lundi 16 septembre 2013

Le Centre ( 37 )



Tu vas te lasser ? C’est quoi, ça ? Des menaces ? Je te conseille de prendre un profil bas, ma petite… Si tu veux pas que moi, je prenne les mesures qui s’imposent… D’autant que ta dernière histoire n’était pas au niveau des précédentes, loin s’en faut… Alors redresse la barre… Et vite…

Excuse-moi, Valentine… S’il te plaît, excuse-moi…

Sans arrêt il remettait ça sur le tapis Marco…
– C’est dehors qu’il faudra que je t’en flanque une un jour de fessée…
– Dehors ? Non, mais ça va pas, Marco ! T’es vraiment pas bien par moments, hein !
– Oh, mais quoi ! Ce sera pas en plein centre ville non plus…
– J’me doute… Mais quand même ! Quand même !
– T’imagines la montée d’adrénaline ? T’aimerais, j’suis sûr…
– Ben voyons ! Et puis quoi encore ?

– Tu vois bien qu’il y a personne…
C’était dans le grand parc derrière la mairie…
Il y avait personne, non… Mais quelqu’un pouvait arriver…
– Qui tu veux ? Et puis on est cachés par les arbres n’importe comment…
J’ai fini par céder…
– Oui, mais alors pas longtemps, hein, Marco… Tu fais vite… Tu me promets…
– Mais oui !

– Eh ben dis donc ! Pour quelqu’un qui voulait pas…
Fallait reconnaître…
– C’est génial, avoue !
Ça l’était… Jamais j’aurais cru… Pas autant… Pas à ce point-là…
– Ça te met dans un état !

Et on a recommencé…
– Il y avait quelqu’un…
– Mais non !
– Je crois bien, si ! Il m’a semblé…
Il a haussé les épaules…
– Ça finira bien par arriver… Forcément…

Mais je voulais pas ! Ce qu’était génial, quand il me le faisait, c’était l’idée que ça pouvait arriver, mais si ça arrivait vraiment... mais je mourrais de honte, moi !
– T’en sais rien ! Peut-être que tu te prendrais un de ces pieds au contraire…
– Mais oui ! C’est ça ! C’est ça !
– On verra…
– Oui, ben alors là j’espère bien que non…

J’aurais dû… Il aurait fallu… Tout arrêter… Une bonne fois pour toutes… Parce qu’évidemment que ça allait arriver… Un jour ou l’autre… Forcément…  Mais c’était plus fort que moi… Parce qu’il aimait… Mais – surtout – parce que j’aimais…

– Il y a quelqu’un… Cette fois il y a vraiment quelqu’un… Tu diras pas le contraire…
Il y avait… Deux femmes… Masquées jusqu’à la base du nez…


Marco a laissé retomber ma jupe… J’ai remonté ma culotte… Tant bien que mal… Elles se sont approchées…
– On s’amuse bien ici, on dirait…
– Viens, Marco, viens ! On s’en va…
– Pas si vite, ma belle ! Nous aussi, on a envie de jouer…
Et elle a fait claquer en l’air le fouet qu’elle tenait à la main…
– T’aurais jamais dû la remonter ta culotte…
– Oh, mais elle va la rebaisser…
– Mais vous êtes qui ?
– Ça t’intrigue, ça, hein ?!
– Tu nous remets pas ?
– Non…
– C’est peut-être que tu nous connais pas…
– Ou bien alors tu nous connais très bien au contraire…
– Et si on allait raconter ce qu’on vient de voir à qui de droit…
– Documents à l’appui…
– Oh, alors là ! Mais alors là !
– Nous, à ta place, on prendrait pas le risque…
– Non… On se redéculotterait bien gentiment plutôt…
– Sans faire d’histoires…
– Parce qu’on tient toujours nos promesses…
– Ah, ben voilà ! Je savais bien qu’elle allait se montrer raisonnable…

jeudi 12 septembre 2013

La passion de Madame la Directrice ( 3 )



– J’ai reçu un MP… D’elle…
– C’était couru… Je lui ai dit qu’on correspondait tous les deux… Alors forcément elle allait t’en envoyer un… En tout cas elle s’est bien gardée de m’en parler… On ferait ses petits coups en douce, Madame Boudet ? Bon, mais vas-y ! Lis-moi ça !
– « Oteka, bonjour ! Je viens seulement de réaliser… Votre pseudo… Je viens seulement de réaliser que c’est tout simplement la translation d’OTK… Une des positions… Non… LA position que je préfère quand il s’agit d’offrir mes fesses à une main habile et vigoureuse qui va s’employer à les réchauffer… En attendant vous savez que vous êtes très agaçant ? Si, si ! Parce que, dans vos posts sur le forum, vous procédez systématiquement par allusions, voire même par semi allusions… Vous laissez entendre, mais vous ne dites jamais… Et c’est  terriblement frustrant… C’est quoi ces expériences qui ont eu tellement compté pour vous… On a envie de savoir… Moi, en tout cas, j’ai envie de savoir… Et ce ne serait que justice… Parce que je raconte… Je raconte… Tout… Ou presque… Sans qu’en échange, de votre côté… Allez, un petit effort, quoi ! Martina… »
– Tu parles qu’elle raconte… Elle invente, oui… Bon, mais en attendant le poisson est en train de mordre… T’as répondu ?
– Non… J’attendais d’avoir ton avis…
– Faut répondre… Faut absolument répondre… Et sans tarder…
– Et je dis quoi ?
– Ce qu’elle a envie d’entendre… Raconte-lui un truc… Tu vas bien trouver…



– Ça y est !
– Déjà ! T’as pas perdu de temps, dis donc ! Eh ben vas-y ! Je t’écoute…
– « Martina, bonsoir ! À un courrier comme le vôtre il n’y a guère d’autre réponse à apporter, en tout cas dans un premier temps, que de vous faire l’un de ces récits que vous réclamez à cor et à cri… Alors voilà… Je venais d’être embauché – j’avais tout juste vingt ans – chez un cuisiniste… Mon rôle consistait à accueillir la clientèle et à lui « faire l’article »… La secrétaire – une blonde d’une cinquantaine d’années, très coquette, qui tapait devis et factures dans le bureau voisin – avait supervisé au début et rassuré le patron : je m’en tirais fort bien… Il pouvait donc se consacrer exclusivement aux chantiers… Ce qu’il faisait… Et on ne le voyait réapparaître au magasin que sur le coup de cinq heures pour s’informer des ventes qui avaient été réalisées, des commandes qui avaient été passées et des coups de téléphone qui avaient été reçus… La secrétaire, lui faisait un compte-rendu extrêmement détaillé qu’il ponctuait de petits grognements d’approbation… « C’est tout ? » C’était tout, oui… « Et Bérard, Magali ? Vous avez encore oublié d’appeler Bérard… » « Oh, bon sang, oui… » « Et le devis pour Marivier ? Ça aussi, vous avez zappé… C’est pas faute, pourtant, de vous l’avoir rappelé… » « Je suis désolée… » « Il y a des fessées qui se perdent… Ça fait un moment que je vous le répète, Magali, mais il y a vraiment des fessées qui se perdent… » Elle baissait les yeux, rougissait, souriait d’un air mi-contrit mi-amusé… « Vous étonnez pas si ça finit par vous arriver… À force de faire… » Elle me jetait un rapide regard par en-dessous… Détournait la tête… Et le lendemain soir à nouveau… »
– Ça va lui plaire… Alors là je peux te dire que ça va lui plaire…
– « Ça avait eu lieu… Je l’ai compris un matin que j’étais en avance… Ils ne m’avaient pas entendu arriver… « Faut croire que ça vous a pas suffi, Magali… Que vous tenez absolument à ce qu’on en remette une couche ce soir… » Elle a ri… D’un rire haut perché… A mollement protesté… Je me suis discrètement éclipsé pour ne faire ma réapparition qu’une dizaine de minutes plus tard… J’ai passé ma journée à l’observer… Du coin de l’œil… Elle en avait pris une… Ça faisait pas l’ombre d’un doute : chaque fois qu’elle s’asseyait, c’était du bout des fesses, avec une petite grimace… Il l’avait menacée de recommencer… Est-ce qu’il allait le faire ? Pour rien au monde je n’aurais voulu manquer ça… Alors ce soir-là… J’ai quitté le magasin le premier, comme je le faisais d’habitude pour me rendre, à pied, jusqu’à l’arrêt d’autocar, mais, très vite, je suis revenu sur mes pas… La fenêtre du bureau donnait, à l’arrière, sur un minuscule bout de terrain bordé par une haie derrière laquelle je me suis dissimulé… Et j’ai attendu… En vain… Ils ont parlé… Ouvert des tiroirs… Déplacé des dossiers… Ont finalement éteint la lumière et quitté les lieux… De fessée point… Je n’allais pas me décourager pour autant… Chaque soir, obstinément, je venais reprendre mon poste d’observation… Pour rien… J’allais renoncer quand enfin, un soir, ma patience fut récompensée… J’espère ne pas avoir lassé la vôtre, mais je tombe littéralement de sommeil… Alors, si vous le voulez bien, je reprendrai demain le cours de ce récit… Et je vous souhaite une excellente nuit… OTEKA »
– Génial ! Absolument génial de la faire mariner comme ça… On va y arriver… Je suis sûre qu’on va y arriver…

lundi 9 septembre 2013

Le Centre ( 36 )



Je ne dis plus rien, Valentine…  Je ne dis plus rien… Mais je continue… Je continue à écrire… Chaque jour… Pour toi… Tu pourras pas dire que j’y mets de la mauvaise volonté… Je continue… Jusqu’à ce que… C’est peut-être moi qui vais me lasser à force…


– T’as vu l’heure ?
– Oui, Mathieu, oui, je sais…
– Et on peut savoir où t’étais ?
– Je t’ai jamais menti, Mathieu… Jamais…
– Ce qui veut dire ?
– Il était beau, mais beau ! N’importe qui à ma place…
– Je vois… Et tu l’as rencontré où cet éphèbe ?
– Au palladium…
– Qu’est-ce que tu pouvais bien fabriquer au palladium ?
– C’est parce que… Je t’aime, Mathieu, tu sais bien… Je t’aime… Mais il y a des fois…
– Où t’as besoin d’autre chose, oui, je sais… Alors comme ça t’as recommencé…
– C’est pas ma faute… Il était trop beau… Non, mais t’aurais vu comment il était beau !
– Et donc ?
– Ça l’a fait…
– C’est-à-dire ? Il est venu te brancher ?
– Pas vraiment, non… C’est moi… J’y suis allée…
– Ah, ben bravo ! Bravo… De mieux en mieux… Et pour lui dire quoi ?
– Que j’avais envie de lui…
– Carrément… Et alors ?
– Il m’a regardée… d’une façon, mais alors là d’une façon ! Il a pas parlé… Il s’est levé… Tout doucement… Tout doucement… Il m’a prise par la main… Il m’a emmenée… À l’hôtel juste en face… Et là, il m’a déshabillée… Tout… Il a mis un temps pour faire ça, mais un temps ! Plus de deux heures… En me couvrant, en même temps, de petits baisers partout… Et c’était comme si j’étais remontée au bord de ma peau… Tout entière à vif… Jamais j’avais ressenti ça… Avec personne… Et après… Alors là après… Un vrai feu d’artifice…
– Combien de fois ? Toi ? Combien de fois t’as joui ?
– Je sais pas, Mathieu… Je sais plus… J’ai pas compté…
– Combien de fois, Vanessa ?
– Quatre… Et puis une pas tout-à-fait à la fin…
– Rien que ça ! Bon, mais tu sais ce qu’on avait dit ? Que si tu recommençais…
– Je serais punie, oui…
– Tu le savais…
– Je le savais…
– Et tu l’as fait quand même…
– J’ai mérité, oui, Mathieu, j’ai mérité… Vas-y ! Mais fort, hein ! J’ai mérité…

– Regarde-moi !
– Oui, Mathieu, oui, je te regarde… Je t’aime… Fais-moi l’amour ! S’il te plaît ! Fais-moi l’amour… Maintenant, là… J’ai envie… Tellement…

– C’était bon ?
– Oh, oui alors ! Oui…
– Meilleur que les autres fois ?
– Différent… Mais bien… Bien… Intense… Très…
– Et c’était vrai ? Ce type au palladium ? C’était vrai ?
– Bien sûr que non, Mathieu, enfin ! Bien sûr que non ! Enfin si ! Il existe… Et il est beau… Mais il y a rien eu… Je te jure qu’il y a rien eu…
– Et t’aurais aimé ? T’aimerais qu’il y ait quelque chose ?
– Je sais pas, Mathieu… Non… Je crois pas… Si ! Sûrement… Peut-être… Je sais pas…
– Bien sûr que t’aimerais… Que t’aimeras… T’imagines la fessée que tu recevrais après…
– Tais-toi, Mathieu, tais-toi !
– La fessée que tu recevras après…  

jeudi 5 septembre 2013

La passion de la directrice ( 2 )

– Camille ? C’est moi, Baptiste… Tu m’avais dit de t’appeler quand je m’inscrirais… Alors voilà j’y suis…
– Oui… T’as mis quoi comme région ?
– Rien encore… Je t’attendais…
– Mets pas Périgord, hein, surtout ! Jamais elle entrera en contact avec quelqu’un du coin… Dans sa position c’est beaucoup trop risqué…
– Je mets quoi alors ?
– Fais comme elle… Ile-de-France… C’est anonyme là-bas… Il y a tellement de monde… Et pour l’âge indique pas le vrai ! Que ce soit dans sa tranche à elle… Aux alentours de la cinquantaine… Par là… Il y aura pas mèche sinon… Reste la présentation…
– Oui… Alors ça !
– Faut faire le plus simple possible… Dire que ça t’a toujours passionné, mais surtout pas que tu cherches des rencontres… D’entrée de jeu, comme ça, ce serait dissuasif… Par contre laisse quand même entendre que tu as un tant soit peu d’expérience… Ça le fera pas non plus sinon…
– C’est bien compliqué…
– Mais non ! Laisse en blanc pour le moment… Je m’en occuperai si tu y arrives pas…
– Et après ? Une fois que ce sera rempli tout ça je fais quoi ? Je la contacte en MP ?
– Oh, la la, non, malheureux ! Une femme c’est des dizaines de messages qu’elle reçoit en MP… De types pressés et généralement pas très malins… Si t’attaques comme ça, à peine arrivé, tu te grilles direct… Non… Reste consciencieusement en public… Piste-la sur les différents fils… Réponds à ses messages… Et attends… Laisse venir… Ça se décantera tout seul…



– J’arrive pas à y croire… T’es vraiment sûre que c’est elle Martina ?
– À 100%...
– C’est complètement fou… Je la regardais encore ce matin en remettant les trucs en rayon et je me disais que peut-être là-dessous si ça tombe il y en avait une toute neuve d’hier soir…
– Peut-être… C’est pas impossible…
– Et tu te rends compte ? La directrice… Non, mais qui c’est qu’irait penser un truc pareil ? Elle qu’est si… Qu’à peine tu oses lui adresser la parole…
– C’est peut-être pour ça justement… Ça rétablit l’équilibre…
– J’ai lu ce qu’elle a écrit sur le forum… Tout… Ben dis donc ! Elle en a reçu un sacré paquet de fessées… Et par tout un tas de types…
– Oui, ben alors là détrompe-toi ! Elle en a jamais reçu… À part celles qu’elle se donne à elle-même… Et ça, par contre, apparemment c’est très souvent…
– Mais alors ce qu’elle raconte…
– C’est tout inventé… Fantasme, fantasme et encore fantasme…
– Mais comment tu sais ça ?
– C’est pas d’hier que je dialogue avec elle en MP… Ça fait des semaines… Dès que j’ai eu découvert le pot-aux-roses j’ai couru m’inscrire… Si elle savait que la Herberte à qui elle fait si complaisamment ses confidences n’est autre que la petite vendeuse qu’elle vient de flanquer à la porte comme une malpropre !
– Oui, mais alors si ça l’intéresse pas de s’en prendre vraiment des fessées… si elle préfère inventer… à quoi je vais servir, moi, là-dedans ?
– Oh, que si ça l’intéresse ! Si ! Seulement elle hésite à sauter le pas… Pour des tas de raisons… Peur de tomber sur un sauvage… Peur d’être déçue… Peur de se voir telle qu’elle est aussi… Du coup elle se rabat sur des fantasmes, mais je peux te dire que le jour où elle se sentira vraiment en confiance avec un mec alors là… Ce jour-là… Il faut que ce soit toi… Il faut absolument que ce soit toi… Ce sera toi…



– Ça va les trucs que j’ai mis sur le forum ?
– Impeccable… Tu me surprends même… Parce qu’entrer dans la peau d’un type qu’a le double de ton âge, c’est pas forcément évident… C’est de la corde raide… Tu t’en sors très bien, moi, j’trouve…
– Franchement ça me plaît bien cette histoire… Et puis alors la perspective de flanquer une fessée à la mère Boudet ! J’en ai rêvé cette nuit… Tu crois qu’on y arrivera ?
– Il y a pas de raison… Si on s’y prend bien il y a pas de raison…
– Sauf que quand elle va s’apercevoir que c’est moi elle va se défiler, non ?

– Elle pourra pas… Elle sera prise au piège… Si elle veut que tu te taises…