenir personne… Histoire de me surprendre, je suppose…
- Ca, c’est bien son style…
- Et pour me surprendre elle m’a surprise… A poil dans la cuisine…
- Ah…
- Et comme elle m’est tombée dessus par derrière elle a vu… Elle a forcément vu dans quel état j’avais les fesses…
- Et elle en a dit quoi ?…
- Rien… Absolument rien… Apparemment elle était pressée… Elle a attrapé un dossier dans le placard du fond, m’a lancé un « A ce soir !… » retentissant et est repartie comme elle était venue… Elle va vouloir des explications… Ca, c’est sûr… Il va falloir trouver quelque chose, mais quoi ?… Quoi ?…

- Tu crois pas que t’exagères ?…
- Tiens, t’es là ?…
- Je fais juste l’aller et retour… Fallait que je passe à la banque… Et chez le notaire… Vu les proportions que ça prend là-bas maintenant… Ce qui m’a permis de découvrir le pot-aux-roses… Mais ça j’en étais sûre… Sûre… Tu as fini par craquer… Et par la traiter comme elle le mérite… Ca devait arriver… Ca devait forcément arriver… Mais pourquoi tu m’as rien dit ?… Que tu veuilles ménager Paul ça coule de source !… Il est tellement fragile qu’il n’y a guère d’autre solution… Mais moi !… Moi !… Tu aurais quand même pu me mettre au courant, non, tu crois pas ?…
- Tu as suffisamment de préoccupations et de soucis comme ça… J’allais pas en plus…
- Dis plutôt que ça t’aurait écorché les lèvres de reconnaître que t’avais tort… Qu’il faut la surveiller comme le lait sur le feu… Que si on la lâche trente secondes des yeux elle aura rien de plus pressé que d’aller en inventer une… Je l’ai toujours dit… Je l’ai pas toujours dit ?…
- Si !… Bien sûr que si, mais…
- Seulement toi il a toujours fallu que tu la défendes… Que tu lui trouves tout un tas d’excuses… Bon… Mais enfin l’essentiel, maintenant, c’est que tu l’aies percée à jour… C’est que tu aies enfin réalisé qu’il ne fallait absolument rien lui laisser passer et qu’à la moindre incartade… Parce que si tu la canalises pas… Les petites coureuses dans son genre il y a qu’une chose qu’elles comprennent… Si on veut pas qu’elles n’en fassent qu’à leur tête… Et qu’elles finissent par se jeter dans les bras du premier venu… Tu es sûr au moins que c’est pas ce qu’elle a fait ?… Que tu as pu intervenir à temps ?… Avant que…
- Mais oui !…
- Parce qu’elle est retorse, tu sais !… Elle est capable de tout…
- Je sais… Mais je suis pas né de la dernière pluie non plus…
- Bon, mais déjà de savoir que tu as pris sérieusement les choses en mains je vais repartir plus rassurée… Plus sereine… Tu me tiens au courant, hein, surtout !… Et s’il se passe quoi que ce soit…

- Non, mais attends !… Je rêve, là… Ca lui est pas venu une seule seconde à l’esprit que si tu me flanquais des fessées tu pouvais aussi avoir envie d’autre chose ?… Qu’on ne se contentait peut-être pas de ça tous les deux ?… Qu’à avoir comme ça mon derrière sous le nez…
- L’idée ne l’a même pas effleurée…
- Ca paraît fou…
- Ca l’est… Mais pas pour elle… Elle, ça fait des mois qu’elle est obsédée par la pensée que tu puisses tromper Paul… Et qu’il finisse par l’apprendre… Cocu son petit frère chéri ?!… Inconcevable… Il ne s’en remettrait pas… Et pourtant c’est ce qui lui pend au nez… Parce qu’il a eu la malencontreuse idée d’aller épouser une jeunette qui – ça ne fait, d’après elle, pas l’ombre d’un doute – a le feu au cul… Qui ne pense qu’à « ça »… Des mois que ça la mine cette idée… Que ça la torture… Qu’elle n’en dort plus la nuit… Des mois qu’elle me harcèle pour que je te surveille… Pour que j’épie le moindre de tes faits et gestes… Des mois qu’elle me reproche de ne t’en laisser faire qu’à ta tête… Et voilà qu’elle découvre que je fais preuve à ton égard d’une sévérité dont elle ne me croyait pas capable… Mais elle est aux anges !… Elle va enfin pouvoir dormir en paix… Paul ne risque plus rien… Quant à ce qu’il puisse se passer quoi que ce soit entre toi et moi c’est pour elle quelque chose de parfaitement inconcevable… De totalement incongru… Tu as beau avoir vingt-cinq ans : à ses yeux tu n’es rien d’autre qu’une gamine sans consistance… Une petite écervelée immature qu’il faut s’efforcer, tant bien que mal, de remettre dans le droit chemin… C’est comme ça qu’elle te voit… C’est donc comme ça qu’elle est persuadée que je te vois… Que je t’ai toujours vue… Même si, par indifférence, par paresse ou par égoïsme, je n’avais pas, jusqu’à présent, pris à ton égard les mesures qui s’imposaient…
- Oui, mais enfin !… J’ai 25 ans… T’en as 45… N’importe quelle femme, à sa place, se poserait quand même des questions…
- Pas elle… Ma libido – elle en est persuadée – est aussi peu exigeante que la sienne… Et tu es bien placée pour savoir que chez les Dorlandier c’est une fonction en option…
- Ah, ça !…
- Qui ne présente pas d’intérêt majeur… On n’est pas des animaux quand même !…
- Eux, non… Mais nous, si !… Des fois… Quand ça nous prend… Je vais te le prouver… Et pas plus tard que tout de suite…

jeudi 12 mai 2011

Escobarines: Au bureau ( 6 )



Jeudi 5 Octobre

- Il y a que dans notre service ?… Que ça se passe comme ça ?… Il y a que chez nous ?…
- Non… Chez Madame Duperray, au troisième étage, aussi… C’est une grande amie de Madame Lambert Madame Duperray… Alors disons qu’il y a eu des échanges entre les deux services à un moment donné… Fructueux… Pourquoi tu me demandes ça ?…
- Comme ça… Pour savoir…
- Pour des raisons évidentes nous ne parlons jamais à qui que ce soit – à plus forte raison si c’est quelqu’un qui appartient à l’entreprise – de ce qui se passe dans notre bureau… Peut-être – sans doute, si l’on en croit certains bruits insistants – s’administre-t-il également des fessées ailleurs, ici ou là, dans les étages… Et sans doute celles qui les reçoivent – ou qui les donnent – se montrent-elles, à juste titre, aussi discrètes que nous…
- C’est fou ce que ça se fait, hein, finalement !… Parce que quand on regarde sur Internet…
- Beaucoup plus qu’on ne croit… Et de plus en plus…

On a déjeuné ensemble… Toutes les cinq… Et elles m’ont raconté… La fois où Madame Lambert avait mis Fabrizia au coin, les fesses à l’air, et où le grand directeur avait inopinément surgi…
- Cette trouille qu’on a eue !…
- Heureusement que Sybille a eu la présence d’esprit de la pousser derrière les classeurs…
- Et que Madame Lambert est venue tout de suite le chercher…
- Je me demande quand même s’il s’est pas douté qu’il se passait quelque chose… Sans savoir vraiment quoi au juste…
- Et la fois où Clarisse avait tellement gigoté sur le bureau en la recevant que deux ordinateurs se sont retrouvés par terre…
- Morts… Tous les deux… Mais alors là morts de chez mort… Il a fallu inventer toute une histoire comme quoi elle avait fait un malaise pour expiquer ça…
- Mais le bouquet c’est quand même le jour où Emilie a carrément joui pendant sa fessée…
- Ah oui alors !… Une vraie furie… On s’était mises à deux pour la tenir et elle qui se tapait un orgasme, mais un orgasme !…
- C’est pas de ma faute… J’adore ça quand c’est comme si j’étais obligée… Que j’avais pas le choix… Que je me débats et que ça sert à rien…
- Ca… On a vu… Tu t’es pris un de ces pieds !…
- Arrêtez, les filles !… Arrêtez !… Ca me redonne envie !… Et pas qu’un peu !…
- Ben alors tu sais ce qui te reste à faire…


Vendredi 6 Octobre

- J’en ai marre !…
- Pardon ?…
- J’en ai marre, oui !… Dès qu’il y a un travail de merde à faire, c’est sur moi que ça tombe…
- Je ne vous demande pas si ça vous plaît ou non, Emilie… Je vous demande de vous occuper de ce dossier… Vous avez une heure… Pas une minute de plus… Et si dans une heure c’est pas fait…
- Oui, ben elle peut courir !… Alors là…

- Vous avez terminé ?… Faites voir !… C’est tout ?… Vous vous fichez du monde… Vous vous fichez vraiment du monde… Et dans les grandes largeurs… Bon… Mais on va vous en faire passer l’envie… Venez ici !… Eh bien ?… Vous entendez ce que je vous dis ?… Attention, Emilie !… Faites bien attention… Vous aggravez votre cas… Et si je dois solliciter le concours de vos collègues… Bien… Très bien… Vous l’aurez voulu… Amenez- la moi, vous autres !…
- Lâchez-moi !… Mais lâchez-moi enfin !… De quoi vous vous occupez ?… Qu’est-ce que je vous ai fait ?… C’est pas vos oignons… Lâchez-moi !…
En grandes ruades… En furieux soubresauts… En griffures de hasard…
- Aide-nous, Alyssia !… Aide-nous !… Les mains… Tiens-lui les mains…
Elle me les a arrachées… Je les lui ai reprises… Maintenues… On l’a portée… soulevée… traînée… jusqu’à Madame Lambert qui attendait, impassible… Madame Lambert qui lui a arraché sa robe… Qui l’a sèchement déculottée… Madame Lambert qui lui a descendu le collant à mi-cuisses…
- Alors là vous allez me payer ça, ma petite !… Je vous jure que vous allez me payer ça… Vous me la tenez ?…
Et elle a tapé… A grands coups lancés à toute volée… Qui claquaient… Qui rebondissaient… Qui s’inscrivaient sur ses fesses en rouge vif écarlate… Elle se débattait… Faisait tout ce qu’elle pouvait pour s’arracher… Insultait… Menaçait…
- Aïe !…
J’ai hurlé…
- Aïe !… Elle m’a mordue !… Cette folle m’a mordue…
A pleines dents… A pleine paume… Ca a saigné… Quatre petites goutelettes qui ont perlé… Qui ont rigolé jusqu’au poignet… Je me suis emparée des siens… Je les ai serrés à les étouffer… Et Madame Lambert a tapé plus fort… Beaucoup plus fort… Elle a perdu ses yeux dans les miens… Ils se sont embués… Ils ont chaviré…

lundi 9 mai 2011

Belle-soeur, beau-frère ( 18 )


- C’est lui… Le voilà… Avec le petit déj… Vas-y !…
Nue… Nue sur le lit… Couchée sur le ventre… La tête enfouie dans son bras replié… Les jambes légèrement entrouvertes…
- Eh bien vas-y !…
A voix basse…
- Vas-y !…
J’ai ouvert la porte, mis un doigt sur mes lèvres…
- Chuuut !… Elle dort…
Signe que oui.… Compris… Un bref regard… Un autre… Plus appuyé… Le plateau déposé délicatement au pied du lit… En se penchant… Plus en avant encore… En prenant tout son temps… Et puis demi-tour… A regret… La porte refermée… Ses pas se sont éloignés lentement dans le couloir…

Elle s’est redressée sur un coude, les yeux brillants…
- Alors ?!… Raconte !… Non !… Dis rien… Laisse-moi deviner plutôt… Il m’a pas quittée des yeux, hein !?… Et il avait cet air que vous prenez, vous, les hommes, quand vous avez l’occasion de nous voir et qu’on le sait pas… Que vous nous volez… Vous nous emmagasinez le plus possible… Le plus vite possible… Avant que ça s’arrête… De peur que ça s’arrête… C’est ça, hein ?… Je me trompe ?… Non… Bien sûr que non je me trompe pas…
- Et pourtant si !…
- Ah oui ?!… Comment ça ?!…
- C’était pas lui… C’était la serveuse…
- C’est pas vrai !… Oh, la honte !… Tu crois qu’elle a pensé que c’était fait exprès ?… Que je faisais semblant de dormir ?…
- Je sais pas ce qu’elle a pensé, mais ce que je sais c’est qu’elle a beaucoup apprécié… Et longuement savouré… Bon… Mais cela étant, reconnais avec moi qu’une Dorlandier se doit d’avoir un minimum de tenue… Qu’elle n’a pas à montrer délibérément son derrière comme ça au premier venu… Homme ou femme… Non, tu crois pas ?…
- Si…
- Alors tu sais ce qui t’attend ?…
- Maintenant ?…
- Bien sûr maintenant…
- Oui, mais… t’entends pas dans le couloir ?…
- Bien sûr que si que j’entends… Ce sont les femmes de ménage… Qui prennent leur service…
- Elles vont se rendre compte…
- Evidemment qu’elles vont se rendre compte…

- Comment elles ont rigolé !…
- De bon cœur… Ca oui… On peut pas dire…
- Combien elles étaient à ton avis ?…
- Je sais pas… Quatre ou cinq…
- Et juste derrière la porte, non ?!…
- Tant qu’à faire… Si elles voulaient en profiter…
- Et il y en a pas une qui m’a imitée à un moment ?… Qui m’a singée en train de crier ?…
- Pas une, non… Deux…

- Tu crois qu’elles s’y étaient postées exprès près de l’ascenseur ?… Exprès pour nous voir ?…
- Ca en avait tout l’air…
- Elles ont encore rigolé…
- J’ai vu, oui…
- Et dit quelque chose… Que j’ai pas compris…
- Moi non plus…
- En tout cas en bas elle lui avait raconté la serveuse au patron pour le petit déj… Parce qu’il avait la tête de celui qui sait des choses à l’intérieur et qu’en parlera pas… En attendant comment il doit s’en mordre les doigts de pas l’avoir apporté lui-même le plateau…
- Il y aura d’autres occasions…
- Ca, c’est sûr… On n’en a pas fini avec lui… Qu’est-ce qu’on s’amuse, hein, tu trouves pas ?!… En tout cas moi qu’est-ce que je m’amuse !… C’est depuis que je suis avec toi, ça !… Et depuis que les deux autres ils ont eu la lumineuse idée de débarrasser le plancher… Si seulement ils pouvaient y rester là-bas…
- Ca a tout l’air d’en prendre le chemin… Seulement…
- Seulement… Je sais ce que tu vas dire… Seulement ça va pas pouvoir durer éternellement comme ça… Eux là-bas et nous aussi… Il va bien falloir trouver une solution…
- Sauf que je vois pas laquelle… T’as ton boulot ici… Et moi le mien… T’irais faire le ménage et la cuisine à longueur d’année pour des copies conformes des Dorlandier, toi ?…
- Oui, ben alors là il y a pas de risque !…
- De toute façon ils nous le demanderont pas… Ils ont pas plus envie de nous voir débarquer « chez eux » que nous d’y aller…
- On va en sortir comment alors ?…
- Ca !…
- On verra bien… J’ai pas du tout envie de me prendre la tête avec ça maintenant…

jeudi 5 mai 2011

Escobarines: Au bureau ( 5 )




Mardi 3 Octobre

- Je suis désolée… Tout est de ma faute…
- Oui… Oh… Pas vraiment… Si elles n’avaient pas tant insisté pour que tu leur montres… Et de toute façon… je savais à quoi je devais m’attendre…
- T’avais pas le droit ?…
- Ca nous est formellement interdit de nous le faire les unes aux autres… Sauf, bien sûr, si c’est elle qui l’exige…
- Elle t’a gardée drôlement longtemps après…
- Oui… Et j’ai pas pu te ramener chez toi du coup…
- Oh, ça fait rien ça… Je me suis débrouillée… Qu’est-ce qu’elle te voulait ?…
- Me mettre au coin… Et m’y laisser… Elle a vraiment pas apprécié mon initiative… Ca partait pourtant d’une bonne intention…
- Et mon tour à moi ce sera quand alors ?…
- Oh, alors ça !… Maintenant qu’elle sait que tu n’y vois pas d’inconvénient majeur elle va te faire attendre… Un bon moment… C’est son plaisir à elle ça… Te laisser sur le gril le plus longtemps possible…


On a sonné… Neuf heures… Qui ça pouvait bien être ?… Sybille…
- Coucou… Je te dérange pas ?…
- Non… Bien sûr que non… Entre !…
- Oui… Je me suis dit : « Laisse-moi passer la voir… »… Parce qu’on est les plus jeunes toutes les deux… Et de loin… T’as quel âge au juste, toi ?…
- 21 le mois prochain…
- Et moi 27… La moitié tout juste de Clarisse… Non, mais t’as vu ce qu’elle s’est pris, elle ?… Ca j’en étais sûre… C’était couru que si elle s’en apercevait la Lambert de ce qu’elle t’avait fait ça allait tomber grave… Je sais pas, toi, mais moi j’adore ça en voir… Encore plus qu’en recevoir… Et surtout quand c’est Clarisse… Je peux pas te dire ce que ça me fait de penser qu’elle s’en ramasse des comme ça à l’âge qu’elle a… Et puis comment elle braille et qu’elle gigote !… C’est son truc à elle ça… On en parlait une fois toutes les quatre… Elle peut pas s’empêcher… Il y a que comme ça qu’elle… Alors qu’Emilie, elle, faut qu’elle se défende… Qu’elle résiste… Tant qu’elle peut… Tu verrais ça… Oh, mais tu verrras n’importe comment…
- Et Fabrizia ?…
- Fabrizia, elle, ce qui lui plaît par-dessus tout, c’est qu’on lui donne des ordres… Du ton le plus cassant et le plus méprisant possible… Qu’on s’impose à elle… Une personnalité forte… Qui l’oblige à filer droit… A en passer par tout ce qu’elle veut… Elles sont là les fessées elle les prend, mais il y en aurait pas que ça la dérangerait pas plus que ça… Elle s’en passerait… Et toi ?… Qu’est-ce qui te plaît dedans ?…
- Je sais pas trop… Pas encore… J’ai bien aimé quand elle me l’a donnée Clarisse, si, c’est vrai… Je peux pas dire le contraire… Ca me fait penser à plein de choses depuis… Qui partent dans tous les sens…
- T’en avais jamais eu avant ?…
- Jamais, non…
- Même pas par ton copain ?… T’en as un au moins de copain ?…
- Attitré, non…
- C’est pas plus mal des fois… Le mien, il m’en donne de temps en temps, mais juste comme ça… Parce qu’on n’arrive pas à être sérieux… Ca se termine toujours en grandes parties de rigolade… Par contre ce qu’il adore c’est quand il y en a eu une là-bas que je la lui raconte… Avec tous les détails… Tu verrais tout ce qu’il me pose comme questions !… Ca n’en finit pas… Et puis alors après !… Je peux te dire qu’il en est de la comédie… C’est toute la nuit souvent… Sur les genoux il me laisse… Mais bon ça c’est quelque chose je vais quand même pas m’en plaindre… Manquerait plus que ça… Parce que comment j’aime ça le sexe !… C’est de la folie… Pas toi ?…
- Si !… Si !… Bien sûr !… Evidemment !…
- Tu sais ce qui l’a le plus fait râler hier ?… C’est que comme j’avais pas assisté pour toi j’ai rien pu lui raconter… Moi aussi d’ailleurs ! J’étais verte… Parce qu’elle est chiée Clarisse quand même !… Elle aurait pu s’arranger pour te le faire devant nous… Surtout pour une première fois… Au moins devant moi… Elle le sait comment j’aime ça regarder, moi… Mais non !… Rien à foutre… De toute façon, elle, il y en a jamais eu que pour sa pomme… T’apprendras à la connaître, tu verras… En attendant c’en est une si forte que ça qu’elle t’a mise ?… Parce que d’après elle elle t’a soignée… C’est vrai ?…
- Ce que je peux dire, c’est que ça m’a chauffée… Et que ça me chauffe encore…
- Tant que ça ?… Tu montres ?… Oh oui, dis donc !… Hou là là !… Même Madame Lambert c’est rare qu’elle tape si fort… Ca arrive, mais c’est rare… Elle est complètement folle Clarisse… C’était un coup à t’en faire passer à tout jamais l’envie…
- Je l’ai pas arrêtée… Je devais l’arrêter si c’était trop…
- Eh ben dis donc !… Tu promets, toi !… Faut croire qu’elle a vraiment le flair Madame Lambert…

lundi 2 mai 2011

Belle-soeur, beau-frère ( 17 )


- Alors ?… Ca y est ?… T’as regagné la maison ?…
- Ca y est… Oui…
- Tu l’as mise où elle ?…
- Dans la chambre bleue…
- Elle a rien dit ?…
- Non… Pourquoi elle aurait dit quelque chose ?…
- Je sais pas… Elle a un tel esprit de contradiction… Il y a rien de spécial sinon ?… Paul arrête pas de me demander…
- Qu’est-ce que tu veux qu’il y ait ?…
- Quand on est loin comme ça – et vu la tournure que ça prend on l’est pour un sacré moment loin – on s’imagine tout un tas de choses… Tu sais comment il est en plus… A se faire toujours une montagne de tout… Elle sort le soir après le boulot ?…
- Ah, ça y est… Ca recommence…
- Si elle était pas ce qu’elle est, si elle nous donnait pas autant de raisons de nous inquiéter, ça recommencerait pas… Hein ?… Elle sort ?…
- Mais non… On mange… Une petite demi-heure de télé et dodo… Elle a un boulot crevant…
- Et le week end ?… Elle fait quoi le week end ?…
- Sa lessive… Son repassage… Elle m’accompagne aux courses… On va faire un tour… C’est vite passé…
- Ouais… Ouais… T’es sûr qu’elle te roule pas dans la farine au moins ?… Qu’elle arrive pas à te filer entre les doigts ?… Parce que te connaissant… on te fait bien gober tout ce qu’on veut… Bon… Mais tu relâches pas la surveillance, hein !… Et quoi qu’il se passe… tu me préviens… Mais tu me préviens moi… Pas un mot à Paul… Ca le tuerait…

- Je suis sous haute surveillance, dis donc !…
- Oui, ben ça c’est pas nouveau…
- Heureusement j’ai soudoyé le gardien…
- A son corps défendant…
- Ben voyons !… Tu sais que ça donnerait presque envie d’entrer dans le jeu à force tous ces soupçons sans arrêt ?… D’inventer quelque chose… N’importe quoi… Ils ont tellement besoin de croire que je mène une vie de débauche et de dépravation que… pourquoi pas leur donner un os à ronger ?…
- C’est ça…. C’est ça… Et sur qui ça retomberait ?… Sur moi… En direct… J’aurais pas fini d’en entendre… « - On peut rien te demander… Je te l’avais pourtant dit et répété qu’il fallait la surveiller comme le lait sur le feu… Je te l’avait pas dit ?… C’est quand même pas bien compliqué… Seulement t’es dans ton monde… Tu passes ta vie dans ton monde… Non… J’aurais bien mieux fait de ne compter que sur moi-même… Comme d’habitude… J’aurais eu tôt fait de te remettre ça dans le droit chemin, moi… J’en ai maté des beaucoup plus coriaces… »
- Elle peut toujours venir s’y essayer… Je l’attends… Et de pied ferme…
- Oui, ben pour le moment on n’en est pas là…
- Non… Non… J’aimerais bien des fois pourtant…

- Tu te rappelles où c’est que tu m’as donné ma première fessée ?…
- Evidemment que je me rappelle !… Comme si ça pouvait s’oublier…
- Ca te dirait pas qu’on y retourne ?…
- Je croyais que c’était hors de question… Que le patron…
- Oui, mais il y a eu Dorothée et Philibert dans l’intervalle… Je vois plus forcément les choses complètement pareil… Tu veux pas ?… T’as pas envie ?…
- T’as de ces questions…

Il s’est empressé à notre rencontre…
- Je vous redonne la même chambre… Ca tombe bien… Elle est libre…
Elle s’est penchée à mon oreille…
- C’est surtout pour lui que ça tombe bien…
- Vous y serez tranquilles…
Il nous a tendu la clef… Ses mains tremblaient…
- Si vous avez besoin de quoi que ce soit…

- Qu’est-ce qu’il fait, tu crois ?…
- Qu’est-ce que tu veux qu’il fasse ?… Il attend… Il attend que ça commence… Que je te mette la fessée… Ce qui ne saurait tarder d’ailleurs…
- Oh non, non… Ce serait pas drôle… On va le faire attendre encore… C’est beaucoup mieux… Même pour lui finalement…
- Et tu comptes le laisser sur le gril comme ça jusqu’à quand ?… Demain matin ?…
- Oh non… Non… Beaucoup plus que ça… Jusqu’à une prochaine fois… On reviendra bien, non ?…
- Tu es machiavélique…
- C’est pas parce que les gens ont envie de quelque chose qu’il faut systématiquement en passer par où ils veulent… On n’en finirait pas sinon…
- Il va pas fermer l’œil de la nuit… Des fois que…
- Ca, c’est son problème…
- Méchante !…
- Oh, pas tant que ça… Il aura droit à une petite compensation demain matin…
- Ah oui ?!… Quoi ?…
- Tu verras bien…

jeudi 28 avril 2011

Escobarines: Au bureau ( 4 )



Lundi 2 Octobre

Elles étaient déjà toutes au courant…
- Bon… Ben ça y est !… Reconnais que c’était pas la mer à boire…
- Maintenant que tu y as goûté tu pourras plus t’en passer, tu verras… C’est ce que ça nous a fait à toutes…
- Laissez-la parler !… Allez, raconte, toi !…
- Mais que je raconte quoi ?…
- Ben tout !… Qu’est-ce qui t’a décidée… Ce que ça t’a fait… Ce que t’as senti… Ce que t’as pensé…
- Une chose est sûre en tout cas, c’est qu’elle m’a pas demandé d’arrêter…
- T’as tapé fort ?…
- Pas mal, oui… De plus en plus… Même qu’à la fin… Vraiment fort…


On a fini par se mettre au travail…
- Oui… Parce que si elle arrive…
Mais elles ont continué à en parler… A vouloir savoir…
- Ca te brûle encore ?…
- Un peu…
- Et t’as marqué ?… T’as beaucoup marqué ?…
- Je sais pas…
- Comment ça tu sais pas ?!… T’as bien regardé quand même ?!… Tout le monde regarde… C’est obligé… Tout le monde… T’as forcément regardé…
C’est Fabrizia qui a fini par le demander…
- Tu fais voir ?…
- Mais oui !… Fais voir… On est entre nous…
- De toute façon un jour ou l’autre on le verra… Alors un peu plus tôt un peu plus tard…
Je ne me suis pas donné le ridicule de jouer les vierges effarouchées avec elles… J’ai dégrafé mon pantalon… Elles m’ont entourée… Je l’ai baissé… La culotte je n’ai pas eu le temps parce que…
- Qu’est-ce qui se passe ici ?…
Madame Lambert… Elles ont toutes regagné précipitamment leur place comme des gamines prises en faute tandis que je m’efforçais de remonter maladroitement mon pantalon en toute hâte…
- Attends !… Attends !…
Elle m’a prise par le bras, fait pivoter… Et elle a vu… Elle a vu parce que ça avait un peu débordé en-dessous de la culotte…
- Oh, mais c’est que tu t’en es pris une !… Et une bonne !… Qui c’est qui t’a fait ça ?… Hein ?!… Eh bien réponds !…
- C’est moi, Madame !…
- Clarisse… Vraiment… Et on peut savoir pourquoi ?…
- Pour qu’elle sache… Pour qu’elle se rende compte par elle-même de ce que…
- Votre rôle consistait à l’intégrer… A faire en sorte que cette jeune personne se plie de bonne grâce, en toute docilité, aux châtiments qu’elle pourrait mériter et qu’il s’avèrerait nécessaire de lui prodiguer… Vous n’aviez en aucun cas à vous arroger des prérogatives qui n’appartiennent – et qui ne doivent appartenir – qu’à moi…
- J’ai cru bien faire…
- Vous n’avez pas à croire ou à ne pas croire… Vous avez à vous en tenir strictement à ce qui vous est demandé… Et, en cas de doute, à venir m’interroger sur la conduite à tenir… Est-ce bien clair ?…
- Oui, Madame…
- Et cela le sera sans doute davantage encore d’ici quelques instants…
- Oh, Madame, s’il vous plaît…
- Oui ?…
- Non… Rien… Pardonnez-moi…
- A la bonne heure… Et maintenant vous savez ce qui vous reste à faire…


Clarisse s’est dirigée sans un mot vers le petit renfoncement près de la photocopieuse… Elle a baissé pantalon et culotte… Elle s’est penchée, appuyée des deux coudes… Et elle a attendu… Madame Lambert a pris tout son temps… Elle est passée, repassée derrière elle… A pas lents… En faisant claquer ses talons…
- Vous en prenez très à votre aise, Madame Dubois… De plus en plus à votre aise… Vous en êtes certes la doyenne, mais vous n’avez, dans ce bureau, ni plus ni moins de pouvoir qu’une autre… Je suis au regret d’avoir à vous le rappeler… Ce que vous mériteriez, pour vous faire passer l’envie de vous prendre pour ce que vous n’êtes pas, c’est que je demande à votre jeune collègue de vous rendre la monnaie de votre pièce… Mais sans doute ne s’acquitterait-elle pas de cette tâche avec toute la conviction voulue : elle est encore trop tendre et d’arrivée trop récente parmi nous… Son tour viendra… N’en doutez pas… C’est donc moi qui, cette fois encore, officierai… Tâchez d’éviter de vous donner en spectacle comme vous en avez la si fâcheuse habitude… D’autant que cela ne vous serait absolument d’aucune utilité… Au contraire… Je ne m’en montrerais que plus déterminée à faire preuve à votre égard de la plus extrême sévérité…