jeudi 15 avril 2010

Escobarines: La servante ( 1 )





- Ca fait combien de temps qu’on dialogue sur MSN toutes les deux ?… Quinze mois… Ca fait quinze mois que tu me répètes, sur tous les tons, que tu aspires à recevoir une vraie fessée, une qui fait mal, devant témoins… Que tu ne penses qu’à ça… Seulement maintenant que c’est possible, et pratiquement sans aucun risque, tu recules, tu tergiverses, tu sais pas quoi inventer pour te défiler… C’est ton droit… Tu fais ce que tu veux… Mais c’est aussi le mien que de vouloir en rester là… Et de ne pas avoir envie d’alimenter des fantasmes stériles qui ne débouchent jamais sur le moindre commencement de début de réalisation…

- Mais non !… Mais si, je veux bien !… Seulement s’il y avait quelqu’un que je connais !… On sait jamais après tout…
- On habite à 800 kms l’une de l’autre… Alors la probabilité pour que ça se produise…
- Mais il y aura que des femmes au moins ?!… Hein, tu me promets ?…
- Un enterrement de vie de jeune fille il y a pas d’hommes… Jamais…
- Et je ferai quoi, moi, là-dedans ?… J’aurai quoi à faire ?…
- Le service… Je te l’ai déjà dit… C’est bien ça que tu voulais, non ?… Et qu’on se moque de toi… Mais de ce côté-là je peux te dire qu’il y en a deux ou trois qui sont redoutables. Elles ne te louperont pas…
- Bon, alors je vais venir… Oui, je vais venir…

- Ca fait drôlement de bruit !… Il y en a beaucoup…
- Une bonne trentaine… Presque quarante…
- Et comment ça rigole !…
- Tu voudrais quand même pas qu’elles pleurent dans une circonstance pareille !…
- Elles ont l’air drôlement énervées en plus !…
- Après la remontée des boulevards qu’on vient de faire il y a de quoi !… Bon, mais va leur servir à boire plutôt que de rester là à bavarder. Elles doivent être complètement déshydratées…

- Ah !… Enfin !… Ben c’est pas trop tôt !… Champagne pour moi… Mais t’es qui, toi, au juste ?… La nouvelle bonne, c’est ça ?… Tu sors d’où ?… On t’a jamais vue ici… En tout cas t’es pas très causante… C’est le moins qu’on puisse dire…
- Et nous !… Et nous !… Pas tout pour les mêmes !… Nous aussi on a soif !…

- Qu’est-ce qu’elles boivent !… Ca fait au moins dix fois que je les leur remplis les verres…
- En quoi ça te regarde ?… C’est pas toi qui paies… Bon, mais si on passait aux choses sérieuses maintenant plutôt ?!… Tiens, attrape-moi la pile d’assiettes là-haut… Elles sont moches… Elles sont vieilles… J’en peux plus de les voir… Pose-les sur le plateau… Et lève-le !… Plus haut !… Encore… Qu’elles entendent bien… Là… Vas-y !… Lâche !… Eh bien lâche !…

Un grand fracas de vaisselle cassée. Un hurlement. Le silence à côté… Que quelqu’un a rompu en applaudissant à tout rompre…
- Tu peux pas faire attention, non ?!… Espèce de petite maladroite !… Un service auquel je tenais comme à la prunelle de mes yeux… Que ma grand tante Sidonie m’avait rapporté du Laos… Ah ben oui, tu peux t’excuser, oui !… Tu vas me payer ça, ma petite !… Je te jure que tu vas me payer ça !… Cher… Très cher… Viens ici !… Allez !… Tu écoutes quand on te parle, oui ?… Là… Je vais t’en coller une que tu m’en diras des nouvelles… Que tu feras attention à l’avenir… Et à cul nu tu vas la prendre… A cul nu…
Il y en a trois qui se sont avancées jusque sur le pas de la porte…
- Enlève ta main !… J’ai dit : enlève ta main !… Oh, et puis arrête de brailler… Je t’ai à peine touchée… Attends que j’aie vraiment commencé à taper… Là au moins tu gueuleras pour quelque chose…

- Pour gueuler elle a gueulé… Elle a pas fait semblant…
D’autres s’étaient approchées. Regardaient par dessus les épaules avec de petits sourires ironiques et ravis…
- Oh oui, ça on peut pas dire… Elle a chanté…
- Pas seulement chanté… Elle a dansé aussi…
- Et elle y a mis tout son cœur… Comment elle se démenait !…
- En tout cas elle a pris des couleurs…
- Qui lui vont drôlement bien…

Elles sont retournées à côté. Il y en a une qui s’est égosillée en grands « Aïe » et en grands « Ouille » provoquant d’interminables éclats de rire...
- C’est bon la honte, hein ?!… Non ?…
- Si…
- Oh, mais c’est pas fini !… Parce que tu vas retourner les servir… Et maladroite comme tu es tu es bien fichue de t’étaler de tout long avec le plateau… Et c’est ce qui va se passer… Hein, que c’est ce qui va se passer ?…
- Oui…
- Et je serai encore obligée de te punir… Devant tout le monde… Allez, va vite !… Elles attendent… Elles ont soif…

lundi 12 avril 2010

Colocataires2 ( 10 )

- Il y en a qui viennent sur le blog où vous m’avez mis ?…
- Il y en a, oui… Mais ne t’inquiète pas : ils sont triés sur le volet… Et ils habitent suffisamment loin pour que le risque qu’ils te reconnaissent soit quasiment nul…
- Oh, mais je m’inquiète pas… Et ils disent quelque chose ?… Ils disent quoi ?…
- Viens lire toi-même… Ce sera plus simple…
- Ouais… Ouais… Et ils le pensent vraiment, vous croyez ?
- Pourquoi ils le penseraient pas ?…
- Parce que… Parce que en général quand ils te font des compliments les types c’est qu’ils ont une idée derrière la tête… Toujours la même… C’est jamais désintéressé…
- Dans le cas présent ça l’est forcément désintéressé… A part des mots, en réponse à leurs commentaires, ils peuvent pas espérer grand chose de toi…
- Oui, mais quand même !… Quand même !… J’arrive pas à y croire que ce soit vraiment sincère… On m’a déjà tellement fait le coup… Et puis je vois vraiment pas ce qu’on peut me trouver de plus que les autres…
- Alors finalement ça te fait pas plaisir ?!… Qu’on te trouve belle… Qu’on te désire… Qu’on te le dise… Ca te laisse complètement indifférente ?…
- Bien sûr que non !… Il y a aucune femme qui peut rester insensible à ça si elle est honnête avec elle-même, mais en même temps ça te rend pas forcément fière… Tu te dis que tu fais ton allumeuse… Et c’est pas forcément bien vu ça !…
- Oui, oh, tu sais, l’opinion des gens…
- Non, mais ce que je veux dire c’est que c’est pas forcément bien vu par toi-même… A l’intérieur…

- Oh non, non… Pas tous les soirs quand même !… Je finirais par saturer, moi, à force… Ca commence déjà… Parce que faut bien reconnaître que c’est toujours pareil… Les mecs changent, oui… Mais pas leur façon de faire… Ni l’excellente opinion qu’ils ont toujours d’eux-mêmes… T’en as neuf sur dix qui sont convaincus d’être les meilleurs amants du monde… Quant à celui qui reste en général il est tellement nul qu’on voit pas comment il pourrait ne pas s’en apercevoir… T’es un malin, toi, finalement, hein ?!… Parce que comme tu couches pas on peut pas savoir… On peut s’imaginer à peu près tout ce qu’on veut… Faudra que je demande à Mélissa comment tu t’y prends… Ca se fait souvent ça entre filles… Si tu savais tout ce qu’on se raconte !… Sauf que là Mélissa elle me répondra pas… Ou plutôt si !… Elle me dira que c’est merveilleux et tout et tout… D’abord parce qu’elle te porte aux nues… Et ensuite parce que si c’est le cas elle aura pas du tout envie qu’on sache qu’elle prend pas son pied… Bon, mais en attendant, je reste là, moi, ce soir… A discuter avec toi… J’ai quand même le droit de souffler un peu, non ?…
- Et Peter ?…
- Oh, Peter !… Il s’en fout Peter… Que je sois là ou ailleurs !… En principe je suis censée être en train de me faire sauter… Pour lui faire plaisir… Parce qu’il adore ça savoir sa femme dans les bras d’un autre… Mais il posera pas de questions… Il en pose plus… Quand je pense à l’importance qu’il y attachait au début !… Il voulait tout savoir… Tout !… Jusqu’au moindre détail… Ca lui est complètement passé… A peine s’il me demande deux ou trois trucs maintenant… Et encore pas toujours… T’as l’impression que c’est plus par politesse qu’autre chose… En fait ce qu’il voulait c’est que je le fasse… C’est l’idée qui l’excitait… Plus qu’autre chose… Et c’est con… C’est con parce qu’en étant complices à fond il y en a plein des trucs qu’on aurait pu faire…
- Quoi, par exemple ?…
- Qu’il me choisisse un mec, lui… Qu’il me l’offre… Sur un plateau… Bon, mais ça, c’est toi qui me l’offriras… T’as promis l’autre jour…
- J’ai rien promis du tout…
- Non, mais tu le feras quand même… Même que t’as déjà commencé à chercher… Pour me faire plaisir… Je te connais depuis le temps…

Elle a soupiré. S’est tournée. Retournée. Longtemps. S’est finalement silencieusement levée. Dirigée vers la salle de bains . Enfermée. A l’intérieur, de l’autre côté de la cloison, elle a respiré plus vite. Haleté. Ca s’est emballé. Un gémissement. Un autre. Un cri étouffé. C’était fini…

- Tu dors pas ?… Non, tu dors pas… Tu m’as entendue alors ?… Oui… Evidemment que tu m’as entendue… Tu sais ce qui m’a donné envie ?… L’idée du type que tu vas m’amener un jour… Tu peux pas savoir dans quel état ça me met… Il y a des moments où je voudrais que ce soit tout de suite… Qu’il soit là derrière la porte… Et d’autres où je voudrais que ça dure au contraire, mais que ça dure !… Pour pouvoir y penser longtemps… L’imaginer à l’avance… Et toi, tu te l’es fait aussi du coup alors ?… Non ?… Alors ça ça m’étonnerait… Fais voir !… Laisse-moi toucher… Non… T’as pas dû le faire… Non… Pourquoi ?… Je t’ai pas donné envie ?…
- Si !… Oh, si !… Mais j’aurais moins bien profité de toi… Je me serais parasité… C’est mieux de se le faire après… En y repensant… En savourant…
- T’es un sacré pervers, toi, finalement dans ton genre… Le pire que j’aie jamais connu… Et tout ça rien qu’en écoutant… Ben qu’est-ce que ça serait si tu pouvais regarder !…

jeudi 8 avril 2010

Escobarines: Hou... La menteuse... heu...





- Bonjour… Excusez-moi de vous déranger… Mais vous vous y connaissez en informatique à ce que mon mari m’a dit…
- Il paraît, oui…
- Ca vous ennuierait de venir jeter un œil ?… Parce que je suis en rade… Mon écran s’est bloqué sur un truc, je peux plus rien faire et j’ai absolument besoin d’aller sur Internet…

- Voilà… Le malheur est réparé… C’était pas grand chose… Mais faudrait aussi penser à défragmenter de temps en temps… Et à effacer les fichiers temporaires… L’historique aussi… Parce que si quelqu’un vient sur votre ordi il peut voir tous les sites que vous avez visités…
- On peut ?… C’est vrai ?… Oh la la !… Mais faut effacer… Vite… Comment on fait ?…
- Outils… Options Internet… Supprimer… Voilà… Comme apparemment c’est la première fois il va y en avoir pour un petit moment…
- Et plus personne pourra savoir… Vous êtes sûr ?…
- Certain… Il vaut mieux, hein ?!… Parce que vous avez des intérêts très… ciblés…
- Oui… Oh , non… C’est à dire… C’est pas pour moi… C’est pour une amie… Qui en a entendu parler… Elle voulait savoir ce que c’était… Et comme je lui avais promis… Mais vous en parlez pas à mon mari, hein, surtout, quand vous le verrez… Déjà qu’il a très mauvaise opinion d’elle… Ce serait le bouquet !…
- Mauvaise opinion ?!… A cause de la fessée ?… Il y a vraiment pas de quoi…

- Vous pourriez pas me dépanner de quelques pommes de terre ?… Je sais pas comment je me suis débrouillé… Je me suis laissé totalement démunir…
- Oh si, si !… Bien sûr… Là, c’est bon ?… Vous en aurez assez ?…
- Largement… Merci… Et votre amie ?… Elle a trouvé ?…
- Trouvé ?… Trouvé quoi ?…
- A assouvir sa passion…
- Ah… Oh, je sais pas… Je crois pas… Je crois pas que ce soit vraiment son but… Elle voulait se renseigner… Savoir de quoi il retourne…
- Oui… En somme c’est juste une fantasmeuse… Qui s’enfuit à toutes jambes dès qu’il s’agit d’affronter la réalité en face…
- Oh non, non !… Elle est pas comme ça… Non…

- Bon, mais alors finalement elle cherche ou pas ?…
- Un peu, oui, quand même…
- Et elle s’y prend comment ?…
- Elle discute… Ici ou là… Sur des sites… Des forums…
- Et elle a encore trouvé personne ?…
- Oh si, si !… Les types qui sont prêts à… C’est pas ça qui manque… Seulement…
- Seulement il y en a encore aucun qui lui ait inspiré suffisamment confiance… Et au moment de sauter le pas elle a toujours reculé…
- Voilà, oui…
- Peut-être qu’elle va chercher très loin ce qu’elle a à portée de main ?…
- Peut-être…

- C’est quoi qui l’attire alors dans la fessée ?… Vous savez ?…
- Ca, c’est à elle qu’il faudrait le demander…
- Parce que vous en avez jamais parlé toutes les deux ?…
- Un peu, si… mais pas tellement… Presque pas…
- Et ?
- Ca dépend… Plein de choses en fait… Mais surtout ce qu’elle aimerait – à ce qu’elle dit – c’est être traitée comme une gamine infernale… Qu’on punit comme elle le mérite quand elle le mérite… En lui faisant tout un tas de reproches qu’elle écouterait tête basse en rougissant… Et sa punition elle serait obligée d’aller la chercher elle-même jusqu’au bureau… De frapper à la porte… En coupable… Il ne répondrait pas tout de suite… Il la ferait attendre… Et il aurait une voix, mais une voix !… Comment elle la ferait trembler sa voix !… Et pour la circonstance elle porterait – c’est lui qui l’aurait exigé – un pyjama tout d’une pièce, dont l’arrière aurait été découpé et rabattu pour que seules les fesses soient à découvert… Elle y tient beaucoup… Vous savez qu’elle l’a déjà dans son armoire ?… Tout en dessous… Elle me l’a montré… Pour le cas où… Pour le jour où…

- Et vous ?
- Moi ?… Quoi, moi ?…
- Elle vous attire la fessée ?…
- Oh, non, non !… Alors là !… Non… C’est vraiment la dernière des choses qu’il me viendrait à l’idée de…
- Et menteuse en plus !… Vous savez que c’est pas beau du tout ?!… Regardez-moi !… Et que vous mériteriez d’être punie pour ça ?… Vous allez l’être d’ailleurs… Chez moi… Dans mon bureau… Où je vais de ce pas aller vous attendre… Et où vous vous présenterez vêtue du pyjama « aménagé » qui dort dans votre armoire… A tout de suite…

Toc… toc…

lundi 5 avril 2010

Colocataires2 ( 9 )

- Hein ?!… Mais c’est nul !… On voit pas ma tête… Pourquoi on voit pas ma tête ?… C’est vous qui l’avez cachée ?… Oui ?… Pourquoi vous avez fait ça ?…
- Parce que… N’importe qui se promène sur Internet… Tu imagines si quelqu’un d’ici arrivait dessus par hasard et te reconnaissait ?…
- Oh, quand même !… Ce serait vraiment pas de chance… Avec le nombre qu’il y en a des blogs…
- Oui, mais ça peut arriver… C’est déjà arrivé… Ca arrivera encore…
- Je serais pas la première fille qu’ils verraient à poil sur Internet…
- Non… Mais la première de leur entourage immédiat… Ils te côtoient au quotidien… Ils te croisent… Ils te parlent… Tu es la fille de… Tu connais la mentalité d’ici… On ne va plus parler que de ça… Les photos vont faire le tour du pays… On va se les arracher… Avec toutes les conséquences que ça peut avoir pour toi… Les ricanements sur ton passage… Les réflexions au boulot… Les sous-entendus à répétition… Sans compter les propositions… On va en tirer la conclusion que tu es une fille facile… Que tu demandes que « ça »… Que tu n’attends que « ça »
- C’est nul… Les gens sont nuls…
- Malheureusement on est obligés de faire avec…
- Oui, mais en attendant ça n’a aucun intérêt des photos comme ça… Parce que qu’est-ce qu’on voit ?… Un cul… Des seins… Tu parles !… On sait même pas à qui ils sont… C’est humiliant, même, moi, je trouve… C’est comme si il y avait plus qu’avec ça que je comptais… Que j’avais rien d’autre d’intéressant…
- Tu sais bien que non…
- Oui, mais ça revient à ça si on y réfléchit bien… Vous y tenez vraiment beaucoup ?…
- A quoi donc ?…
- A ce qu’il y ait le plus de monde possible qui me voie… Non… Parce qu’on peut aussi le mettre en accès restreint un blog… Ne donner le code qu’à qui on veut… Et à ce moment-là vous pourriez les choisir les types… Voir ce qu’ils ont dans le ventre avant de les laisser venir… Et être sûr qu’ils habitent suffisamment loin pour qu’il y ait aucune chance qu’ils me connaissent…

« Qu’est-ce que j’apprends ?… Mélianne se serait réinstallée chez vous ?… Comment je le sais ?… Ah ça !… J’ai mes informateurs… Vous voyez qu’on peut être au fin fond de la Guyane et au courant malgré tout de ce qui se passe dans votre appartement… J’ai presque envie de dire « notre appartement »… Parce qu’il faut quand même pas oublier que j’y ai été la première et que si je n’avais pas réussi à vous convaincre de m’héberger personne n’y aurait jamais mis les pieds. Ni Mélianne ni qui que ce soit… Vous savez que j’y pense souvent à là-bas ?… Il me suffit de fermer les yeux et j’y suis et je revois tout comme c’était « de mon temps » avec une incroyable précision… Et… et je dois bien reconnaître que c’est là que – jusqu’à présent – j’ai passé les jours les plus heureux de ma vie…

Bon, mais à part ça j’ai rompu. Ou du moins j’ai essayé. Pas avec mon officiel, non. Avec l’autre. Parce qu’à force de réfléchir je me suis dit que c’était suicidaire cette histoire. Que ça m’apportait strictement rien. Et qu’à terme ça allait forcément m’amener tout un tas de complications. Sous une forme ou sous une autre. Sauf que… l’autre animal il veut pas en entendre parler. Rien à faire. Pas question que je le quitte. J’ai eu droit à tout. Aux crises de larmes. Aux serments d’amour éternel. Au chantage. Aux menaces. Il s’est mis en tête de rendre notre liaison publique. De divorcer. Et de faire sa vie avec moi. J’ai gagné du temps comme j’ai pu. Mais je le sens si déterminé, si exalté qu’un jour ou l’autre, forcément, ça va revenir sur le tapis… Et ce jour-là !… Je préfère ne pas y penser… Non, mais j’ai vraiment le don de me mettre dans des situations impossibles, moi !… Me voilà condamnée à tout faire pour que ça continue avec un type qui me sort complètement par les yeux maintenant que je l’ai percé à jour… Et tout ça pourquoi ?… Pour éviter le scandale… Pour éviter que sa femme ne me hache en menus morceaux… Et que de mon côté… Parce que je ne sais toujours pas comment il réagirait, lui, mon mien à moi… Je ne peux que hasarder des suppositions… Et si je devais le perdre par ma faute – par ma bêtise – je crois que je ne pourrais jamais me le pardonner. Parce que c’est moi qui suis responsable de tout. C’est moi qui ai déclenché tout ça. Par ennui. Par désoeuvrement. Pour tenter le diable. Pour qu’il se passe quelque chose. N’importe quoi. Et maintenant je ne redoute rien tant que de voir bousculer ma petite tranquillité. Compliquée la fille, hein ?!… Carrément inconséquente, oui… Dites-le !… Dites-le puisque vous le pensez… J’ai peur… Je plaisante, mais si vous saviez comme j’ai peur… Vous vous occuperez de moi, hein, s’il me fout dehors ?!… Vous me reprendrez là-bas ?… Et vous recommencerez mon éducation. Depuis le début. A zéro. Pour mon bien. Vous me promettez, hein ?… Je vous embrasse. Victorine. »

- Tu faisais quoi ?…
- Rien…
- Si !… Un truc que tu voulais pas que je voie… T’as vite cliqué sur la croix pour fermer en haut quand tu m’as entendue… Tu me cherchais un cadeau, c’est ça ?… Oui, je suis sûre que tu me cherchais un cadeau… C’est quoi ?… Attends !… Laisse-moi deviner… Tu me cherchais un mec… Oui, c’est ça !… Oh, mais c’est vraiment super comme idée… On est là, un soir, tous les deux… Il y a quelqu’un qui sonne… Tu m’as fait la surprise… Un mec… Jeune… Beau… Un de ces petits canons !… Et puis qui sait y faire avec les femmes… C’est rien de le dire… Tu me l’as choisi avec amour… T’y as passé des heures et des heures… Pour qu’il soit juste exactement à mon goût… Que je sois pas déçue… Que je te prenne un pied comme jamais… C’est quand qu’il arrive ?… Comment je vais être impatiente maintenant !…

jeudi 1 avril 2010

Escobarines: Sortie de bain





En vacances il était absolument hors de question que nous échappions, ma cousine Joséphine et moi, à la sacro-sainte sieste du début d’après-midi. Malgré notre âge tante Alice en avait décidé ainsi et on ne s’élevait pas – jamais – contre les décisions de tante Alice. Nous ne dormions évidemment pas – nous n’avions pas le moins du monde sommeil – mais nous en profitions pour nous faire nos confidences et rêver tout haut à un avenir tout enrubanné de bonheur.

Ce fut par un bel après-midi de Juillet. Le temps était si radieux, le ciel si bleu que nous n’avons pas pu y tenir : nous nous sommes discrètement faufilées dans le parc. Pour peu que nous ayons regagné notre chambre à quatre heures personne – nous en étions convaincues – ne s’apercevrait de rien. Au-delà du parc c’était la forêt. Et au-delà encore s’étendait un petit lac que nous avions entraperçu une fois ou deux en accompagnant oncle Gontran au cours de sa traditionnelle promenade matinale. Il nous était formellement interdit de franchir seules les limites de la propriété, mais qui le saurait ?

- Et si on se baignait ?…
- Hein ?… Oh non, non !… C’est bien trop dangereux… Si jamais quelqu’un arrive !…
- Qui veux-tu qui vienne ?… Il passe jamais personne par ici… Moi, j’y vais…
Et elle s’est déshabillée. Complètement. Elle est entrée dans l’eau. Elle a disparu derrière un petit mur de roseaux…
- Allez, viens !… Si tu savais comme l’eau est bonne…
Je l’y ai rejointe…

Nous étions séchées, rhabillées et rentrées à temps. Personne ne s’était rendu compte de rien. Personne ne saurait rien. C’est en tout cas ce dont nous étions toutes les deux persuadées…

L’orage a éclaté le lendemain un peu avant midi. Toute la matinée il y avait eu des coups de sonnette, des allées et venues auxquelles nous n’avions pas prêté la moindre attention. C’est Sylvaine, la femme de chambre, qui est venue nous chercher juste comme nous finissions de nous apprêter pour le déjeuner…
- Madame vous attend dans le petit salon…
- Dans le petit salon ?!… Hein ?… Mais pourquoi, Sylvaine ?…
Elle ne savait pas. Ou elle n’a rien voulu dire. Le petit salon, ce n’était pas bon signe. C’était même, le plus souvent, très mauvais signe…

- Où étiez-vous hier ?…
Tante Alice, manifestement furieuse, ne nous a seulement pas laissé le loisir de répondre…
- Et dans le plus simple appareil !… C’est une honte !… Un scandale !… Ah, vous pouvez être fières de vous : vous êtes totalement perdues de réputation… Est-ce que vous vous rendez seulement compte que tout le monde fait des gorges chaudes de la façon inqualifiable dont vous vous êtes comportées ?… J’ai un rang à tenir, moi, ici… Et je ne tolérerai pas que ma propre fille… que ma propre nièce me fassent ouvertement honte devant toute la ville… Je vais vous en faire passer l’envie, moi, mes petites, vous allez voir… Déshabillez-vous !… Eh bien ?!… Qu’est-ce que vous attendez ?… Vous ne faisiez pas tant de manières hier quand il s’agissait de vous dénuder au su et au vu de tout le…
- Mais il y avait personne !…
- La preuve !… Et quand bien même il n’y aurait eu personne !… Est-ce ainsi que je vous ai éduquées ?… Sont-ce là les principes de pudeur que je vous ai inculqués ?…

Elle a commencé par Joséphine. Qui s’est laissé basculer sur ses genoux sans mot dire. Sa tête a brinquebalé en cadence. L’une de ses jambes a battu éperdûment la mesure sur le plancher…

- A ton tour, toi !…
Sa main s’est posée sur mon postérieur, ne s’est pas élancée tout de suite…
- Quand je pense à ta pauvre mère… A qui j’ai juré, sur son lit de mort, de te donner la meilleure éducation qui soit… Ah, elle serait contente !… Elle serait fière de toi !…
La première claque m’a arraché un gémissement… Les suivantes des cris…

- Venez !…
Sans nous laisser nous rhabiller elle nous a entraînées dans le jardin. Jusqu’au portail qui donne sur le petit chemin derrière… Elle l’a ouvert… Elle nous a poussées dehors…
- Oh, non !… Pas comme ça !…
- Comme ça, si !… Je veux qu’on sache que vous avez été punies… Et comment… Je ne veux pas qu’il puisse se dire que vous n’êtes pas sanctionnées comme il se doit quand vous l’avez mérité… Ni que je porte la moindre part de responsabilité dans le comportement inacceptable qui a été le vôtre… Allez, en route !…
Elle nous a saisies chacune par un coude. Fermement. On s’est dissimulées comme on a pu. De nos bras. De nos mains. Au loin quelqu’un a appelé son chien. Après le tournant, à hauteur du grand chêne, l’église et les premières maisons étaient là, tout près. J’ai frémi. Elle s’est arrêtée…
- Bon, mais pour cette fois, la leçon sera suffisante… Pour cette fois…
Et elle nous a fait faire demi-tour…

lundi 29 mars 2010

Colocataires2 ( 8 )

- Vous faites voir ?
Elle les a longuement examinées, une par une. Plusieurs fois. A fait la moue…
- Vous trouvez que je suis si bien que ça ?… Franchement ?…
- Tu es magnifique…
- C’est vous qui me voyez comme ça… Il y en a des milliers des femmes beaucoup plus belles que moi… Des millions…
- On verra… On verra ce qu’ils vont en penser les autres…
- Quels autres ?… Vous allez faire quoi ?…
- Un blog… Qui te sera tout entier consacré…
- Ca marchera jamais… Il y en a déjà tellement…
- Je te parie ce que tu veux qu’avant un mois il y aura tellement de visiteurs et de commentaires qu’on saura plus où donner de la tête…

- C’est trop bon de se laisser préparer comme ça par quelqu’un de A à Z !… Comment ça met en appétit !… Je veux dire : pas tellement sexuellement… Même si de se faire frotter, toucher et laver partout forcément… Non… Mais ce qu’il y a surtout, c’est le climat que ça crée de savoir pourquoi on le fait et ce qui va se passer après… C’est d’un sensuel !… Et que ce soit vous en plus alors là !… De toute façon je laisserais personne d’autre me le faire … Même pas Peter… Il y mettrait tellement de mauvaise volonté que ce serait tout à recommencer… On peut rien lui demander… N’importe comment Peter…
- N’importe comment ?…
- Il m’agace en ce moment… Et c’est rien de le dire… Il veut que je lui raconte quand je vais voir ailleurs… Bon, okay, je lui raconte… Mais ça lui va jamais… Et pourtant c’est pas faute d’inventer… Je te lui imagine de ces trucs… Mais non !… C’est pas ça… Je sais pas à quoi il s’attend… Que j’aille me faire baiser sur Jupiter ?… Ce qui va finir par se passer à force, c’est que je vais plus rien lui raconter du tout… De toute façon ça l’intéresse de moins en moins, je le vois bien… C’est lui qu’a demandé pourtant… C’est con… C’est con parce que si on était vraiment complices là-dessus il y en a des choses qu’on pourrait faire… Des tas…
- Quoi par exemple ?…
- Par exemple qu’il vienne avec moi… Que le type avec qui je vais coucher il le voie, il sache que c’est mon légitime, qu’il va le faire cocu… Qu’ils boivent un verre ensemble avant… Rien que d’y penser vous pouvez pas savoir ce que ça me fait…
- Tu lui en as parlé ?… Tu lui as demandé ?…
- Je m’y risquerais pas… Il veut bien être cocu, mais il faut rien exagérer non plus… De là à entrer complètement dans le rôle il y a de la marge… Il y a même carrément un gouffre… Non, il y aurait bien une solution, ce serait que… Vous avez quelque chose de prévu, vous, ce soir ?…
- Non…
- Non… Bien sûr que non… Vous allez attendre bien sagement dans votre lit que je vienne vous raconter… Ca vous dirait pas de venir faire le cocu plutôt ?… De passer pour mon mari ?…

- Comment vous le trouvez le jeune, là, en face, qui se démène sur la piste ?… Pas mal, hein ?!… Et il a un de ces petits culs !… Comment ça me rend folle, moi, leurs fesses aux mecs !… C’est toujours ce que je regarde en premier… Bon, mais je vais aller le brancher et normalement… normalement ça devrait le faire…

Ca l’a fait. Ils ont dansé ensemble. Elle s’est blottie contre lui, la tête dans son cou. Il l’a embrassée. Il a posé ses mains sur ses fesses. Il l’a encore embrassée. Elle lui a dit quelque chose. Il a regardé dans ma direction. Il a ri. Ils ont ri. Se sont éclipsés tous les deux en se tenant par la main…

- Je te présente Juan… Et lui, c’est mon mari…
- Salut !…
- Bonjour !…
Ils se sont laissé tomber sur la banquette, enlacés. Il lui a murmuré quelque chose à l’oreille…
- Hein ?… Oh, mais non… Non…
Elle s’est tournée vers moi…
- Il se fait tout un film par rapport à toi… Mais comme j’arrête pas de lui dire tu es très compréhensif… T’as pas le choix n’importe comment si tu veux me garder… T’es plus tout jeune… Je te le reproche pas… Mais pas question non plus que je me contente d’un petit coup tous les quinze jours… Bon, mais allez !… On va pas passer l’éternité ici… Tu nous ramènes à la maison ?…

- Pousse-toi un peu !… Tu tiens tout le lit… Ca te dérange pas que je continue à te tutoyer maintenant que tu passes pour mon mari ?… Depuis le temps qu’on se connaît n’importe comment… En tout cas comment j’ai pris mon pied !… T’as entendu ?… Ben oui !… Forcément que t’as entendu… Vu comment j’ai braillé… C’était pas tellement qu’il s’y prenait bien l’autre… Ah non alors !… On peut pas dire qu’il soit franchement doué… Et même… tu te demanderais s’il sait vraiment comment on est faites… Il est jamais au bon endroit… Il te tâtonne comme s’il cherchait je sais pas quoi… Mais c’était quand même génial… A cause de ce que je pensais dans ma tête qu’il croyait qu’il te faisait cocu… Et encore lui il prenait profil bas… Ca le gênait plutôt qu’autre chose… Mais t’imagines qu’on en trouve un qui hésite pas à te mettre carrément le nez dedans ?… A te le montrer et répéter sur tous les tons que t’es cocu ?… Mais j’en meurs, moi !… Sûr que ça me fait mourir…

jeudi 25 mars 2010

Escobarines: Une amoureuse





La première fois ça a été parce qu’elle trouvait que ça sentait le gaz chez elle. Peut-être bien que son chauffe-eau fuyait ?… Je voulais pas venir voir ?… C’était rien ?… Non ?… J’étais sûr ?…
Après il y a eu sa chatte. Qui avait disparu. Depuis deux jours. Elle était folle d’inquiétude. Sa chatte, c’était tout pour elle. Si jamais je la voyais… Je lui promettais, hein ?…
Et puis elle est passée me prévenir… Elle avait invité quelques amis… Ils allaient faire un peu de bruit… Mais elle y pensait d’un seul coup… Je voulais pas me joindre à eux ?… Non ?… J’avais des choses à faire ?… Une autre fois alors !… Si, si !… Elle y tenait… Je viendrais manger… Depuis le temps que je lui rendais service…

J’aimais ?… Fallait que je le dise carrément, hein !… Parce que c’était la première fois qu’elle l’expérimentait cette recette… Oui ?… Je trouvais ?… Tant mieux… En tout cas comment elle était contente de m’avoir… Parce que à part moi, dans l’immeuble, il y avait vraiment personne qui donnait envie de sympathiser… Ah non alors !… Ils étaient tous… Des beaufs !… Il y avait pas d’autre mot… Des beaufs… C’est pour ça : maintenant qu’on avait fait connaissance on allait bien trouver le moyen de se voir un peu, non ?… Parce que elle savait pas moi, mais elle, elle s’ennuyait à mourir ici, au milieu de tous ces cubes en béton… Et heureusement qu’elle avait son boulot à la boulangerie-pâtisserie là-bas parce que sinon elle serait devenue complètement dingue…

J’avais vu le temps qu’il faisait ?… Ce soleil ?!… Oui ?… Eh bien alors ?!… J’allais quand même pas rester enfermé là toute la journée ?… Même qu’il fasse un peu froid… Bien couvert… Et en marchant… Elle m’emmenait… Allez, hop !… Elle connaissait un coin… Génial… Je lui en dirais des nouvelles…

Alors ?!… Je regrettais ?… Non, hein ?!… Elle le savait… Elle en était sûre… Et après, tout au bout là-bas, il y avait une petite auberge qui te mijotait un de ces cassoulets… Elle y avait mangé, deux ou trois fois, du temps qu’elle sortait avec Clément… Oh, mais Clément c’était de la vieille histoire maintenant… Avec le recul elle se demandait même ce qu’elle avait bien pu lui trouver… On se lançait dans de ces trucs des fois !… Et moi ?… J’avais quelqu’un ?… Oui ?… C’était pas la bonne femme qui venait me voir quelquefois le mardi et le jeudi au moins ?… Si !… Eh ben dis donc !… J’avais de ces goûts !… Pourquoi ?… Mais parce que qu’est-ce qu’elle était vieille ! Et comment elle était moche !… C’était pas pour dire, mais je méritais quand même nettement mieux que ça…

Et si on y retournait ?… Comme la semaine dernière ?… Non ?… Ca me disait pas ?… Je préférais ailleurs ?… Elle, ça lui était égal… Où je voulais ?… Nulle part ?… Mais pourquoi ?… J’allais pas rester là tout seul à me morfondre quand même !… Si ?!… Ah oui, c’est qu’elle allait venir ma bonne femme ?… C’était ça ?… Non ?… De quoi j’avais peur alors ?… Qu’elle apprenne pour nous deux et qu’elle aille se mettre des idées en tête ?… Oui, ben ce serait pas plus mal finalement… Peut-être que ça m’en débarrasserait… Une bonne fois pour toutes… Et, franchement, c’était ce qui pouvait m’arriver de mieux…

Elle me l’avait dit pour le cassoulet que c’était un vrai délice… Elle me l’avait pas dit ?… Ah, je voyais bien… Bon, mais maintenant qu’on se connaissait un peu mieux, qu’on faisait des trucs ensemble elle pouvait me le demander : qu’est-ce que je pensais d’elle ?… Ouais… Ouais… Et après ?… C’était tout ?… Elle en était sûre… Sûre… Dès le début elle en avait été convaincue : moi, mes sentiments, j’avais un mal fou à les exprimer… Et si on me poussait pas dans mes derniers retranchements… C’était pas un reproche, hein !… J’étais comme ça, j’étais comme ça… Mais elle était patiente… Et elle attendrait le temps qu’il faudrait… Parce qu’elle savait… Elle savait qu’on était faits l’un pour l’autre tous les deux et qu’un jour…

Rien ?… Rien du tout ?… Non, mais à qui je voulais faire croire ça ?… Ca se voyait comme le nez au milieu de la figure ce que j’éprouvais… Ce que je ressentais… Seulement… seulement mon amour pour elle était tellement fort que je ne voulais pas – ou que je ne pouvais pas – me l’avouer à moi-même… Oh, mais ça viendrait…Ca viendrait… Ca faisait pas l’ombre d’un doute…

Encore elle !… Ben oui !… Oui !… Fallait absolument qu’on parle… Qu’on clarifie la situation tous les deux parce que… Clarifier ?!… Y avait rien à clarifier du tout… Pour moi tout était clair… Très très clair… Alors elle dégageait… Chacun chez soi… Et je voulais plus la voir… C’était compris ?… Dehors !… Allez, dehors !…

Je l’avais fait pleurer… Encore elle !… Mais c’était pas possible !… Qu’elle dégage, mais qu’elle dégage !… Non !… Elle était à tout le monde la cage d’escalier… Et le trottoir aussi… Et elle y resterait tant qu’elle voudrait… Tant que je lui aurais pas dit que… Mais c’était pas possible une nana comme ça !… Qu’est-ce qu’il lui fallait ?… Une bonne fessée ?… C’était ça, hein ?!… Une bonne fessée… Et tant qu’elle l’aurait pas prise…

Qu’est-ce qu’elle fichait là, elle, encore ?… Chez moi !… Et à poil !… Non, mais cette fois!... C'était parce que... elle clenchait mal ma fenêtre de salle de bains… Alors elle était passée par le balcon… Oh, mais elle l’avait refermée, hein !… Avec le temps qu’il faisait !… Bon, mais allez !… Que je la lui donne la fessée puisque c’était ça que je voulais...
- Vous voyez bien... Je suis prête...