vendredi 6 février 2015

Fessées croisées (13)

23 juillet


– T’as fait semblant ?
– Cette nuit ? Avec Charles ? Ah, non, non… Pas du tout, non… C’est même moi qu’ai réclamé…
– Je comprends pas tout, là…
– C’est pourtant simple… Moi, quand la mécanique se remet en marche, il y a plus moyen de l’arrêter… Insatiable je deviens… Je pense plus qu’à ça… J’ai plus envie que de ça…
– Je pourrais pas, moi… M’éclater, comme ça, l’après-midi dans les bras d’un mec et le soir, comme si de rien n’était, dans ceux de mon mari…
– Oui, ben ça, tu changeras d’envie… Quand ce sera ton tour…
– Alors là… Il y a pas de risque…
– Tu parles ! Vous en crevez d’envie, Enzo et toi… Tout autant l’un que l’autre… C’est pas vrai peut-être ?
– Il y aura rien…
– T’es bien sûre de toi…
– Non, il y aura rien… Il y aura rien parce que j’irai plus à Toulon…
– Hein ? Tu vas pas me faire ça ? Parce que si tu m’accompagnes pas, c’est grillé, moi… J’ai plus d’alibi… Filer là-bas toute seule… Tous les jours… Comment tu veux que je justifie ça ?
– Oui, mais…
– Mais laisse-toi aller, putain ! Suis tes désirs ! Suis tes envies ! Et arrête, une bonne fois pour toutes, de t’encombrer de tout un tas de préjugés et de scrupules… T’as tout à y gagner… Tout…



10 heures


– Je te dérange ?
– Non, Mélanie, non… Entre ! Assieds-toi, si tu veux… Sur le lit, là… Ça va ?
– Oh, oui… T’as entendu ça Jacques hier soir ?
– C’était rapport à Ludovic, hein ?
– Ben oui… Je leur ai dit finalement… Je leur en ai parlé… Il était furieux… Et Geneviève encore plus… Elle voulait appeler Bruno… Sur-le-champ… Et tout lui raconter…
– Aïe ! C’était pas prévu, ça… Et alors ?
– Et alors j’ai éclaté en sanglots… Moi, je venais leur demander de m’aider à m’en sortir… Parce qu’il y avait qu’eux qui pouvaient… Je leur faisais confiance… Et au lieu de ça ils m’enfonçaient… Tous les deux… Ils se sont concertés à voix basse du coup… Un bon moment… Et puis c’est Jacques qui a parlé… Non… Non, ils diraient rien à Bruno… Pas pour le moment en tout cas… Par contre, j’allais rompre immédiatement avec ce Ludovic… Sinon… Sinon il emploierait les grands moyens… Et je savais ce que ça signifiait… Ça, pour savoir, je sais… Et j’ai passé toute l’après-midi d’hier à essayer de me décider à lui parler à Ludovic… J’ai pas pu… Quand je vois ses yeux… Quand je sens sa peau contre la mienne… C’est au-dessus de mes forces… Je réessaierai quand même tout à l’heure, mais bon… Non… Demain par contre… Quand Jacques sera passé par là… La seule question, ce sera de savoir combien de temps je tiendrai après… Si ça fera comme les autres fois, pour les autres trucs, ou bien si, ce coup-ci, ça servira vraiment à quelque chose… Faudrait… Parce que sinon…



11 heures


Elle, au moins, on s’occupe d’elle… On la prend en considération… Tandis que moi… C’est toute seule qu’il faut que je me batte… Contre moi-même… Contre Enzo… Et contre Christine… Que ça arrangerait bien que je saute le pas… Parce qu’elle serait pas toute seule… Que ça la dédouanerait, au moins une partie, d’une culpabilité qu’elle ne consentirait pour rien au monde à s’avouer…

Je suis allée à l’ordi… Il y en avait de nouvelles… Une bonne vingtaine… Au milieu desquelles j’ai retrouvé la fille qui me ressemble… Dont le derrière ressemble au mien… J’ai vérifié, par la fenêtre, que Gilles était bien en bas, en pleine conversation avec son frère… Qu’il ne risquait pas de me surprendre… Et j’ai encore été elle… Sous les claques vigoureuses de cet inconnu qui m’a accablée de reproches… Qui m’a obligée à demander pardon… Qui est finalement devenu Jacques… Un Jacques hors de lui… « Toutes… Elles vont toutes me les faire cocus… Tous les trois… » Et puis Gilles… Gilles qui l’a remplacé… Le masque dur… Les mâchoires serrées… Qui a tapé… Sans un mot… Gilles sous les coups de qui j’ai joui… Intensément… Tout est retombé…

Et si ? Et si je me le faisais vraiment ? On sentait quoi ? Ça faisait quoi ? Ma ceinture était sur le lit… Je l’ai attrapée… Fait claquer en l’air… Trois fois… Quatre fois… Je l’ai doublée… Je me suis déculottée… Agenouillée… Et puis… Je me suis ravisée… On risquait d’entendre… Sans compter que… les marques… S’il les voyait Gilles les marques… Gilles ? Ou Enzo tout-à-l’heure sur la plage ?

samedi 31 janvier 2015

Fessées croisées (12)

14 heures


– On prend nos maillots ?
Christine m’a jeté un regard ahuri…
– Hein ? Nos maillots ? Mais pour quoi faire ?
– Sûrement qu’ils vont retourner se baigner… Et vouloir qu’on y aille avec eux…
– Non, mais attends ! Lamentables on a été hier… Lamentables… Ah, ils ont bien dû rigoler, tiens ! Les deux coincées de base… Tout droit sorties du Moyen-Âge… J’ai honte quand j’y repense… Alors non… Non… Tu fais ce que tu veux, mais moi, s’ils se rebaignent, je vais avec… Et sans rien… Qu’est-ce tu veux que ça craigne ? Tu vois bien comment ils sont maintenant depuis le temps, non ?

Et on s’est baignées avec eux… Toutes nues… Tous les quatre tout nus… On s’est poursuivis dans l’eau… On a chahuté comme des gamins… On a été pris d’interminables fous rires… On est revenus s’allonger sur le sable, tout essoufflés… Se sécher au soleil… J’ai fermé les yeux…

Je me suis réveillée d’un coup… Appuyé sur un coude, Enzo me regardait dormir, souriant… Je me suis précipitamment retournée sur le ventre… Il a souri…
– Ce côté-là aussi a son charme…
– Elle est où Christine ?
– Partie… Par là-bas… Avec Jaufret… Ils avaient besoin d’être seuls… Ça fait bien… Oh, une bonne heure… Et moi, ça fait bien une bonne heure que je te regarde dormir… J’aime… Beaucoup… D’autant que… Qu’est-ce que tu peux remuer dans ton sommeil ! Tu relèves les jambes… Tu les rabaisses… Tu les gigotes dans tous les sens… Plein de délicieux aperçus ça offre… Et… Et tu es une femme absolument magnifique… Si, c’est vrai, hein… Ça te choque pas au moins ce que je te dis là ? Non ? Parce que moi, tu sais, j’ai une qualité… – qu’est peut-être aussi un défaut – je dis toujours ce que je pense… Et tant que j’y suis… J’adore comment tu fais… Laisser la touffe en haut comme ça… Au-dessus… Et puis tout retirer, par contre, autour du fendu… On a les deux à la fois en même temps du coup… C’est génial…
Il m’a caressé la nuque… Du bout du pouce…
– Non, Enzo, non… S’il te plaît…
– Mais pourquoi ?
– Il ne faut pas… Je suis mariée…
– Il saura rien…
– Quand même… Non… Je t’en prie, non…
Il a retiré sa main…
Christine et Jaufret ont fait leur réapparition au détour du sentier…

– Tu me demandes pas ?
– Vu l’air ravi que tu arbores… je suppose…
– C’était fabuleux… Ah, il assure Jaufret, ça, on peut pas dire…
– J’en suis ravie pour toi…
– Trois fois j’ai joui… Et pas qu’un peu… Il y a longtemps que j’avais pas pris un pied comme ça…
– Et… tu culpabilises pas ?
– Par rapport à Charles ? Franchement, non… Ça fait des mois et des mois qu’il se soucie de mon plaisir comme d’une guigne Charles…
– Ces derniers temps…
– Oui, oh, depuis trois jours… Et tout ça parce que Jacques tambourine à-tout-va le derrière de Mélanie… Sinon… Alors je vois vraiment pas pourquoi j’aurais des scrupules… Et toi ?
– Quoi, moi ?
– Pendant ce temps-là, avec Enzo ?
– Oh, ben rien… Rien… Qu’est-ce tu veux ? Rien…



19 heures 30


Jacques ne lui a pas laissé le temps de s’asseoir…
– T’as fait ce que je t’ai dit ?
Mélanie a bredouillé…
– Oui… C’est-à-dire que non, mais oui…
– C’est oui ou c’est non ?
– Non, mais je vais le faire… Je le ferai…
– Ça devait être fait aujourd’hui…
– J’ai pas pu… Mais demain… Demain ce sera fait…
– Je te le conseille… Sinon…

dimanche 25 janvier 2015

Fessées croisées (11)

22 juillet


– Je t’ai pas entendue cette nuit…
– Et pour cause… Il y a rien eu… Mais ça, je m’en doutais un peu…
– Comment ça tu t’en doutais un peu ? Parce que ?
– Parce qu’il a passé l’après-midi d’hier à télécharger des vidéos de fessée… Et de sodomie…
– Ben, justement… Ça aurait dû le mettre en forme…
– Sauf qu’à tous les coups il s’est généreusement soulagé devant son écran…
– Ah, ben d’accord ! Pas bon pour toi, ça…
– Et qu’il a laissé toutes ses forces dans son corps à corps avec lui-même… Parce que j’ai eu beau le prendre en mains… Solliciter… Titiller… Insister… Il y a rien eu à faire… J’ai pas réussi à lui faire gagner le moindre centimètre…
– C’est gai… Retour à la case départ, quoi, en somme…
– Oh, mais j’ai pas dit mon dernier mot… Et toi ? Cette nuit ? Il m’a bien semblé que…
– Oui… Pas mal… C’était pas la grande scène du trois non plus, mais pas mal, si, c’est vrai… Il a voulu en levrette… C’est devenu son grand truc, ça, maintenant… Et puis il m’a encore balancé quelques petites claques sur les fesses… Oh, pas bien fortes… Mais c’était pas si désagréable que ça tout compte fait…



11 heures


– Tu vas pas prendre un bain ce matin ? Comme hier ?
– Pas aujourd’hui, non… Une douche suffira… Pourquoi ?
– Parce qu’on aurait pu parler…
– On peut parler ailleurs que dans la baignoire… Ici, par exemple…
– J’aimerais bien, oui… Parce que je me demande si c’était pas une connerie finalement de le laisser tout seul à Paris Bruno…
– Parce que ?
– Parce que l’idée, au départ, c’était que si je restais avec lui on allait passer notre temps à faire des galipettes… Et que ça l’empêcherait d’en chercher vraiment du travail…
– Je sais, oui… Tu m’as dit…
– Seulement… Tu diras rien, hein ? À personne… Tu me promets ? Seulement moi, passer plus de deux jours sans m’envoyer en l’air, j’y arrive pas… C’est au-dessus de mes forces… Alors… Ben alors j’ai rencontré quelqu’un ici… Avec qui je me suis dit que c’était juste comme ça… Pour se faire du bien… Que ça allait pas tirer à conséquence… Sauf que je suis en train de m’attacher… Grave… Je le sens bien… Et il faudrait que quelqu’un m’arrête… Il faut absolument que quelqu’un m’arrête… Avant qu’il soit trop tard… Avant que je me mette à lui trouver tous les défauts du monde à Bruno… Que je me détache complètement de lui… Et la seule personne à qui je peux demander ça…
– C’est Jacques…
– Ben oui, c’est Jacques, oui… Sauf que je sais pas… Parce que pour les autres trucs, quand il me flanque une fessée Jacques, ça a l’air de marcher sur le moment, mais aussitôt après ça devient encore pire… Ça me pousse dans l’autre sens… Alors si ça doit faire pareil… Si, au lieu de me détacher de Ludovic, de me rapprocher de Bruno, ça doit faire l’inverse, c’est vraiment pas la peine…
– Je sais pas quoi te dire… Je suis pas à ta place…
– Je sais bien que t’es pas à ma place… Mais si t’as une idée… Si tu penses à quelque chose…
– Je vais y réfléchir, oui…
– Déjà, de pouvoir en parler ça m’a fait du bien… Beaucoup de bien…



11 heures 30


Tu parles que je suis pas à sa place… T’as qu’à y croire… On est exactement dans la même situation toutes les deux… Sauf qu’elle a pris un peu d’avance sur moi, c’est tout… Parce que… pas la peine que j’essaie de me raconter des histoires… Je sais trop bien comment ça va finir avec Enzo… C’est qu’une question de jours… Peut-être même pas… J’en ai trop envie… Moi aussi, faudrait qu’il y ait quelqu’un qui m’arrête… J’y arriverai pas toute seule… Mais j’ai personne…

J’ai été prise d’une impulsion soudaine… Je suis montée dans la chambre… Ils étaient tous en bas, à l’apéro, sous la tonnelle… J’ai ouvert l’ordi de Gilles… Je suis allée dans ses téléchargements… Ça y était toujours… Il y en avait même des nouvelles… J’en ai regardé trois… Quatre… Sur la cinquième, la fille était allongée, culotte baissée, en travers des genoux du type… On voyait pas son visage, mais elle me ressemblait… Son derrière ressemblait au mien… Et ça a été moi… Fessée par un inconnu… À cause d’Enzo… De mon désir d’Enzo…

Mon plaisir a été fulgurant… Je suis folle… Je suis en train de devenir folle…

lundi 19 janvier 2015

Fessées croisées (10)

14 heures


– Je sais pas toi, mais moi, Gilles, pas un mot sur ces deux fessées… Rien…
– Charles non plus…
– Ben, tiens ! Motus et bouche cousue, tu parles ! Faudrait pas qu’une fois au courant il nous toque à l’idée de rester là l’après-midi… Histoire de garder un œil sur ce qui se passe… Et surtout sur eux… Ils veulent avoir les coudées franches…
– Et pouvoir profiter tant et plus du spectacle… Sans nous avoir par les pieds… Ils ont regardé par la fenêtre, tu crois ?
– Tu penses qu’ils se sont gênés ! Et que ça a dû y aller les commentaires après… Ils se sont toujours entendus comme larrons en foire tous les deux…
– Et si Jacques – ou Geneviève – les avait vus ?
– Ils étaient bien trop occupés avec Mélanie… Et puis, quand il le faut, ils savent être très discrets nos petits maris…
– Bon, ben on fait quoi, nous, du coup alors ? On reste là ? On laisse tomber Toulon ?
– Oui, oh, c’est pas couru qu’elle s’en reprenne une cet après-midi… Ça va pas être tous les jours non plus…
– Oui… Et puis n’importe comment…
– N’importe comment s’ils peuvent se rincer l’œil tout leur saoul, à l’arrivée on va en profiter nous deux… C’est ça que tu veux dire ?
– C’est un peu ça, oui… Et puis je sais pas toi, mais moi, c’est une sacrée bouffée d’oxygène Toulon… Et j’ai pas franchement envie de m’en priver…
– Bon, ben allez, en route alors…

Ils nous attendaient sur le ponton… Comme prévu… On a embarqué… On s’est installées dans les transats… Et on s’est laissé bercer… Par les vagues… Par la brise… Par leurs voix chaudes et ensoleillées… J’ai somnolé… Je me suis endormie…

Au réveil, on était en train d’accoster…
– On est où ?
C’était une sorte de crique…
– On sera tranquilles ici… Il vient jamais personne…
On s’est étendus tous les quatre sur le sable… On a parlé de tout… De rien… Et puis ils ont voulu aller se baigner…
– Vous venez ?
– On n’a pas nos maillots…
– Oui, ben alors ça, ici, il y en a vraiment pas besoin…
– Oui, mais quand même… Quand même… Non…
– Comme vous voulez… Mais vous avez tort… Comment elle doit être bonne… Avec le temps qu’il fait…
Ils ont quitté leurs vêtements… Tous leurs vêtements… Et ils ont parcouru, complètement nus, les trois ou quatre mètres qui les séparaient de la mer… On les a longuement regardés nager… S’éclabousser… Se poursuivre…
– Qu’est-ce qu’ils sont beaux n’empêche…
– Ah, ça !
J’ai soupiré…
– Qu’est-ce qu’on peut être compliquées des fois quand même ! Parce que… comment il me décevrait Enzo s’il se montrait entreprenant… Mais en même temps il y a quelque chose, tout au fond de moi, qui lui en veut de pas l’être…
– On est surtout sacrément connes, moi, j’trouve ! Parce qu’attends! Des mecs comme ça c’est pas tous les jours que l’occasion se présente… Et on est là à barboter dans nos scupules… Tu crois qu’ils en auraient autant, eux, nos bonshommes, si une fille leur tombait toute rôtie dans le bec ? D’ailleurs…
– D’ailleurs quoi ?
– Je jurerais pas mes grands dieux que Charles ait pas, à l’occasion, donné quelques coups de canif dans le contrat…
– Pas Gilles…
– T’en es si sûre que ça ?
– À cent pour cent, non, mais…
– Tu vois bien… Non… L’essentiel, c’est de faire ça proprement… Discrètement… De pas faire de mal à l’autre… Et Charles il peut bien s’en taper une autre de temps en temps du moment que ça restera… Tiens, les v’là… Les v’là qui reviennent nos Apollon…



22 heures


Je suis allée jeter un œil sur l’ordi de Gilles… C’est pas ce que j’ai fait de mieux, je sais, mais elle m’avait mis le doute Christine tout à l’heure… Rien dans Outlook… Rien de significatif non plus dans ses documents… Ni ailleurs… J’ai eu beau farfouiller à droite et à gauche… Non… Je crois vraiment pas qu’il ait quelqu’un… Mais alors, par contre, ce que j’ai trouvé dans les téléchargements…

mardi 13 janvier 2015

Fessées croisées (9)

21 juillet


– Les jours se suivent…
– Et se ressemblent… Les nuits plutôt…
– Si je m’étais attendue à ça !
– Et moi donc !
– Heureusement qu’on nous a reléguées un peu à l’écart, avec nos chers et tendres… Parce que si on avait empêché Geneviève et Jacques de dormir toutes les nuits comme ça ils auraient sûrement pas apprécié…
– On aurait peut-être eu droit à une fessée…
– Tu rigoles… N’empêche… Charles, je crois bien que ça le démange quelque chose bien de m’en flanquer une maintenant…
– Ah, oui ? Qu’est-ce qui te fait dire ça ?
– C’est parce que… Cette nuit… En levrette on l’a fait… Et, à deux ou trois reprises, il m’a lancé une série de petites claques sur les fesses… Oh, pas bien fortes… Juste comme ça… Mais il l’a fait… Et jamais ça lui était arrivé avant… Alors ce que j’en conclus…
– Eh, c’est que ça les travaille tout ça nos petits maris, on dirait… Parce que moi, de mon côté, ça s’est mis à le fasciner, brusquement, mon petit trou de derrière… Il s’en est approché… Il l’a titillé… Sans trop oser encore quand même… Il sait pas trop comment je vais réagir… Mais ça le démange… Et si je le laisse faire…
– Tu vas le laisser faire ?
– Il y a toutes les chances, oui… C’est pas si désagréable que ça à ce qu’il paraît… Et il y a des nanas, une fois qu’elles y ont goûté, elles peuvent plus s’en passer… Alors si ça peut nous remettre sur les rails tous les deux… Ce serait pas du luxe… Et toi, la fessée ?
– Oui, ben alors là il peut toujours courir… Il y a pas de risque…



11 heures 30


Mélanie a passé la tête…
– Ah, t’es là…
J’étais là, oui… Je prenais un bain… Un bon bain bien voluptueux…
– Tu veux quelque chose ?
– Oui… Non… C’est-à-dire… T’en as pour longtemps ?
– Moi, tu sais, les bains, en général, je savoure… Pourquoi ?
– Non… C’est parce que… À moins que… Ça t’ennuierait que je vienne dans la baignoire avec toi ?
– Non… Non… Bien sûr que non… Il y a largement de la place pour deux…
Elle ne se l’est pas fait répéter deux fois… Elle s’est déshabillée… En me tournant le dos… Et en terminant par la culotte… Elle avait les fesses écarlates… Tachées, par endroits, de jaune, de noir ou de violacé…
– Oh, la la ! Eh ben dis donc !
Elle a enjambé le rebord de la baignoire… S’est laissée glisser… A appuyé sa nuque sur le carrelage derrière elle… Fermé les yeux… Ses seins, aux pointes légèrement tendues, ont doucement ballotté au gré des remous…
– Ça sert à rien finalement…
– Qu’est-ce qui sert à rien ?
– Ben ça ! Qu’il me donne des fessées… Il y a rien du tout qui change… Je suis toujours pareille… Je comprends pas… Non… Je comprends pas… Avec Gabriel…
– Qui c’est Gabriel ?
– Le type qui s’est occupé de moi, là… Ça en parle dans le bouquin… Comment elles me faisaient peur ses fessées… Il suffisait qu’il menace de m’en donner une et j’arrêtais aussi sec de faire ma conne… Tandis que là… Ça fait même l’effet inverse des fois on dirait…
– Peut-être qu’il est pas assez sévère Jacques…
– Oh, non… C’est pas ça, non… Pas du tout… Il y a quelque chose en lui quand il te parle… Ou qu’il te regarde… Qui fait bien plus peur qu’avec Gabriel… Et il fait bien plus mal quand il tape… Non, c’est pas ça… Non… Maintenant peut-être que ça va finir par venir à force… Je sais pas…Parce qu’il m’en a jamais donné que quatre pour le moment des fessées…
– Quatre ?
– Oui… Il y en a deux t’as pas su… T’étais pas là… Christine non plus…
– C’était quand ?
– L’après-midi… Avant-hier… Et puis aussi hier…
– Deux dans la même journée… Et deux jours de suite… Je comprends mieux l’état de ton derrière ! Et… ils étaient là Gilles et Charles ? Ils ont vu ?
– Je sais pas… Peut-être… Je crois pas… Mais ils ont entendu… Forcément… Ils étaient sous la tonnelle… Elle est juste en face la chambre… Et comme la fenêtre était ouverte…

jeudi 8 janvier 2015

Une peine et une tristesse infinies…

mercredi 7 janvier 2015

Fessées croisées (8)

14 heures 30


– On y va quand même à Toulon ?
– Ben, bien sûr ! Pourquoi on irait pas ?
– Parce que… Maintenant qu’ils…
– Qu’ils quoi ? Qu’ils se sont remis à nous sauter nos maris ? Mais ça n’a rien à voir enfin ! Je sais pas toi, mais, en ce qui me concerne, j’ai jamais eu l’intention qu’il se passe quoi que ce soit avec ces types…
– Mais moi non plus… Moi non plus… Alors là !
– Eh bien alors ! Il est où le problème ?

Ils nous attendaient… Au café… Sur la place…
– Salut, les filles ! Vous voulez faire quoi aujourd’hui ?
On savait pas… Qu’ils décident, eux… On leur laissait carte blanche…
– Dans ces conditions… Elle est loin votre voiture ?
– Non… Là… Juste en-dessous…
On l’a reprise… Ils nous ont guidés… Droite… Gauche… Tout droit… Encore gauche… Encore droite…
– Là… On est arrivés…
Quelques pas le long du rivage… Un ponton sur lequel ils se sont résolument engagés…
– Montez là-dedans !
Un superbe voilier…
– Hein ? Mais…
Ils nous ont tendu la main…
– Allez, grimpez ! Installez-vous ! Nous, on va à la manœuvre…
Torse nu… En maillot… Tout bronzés… On les a regardés faire… Tirer… Pousser… S’arc-bouter…
– Quand même, hein, on peut pas dire… Quand même… Qu’est-ce qu’ils sont beaux !

– Cette journée ! Non, mais cette journée ! Ah, il y a longtemps que je m’étais pas sentie aussi bien, moi ! Pas toi ?
– Si ! Oh, si !
– Et on remet ça demain… T’as vu ? Ils ont demandé…
– Oui, mais je sais pas…
Elle m’a lancé un regard stupéfait…
– Comment ça « tu sais pas » ?
– Je sais pas, non… On joue avec le feu, là…
– Hein ? Mais qu’est-ce que tu vas chercher ? Ils sont très corrects… Pas un geste déplacé… Pas une parole… Rien… Non ? Ils sont pas corrects ?
– J’ai jamais dit qu’ils l’étaient pas…
– Eh ben alors ! Qu’est-ce tu viens tout compliquer ?



19 heures




– Elle passe pas à table Mélanie ?
– Je lui ai dit, Jacques… Ça fait trois fois que je lui dis…
– Ah, elle le prend comme ça ! Très bien… Elle va voir de quel bois je me chauffe…
Il s’est levé…
– Sois quand même pas trop…
– Elle était prévenue… Elle était pas prévenue ?
Elle l’a suivi… En laissant la porte ouverte derrière elle… Leurs pas dans l’escalier… Et puis… Presque aussitôt… Un bruit de claques sur une peau nue…
Charles a dégluti…
– Il lui en recolle une… Et une sévère…
Le regard de Gilles s’est perdu très loin, par la fenêtre, bien au-delà des arbres…
En haut ça s’est brusquement accéléré… Amplifié… Elle a crié… Et puis tout s’est tu… Le silence… À nouveau leurs pas dans l’escalier… Eux… Et puis elle… Qui a repris sa place entre Geneviève et Charles…
– Je suis désolée… Excusez-moi !



21 heures


– Tu vas déjà te coucher ?
– Ben, oui… Oui… Tu vois… Toi aussi, on dirait…
– On va y attraper, tu crois ?
– Tu en doutes ?
– Pas une seule seconde…